Après Mobutu, c'est Tshisekedi et consorts qui replongent le pays dans la misère. Un coup d'une rare force vient d'être asséné à la République démocratique du Congo par la lettre coupe-gorge rédigée par l'opposition réunie.
Le ministre des Affaires étrangères de la Rdc est appelé à désigner rapidement une personnalité nationale en qualité d'ambassadeur plénipotentiaire pour sillonner les capitales occidentales afin de poursuivre le trayait diplomatique initié par le Président de la République.
L'heure est grave. La lettre des opposants congolais va provoquer un retentissement spectaculaire au Parlement européen. Celui-ci risque d'opter pour la rupture de la coopération structurelle entre les pays européens et la Rdc sauf si le dialogue intercongolais aboutit au remplacement des autorités congolaises actuelles ! En dépit de tout ce remue-ménage, le Premier-ministre belge sera à Kinshasa le 29 juin 2001.
Voici ce qui se passe
La tension est montée d'un cran au sein des partis politiques belges et au niveau du gouvernement belge. Le Parlement belge attend recevoir le dossier sur l'aide financière à apporter à la Rdc.
Depuis lundi 18 juin 2001, les Démocrates chrétiens rassemblés au sein de la plate-forme politique belge Cyp ont pris faits et causes en faveur des opposants congolais. Ils ont adressé un mémo au Parlement pour donner clairement leur position. Au début de cette semaine, les Socialistes et les Ecologistes étaient encore hésitants. Depuis mercredi 19 juin dernier, ils ont joint la position du Gyp. Ainsi, ils demandent que toute démarche visant à reprendre la coopération structurelle avec la Rdc soit stoppée ! Par coopération structurelle, il faut entendre l'apport de l'aide financière au peuple congolais. Le Gyp plaide, par contre, pour la coopération humanitaire.
Au sein du parti du Premier ministre belge le Vid (Parti libéral flamand), la scission s'est nettement dessinée. Une partie tient à ouvrir la main en faveur du Congo-Kinshasa. Seul le PL du vice-Premier ministre Louis Michel défend la reprise de la coopération structurelle. Le Cyp a donc adressé une motion au Parlement qui va se prononcer le 27 juin prochain. Monsieur Verhofstadt, le Premier ministre sera donc interdit d'effectuer le déplacement de Kinshasa; le Parlement pourrait même lire une motion de défiance au gouvernement. Dans le pire des cas, le président du Parlement belge pourrait être déposé !
C'est simple à comprendre.
Wilfried Martens se charge de l'affaire
Le Cyp regroupe des partis politiques belges très influents et ils sont tous flamands. La Communauté flamande n'accepte pas que le vice-Premier ministre Louis Michel puisse prendre des initiatives sans autorisation préalable du Premier ministre. Du reste, du point de vue de la majorité populaire, les Flamands sont plus nombreux que les Wallons dont est issu Louis-Michel. La lettre de l'opposition congolaise contre l'aide financière à apporter à la Rdc a provoqué un problème communautaire en Belgique.
Cette opposition, bien au courant des méandres politiques belges, s'est assuré l'appui flamand. Et le coup a porté. Car Monsieur Wilfried Martens s'est chargé personnellement du dossier. Et c'est grave, dans la mesure où l'on sait que cet ancien ministre belge dirige le parti politique Ppe; lequel est très influent au sein du Parlement européen. Le Ppe est le parti le plus populaire d'Europe; il est au sein de la plate-forme des Démocrates chrétiens.
Risque de reprise de l'embargo européen contre la Rdc
Le Ppe va porter l'affaire au Parlement européen. Les enjeux sont graves. Au Parlement européen l'on vote à l'unanimité et non par la voix majoritaire. Il se fait que les Premiers ministres belge, espagnol, italien et autrichien sont de tendance libérale chrétienne. Le Français Jospin, l'Anglais Tony Blair et l'Allemand Schroeder sont socialistes, sauf celui du Pays-Bas qui est libéral. Le coup est donc très sensible, si le Parlement européen enregistre la plainte belge : l'embargo européen contre la Rdc aura été repris par la faute des Congolais.
Mais, à quelque chose, malheur est bon. Grâce à cette sinistre affaire, ceux des politiciens congolais, qui sont déterminés à se servir du Dialogue intercongolais pour perpétrer un coup d'Etat, sont connus désormais.