Présidant la cérémonie de la Journée diocésaine des enfants de la rue, le samedi 12 mars au stade Pčre Raphaël, l’archevęque de Kinshasa, le Cardinal Frédéric Etsou Zabi Bamungwabi, a demandé au gouvernement, représenté par le vice-gouverneur Laurent Batumona, de prendre le taureau par les cornes. C’est sa responsabilité devant Dieu et les hommes. Il a déclaré que les enfants de la rue sont un grand problčme. « Nous disons toujours que le Congo est riche. A qui profite cette richesse ? Cette richesse doit profiter aux enfants du Congo et non aux étrangers ». Pour l’archevęque de Kinshasa, les parents qui ont des enfants dans la rue sont des paresseux.

Cette cérémonie a débuté par une messe dite par le cardinal Etsou, assisté par les évęques auxiliaires de Kinshasa, le Nonce apostolique Giovani Daniclo et quelques prętres. L’archevęque de Kinshasa a déclaré que la messe était organisée pour invoquer l’aide de l’Esprit saint ŕ l’archidiocčse pour s’occuper de nos enfants.

« La rue n’a pas d’enfants, la rue n’engendre pas d’enfants, a dit le cardinal ». Ce sont les parents qui reçoivent directement de Dieu les enfants et ont la responsabilité de les éduquer… Que les difficultés du moment, a-t-il conseillé, ne nous empęchent pas d’envisager l’avenir de ces enfants.

A propos de ces enfants de la rue, signalons qu’ils étaient présents au stade, particuličrement ceux qui sont encadrés par des groupes des laďcs et par des congrégations religieuses. Ceux qui vivent aux alentours du stade Pčre Raphaël étaient lŕ également et suivaient ŕ distance et en jouant cette cérémonie.

Dans son homélie, basée sur le 7čme chapitre, du verset 40 ŕ 53 de l’Evangile selon saint Jeans, Mgr Dominique Bula Matari a formulé le vśu de voir ce problčme n’ętre pas seulement celui des groupes et des congrégations, mais aussi des paroisses et des communautés ecclésiales et vivantes de base (Cvb). Il a invité les fidčles de l’archidiocčse ŕ donner des conditions de vie normale dans les paroisses et les Cevb aux enfants de la rue appelés sorciers.

Mgr Dominique Bula Matari a souligné que le travail consistant ŕ mettre fin au mal est trčs dur. « Que Dieu nous donne la grâce de les aider, a-t-il dit, męme si en retour ces enfants nous rendent le mal pour le bien ». Il a mis les chrétiens en garde contre certaines pratiques donc des campagnes électorales ; il s’oppose ŕ toute aide aux enfants de la rue pour des raisons électorales.

Aprčs la célébration eucharistique, le public a suivi une saynčte présentée par des enfants de la rue, des filles essentiellement le groupe “Touma Haut” est monté aussi sur le podium pour conscientiser l’assistance par quelques chants.

Au chapitre des témoignages, un shégué, Fiston Mukanya, a raconté comment il s’est fait agriculteur en vue de devenir autonome et aujourd’hui, il est éducateur. Il a été suivi de Yolande Mondonga, qui a expliqué comment elle a quitté le toit de sa grand-mčre aprčs le divorce de ses parents pour la rue.

Une maman qui n’avait que trois garçons, a dit comment elle a récupéré 3 filles dites enfants de la rue. Elle les élčve depuis cinq ans. Elle a invité chaque famille ŕ prendre en charge un enfant de la rue pour diminuer leur effectif dans l’archidiocčse.

Un prętre a ensuite donné les recommandations pastorales d’un atelier organisé par l’archidiocčse face ŕ la prise en charge des enfants de la rue, avec volets relatifs ŕ la prévention et ŕ la prise en chargé. Au plan préventif, il a été entre autres recommandé ŕ la Haute Autorité des Médias d’interdire des émissions qui font l’apologie de la sorcellerie, aux chrétiens de sensibiliser et rappeler aux autorités leurs responsabilités vis-ŕ-vis des enfants. S’agissant de la prise en charge, l’atelier a recommandé aux Chrétiens de trouver des hommes et des femmes capables de faire l’apostolat pour les enfants de la rue, la mise en place des structures d’accueil, de voir les CEVB devenir des lieux privilégiés de recherche de solution pour eux.

Avant la fin, le Nonce apostolique, a indiqué que la manifestation a permis ŕ tout le monde de mieux saisir le problčme des enfants de la rue, qui ne sont que la photographie de leur société.