L’Ouganda vient d’exprimer son intention d’importer ŕ la fin du mois quatre rhinocéros blancs venant du pays voisin le Kenya
« Attention, il ne reste plus que 10 rhinocéros blancs dans le Parc de la Garamba si on ne fait rien, nous allons perdre le peu qui nous reste »
Cette alerte rouge vient de l’Administrateur Délégué Général (ADG) de l’Institut Congolais pour la conservation de la nature (ICCN). Mme Eulalie Bashige propose le transfert de cinq de ces rhinocéros blancs au braconnage qui continue ŕ sévir dans ce parc. Presque deux ans aprčs la fin officielle de la guerre, les braconniers n’ont toujours pas en face d’eux une riposte ŕ męme de les dissuader dans leur sale besogne, qui décime la riche faune congolaise. Męme les espčces rares, uniques au monde comme le rhinocéros blanc, ne sont pas épargnées.
200.000 $ pour le transfert de 5 rhinocéros congolais
Au stade actuel, il est difficile ŕ l’ICCN do garantir la sécurité du parc de la Garamba, qui a une superficie de prčs de 800.000 hectares. Le nombre insignifiant de gardes et la modicité de leur arsenal ne mottent pas ŕ l’abri la faune. Pour éviter ces intrusions et la disparition de tous ces animaux qui restent, nous avons proposé que 5 rhinocéros seulement puissent ętre mis en sécurité. Et quand les conditions vont ętre ŕ nouveau réunies au pays, ils seront rapatries, a déclaré mardi ŕ la radio nationale.
Mme l’ADG de l’ICCC. Elle précise qu’un protocole d’accord pourra ętre signé pour que le gouvernement congolais s’assure de la souveraineté de ces animaux, parce’ que c’est sa propriété. Il est aussi prévu qu’un Congolais soit placé au Kenya pour suivre de prčs ces « compatriotes ». Par autours, un comité national de suivi devrait ętre mis en place en RDC, dans lequel on retrouverait des représentants de la population de la région, des ministčres concernés et de l’ICCN afin de s’assurer mutuellement que ces animaux ne partiront pas pour toujours au Kenya.
L’UNESCO a écrit officiellement au Gouvernement pour affirmer qu’il se 1propose lui-męme de chapeauter l’opération et de suivre la suivie de ces rhino au Kenya et de les rapatrier quand le gouvernement le demandera. Pour l’ADG de l’ICCN, toutes les conditions sont réunies pour la réussite de cette opération. La communauté internationale qui fait vivre les parcs nationaux de la RDC est aussi favorable. Du côté du parlement, la commission spéciale chargée de l’environnement de la chambre basse a décidé de diligenter une mission d’enquęte mixte (Assemblée Nationale-Gouvernement-ICCN) sur le terrain pour tirer au clair ce dossier; notamment sur l’effectif de ces animaux encore en vie et la meilleure façon d’assurer la survie de leur espčce
Kampala veut importer 4 rhinocéros blancs du Kenya
C’est dans ce contexte que l’Ouganda a fait savoir son intention d’importer ŕ la fin du mois quatre rhinocéros blancs de son voisin, le kenya. On se trouve lŕ devant une équation assez surprenante. Il y a quelques semaines, les responsables congolais de l’Environnement clamaient haut et fort leur incapacité d’assurer la survie des rhinocéros blancs en RDC. Ils ont proposé le transfert du patrimoine congolais dans ce domaine au Kenya.
La démarche a connu up temps d’arręt ŕ la suite de la levée de boucliers qu’elle a suscitée aussi bien dans le milieu des spécialistes de l’environnement, des parlementaires que des originaires de la province Orientale oů se trouve le parc de la Garamba. Mais, voilŕ que quelques semaines aprčs, un voisin, l’Ouganda, pour ne pas le citer qui a eu ŕ occuper et ŕ contrôler le territoire proche oriental de la RDC, annonce sa volonté de relancer la présence des rhinocéros blancs sur son territoire et d’en assurer la pérennité. Et cela, ŕ la faveur du croisement issu de transplantation en provenance du Kenya.
En effet, l’Ouganda a levé l’option d’importer du Kenya quatre rhinocéros blancs, soit deux males et deux femelles, en vue de réintroduire cette espčce animale dans son pays. L’objectif est de restituer une population de base de 15 ŕ 20 animaux au Ziwa Rhino Sanctuary, une réserve naturelle fermée par une barričre électrique de deux mčtres de hauteur a déclaré Mme Yvonne verkaik, Directrice du fonds ougandais de défense des rhinocéros.
Les rhinocéros blancs élevés sur place seront ensuite placés dans des réserves ouvertes dans le cadre d’un projet finance ŕ hauteur de 800.000 dollars par l’Union européenne, les nations Unies et le Gouvernement néerlandais. Selon les autorités ougandaises, plus de 100 rhinocéros blancs vivaient ŕ l’état sauvage en Ouganda. Mais le braconnage a décimé cette espčce.
Les derniers rhinocéros blancs ont été vus en 1983. Ce qui laisse perplexe nombre d’observateurs qui se demandent oů est ce que l’Ouganda a trouvé de quoi relancer la conservation de cette espčce rare. Quand on pense ŕ la disparition des rhinocéros blancs en RDC, mise sur le compte du seul braconnage, dans une région occupée par l’Ouganda entre 1996 et2003, l’oů est vite tenté d’alléguer que la volonté de Kampala de relancer la conservation de cette espčce partirait des petits “acquits” en terre congolaise.
Le Gouvernement congolais promet de reprendre ses responsabilités en 2005
Du côté congolais, c’est depuis 1990 que l’ICCN n’a reçu aucun Franc pour le travail qui lui revient. Męme le salaire des gardes est paye par la communauté internationale; męme chose pour les frais de fonctionnement. Selon l’ICCN, cette męme communauté internationale dit qu’elle veut bien continuer ŕ travailler avec nous ŕ la Garamba. Mais, pour que leurs efforts consentis pendant autant d’années ne soit pas nuls, elle nous propose, et au gouvernement aussi avec nous, qu’on sécurise au moins cinq des derniers rhinocéros qui restent, soutient Mme Bashige.
« Au cas oů on n’arriverait pas ŕ assurer la sécurité de ceux qui resteront, on sera au moins sűr que les autres reviendront, et on n’aura pas tout perdu. C’est ça la démarche. On n’est pas en train de brader la souveraineté du pays. Au contraire, on est en train de chercher que la RDC ne perde pas les derniers rhinocéros qui existent encore au pays, souligne -t-elle.
La sous-espčce des rhinocéros blancs du nord n’existe qu’en RDC
Selon elle, il existe beaucoup de rhinocéros blancs du sud au Kenya, au zimbabwe et en Afrique du Sud. Mais, la sous-espčce des rhinocéros blancs du Nord n’existe que chez nous. Quand on les regarde, ces animaux se ressemblent presque. Il faut ętre biologiste pour déterminer qu’ils appartiennent ŕ deux sous espčces différentes.
En conclusion, l’ADG a estimé que l’on s’agite pour rien sur ce dossier: « Notre rôle nous ICCN, C’est d’assurer la pérennité de ces espčces pour notre pays ». Elle a déploré le fait que certains parlementaires se sont permis de nous dire « qu’ils préfčrent que ces rhinocéros soient tués dans le parc; comme ça on se partage sa chair ici chez nous au Congo ». Cela n’honore pas la RDC auprčs de ceux qui consentent leurs moyens pour nous aider ŕ protéger notre faune, en ce moment oů nous avons énormément des difficultés et que le gouvernement n’arrive pas ŕ s’acquitter de ses responsabilités en la matičre, a-t-elle poursuivie.
Le Kenya a 2,5 milliards de dollars par an pour la visite de ses parcs
Ce n’est pas la premičre fois qu’un tel transfert se fait ŕ travers le monde, a poursuivi l’ADG de l’ICCN. Le Kenya lui-męme a transféré ses animaux qu’il vient de récupérer aprčs huit ans. “On a estimé ŕ environ 200.000 dollars la translocation de ces rhinocéros. Alors que chaque année, l’institution internationale, restée l’unique donateur du parc depuis que tous les autres contribuables ne l’aidaient plus, investissait dans ce parc 500.000 $.
Et c’est ce qui a permis qu’on sauvegarde le peu qui subsiste. Ainsi, malgré les affres de la guerre, il est resté quelque chose”, fait -elle savoir. Au parc de Kaozi Bienga, on a tue pendant la guerre plus de 140 gorilles; et c’est une espčce qu’on ne trouve qu’ici en RDC. Aujourd’hui au parc de Virunga, il ne reste qu’environ 300 gorilles de montagne, les seuls qui existent ŕ travers le monde entier. Tout comme les Okapis. “Si nous en avons encore, c’est parce qu’il y a eu deux ONGs internationales américaines qui y ont travaillé pendant la guerre ; l’Unesco a payé le salaire” Dans le lot, l’ADG salue aussi le travail abattu par la GTZ.
Mais, ce soutien est aujourd’hui en péril au parc de la garamba oů « leur personnel affecté au parc a été menace par la population. Ils ont aujourd’hui quitté en catastrophe le parc. Et je me demande qui va assurer l’appui au parc s’ils pariaient parce sue les gardes sont payés 30 $ par mois grâce ŕ ces partenaires internationaux, le peu de véhicules qui circulent pour les patrouilles des gardes, le carburant, c’est eux. Nous n’ajoutons męme pas un franc du coté congolais“ a plaidé l’ADG Eulalie Bashige.
Cette derničre a rappelé les retombées de la rencontre de Paris oů l’UNESCO a voulu faire un lobbying pour la conservation des sites du patrimoine mondial en RDC. Plusieurs partenaires ont promis d’aider la RDC ŕ protéger animaux et ses parcs nationaux. L’Italie a donné 300.000$ pour appuyer cette action : « Nous allons les affecter dans les activités en faveur des communautés locales vivant aux alentours du parc », a-t-elle fait savoir. Du haut de cette tribune de paris, le vice-président Z’Ahidi a déclaré que le gouvernement congolais va s’engager en 2005 ŕ appuyer davantage l’ICCN.
Il a promis entre autres l’amélioration des salaires. L’ADG de l’ICCN a fait remarquer que le Kenya réalise au moins 2,5 milliard de dollars par an, rien que pour la visite des parcs nationaux dans ce pays. Les cinq rhino congolais, si le projet est finalisé, seront mis dans un sanctuaire, oů le gouvernement pourra les voir ŕ volonté.
Toutes les dispositions ont été prises pour qu’ils ne soient pas mis ŕ la disposition de touristes. Mais au cas oů cela devrait arriver, une clause du protocole d’accord soumis au gouvernement prévoit que les recettes générées par la visite de ce sanctuaire soient rapatriées au Congo pour la protection du parc de la Garamba. Pour couper toute suspicion, l’ADG a martelé: « ça fait plus de 20 ans que nous l’ICCN, nous opposions ŕ cette translocation depuis le président Mobutu. Si maintenant l’ICCN la propose au gouvernement, c’est puisque que nous avons estimé qu’il n’y a pas d’autre possibilité pour le pays de sauver perdre les derniers rhino.
« Nous sommes lŕ pour défendre la souveraineté de notre pays et avons mis tout le mécanisme pour que ces animaux restent la propriété du Congo qui peut les réclamer ŕ tout moment quand les conditions le permettront, a-t-elle dit. La communauté internationale va continuer ŕ apporter son appui pour les autres rhinocéros qui resteront au pays. « Nous voudrions nous assurer au cas oů quelque chose arriverait, que nous ne perdions pas tout. Il n’y pas de vente ni de don de rhino au Kenya qui a ses nombreux animaux, dame Eulalie Bashige, Administrateur Délégué Général de l’Institut congolais pour la conservation de la nature.
Last edited: 07/05/2006 01:26:24