Depuis une semaine, les douaniers observent une grčve de revendications multiformes qui se durcit avec le refus d’assurer un service minimum, tel que le demande une note de l’Adga du comité de gestion
L’arręt de travail observé depuis le lundi 14 février par les agents de l’Office des douanes et accises a atteint une vitesse supérieure! A en croire les sources syndicales, la grčve qui était jusque lŕ observée dans la capitale, vient de s’étendre dans les provinces, avec l’entrée en danse des agences du Katanga, Mwene-Ditu, etc.
Pendant ce temps, la rencontre qui devait réunir les délégués syndicaux de cet office avec le ministre des Finances, et ŕ laquelle les syndicalistes de la DGI et de la DGRAD prendraient part, se fait toujours attendre. Initialement prévue au lendemain du déclenchement du mouvement, puis reportée ŕ 24 heures plus tard a causé de la tenue du conseil des ministres extraordinaire, cette réunion attendue par les travailleurs de l’Ofida, mais aussi capitale pour le dénouement de la crise, semble de plus en plus incertaine.
Ce qui ne rassure pas les douaniers qui ont, en conséquence, décidé de durcir leur mouvement. Pour autant, si du côté de la tutelle, les choses semblent marquer le pas, ŕ l’Inspection générale du Travail, on joue plutôt ŕ la médiation. Ceci explique la rencontre que l’Inspecteur général du Travail a eue mercredi dernier avec les membres de l’intersyndicale de l’Ofida et le comité de gestion de l’entreprise, aux fins de parvenir au consensus intérieur avant l’étape supérieure qui est celle de la négociation avec le ministčre des Finances.
Il faut signaler ici qu’une divergence des vues opposé le syndicat au comité de gestion, spécialement en ce qui concerne l’instauration d’un service minimum. Dans la note DG/SG/ADG/2005/024 du 15 février 2005, signée par l’Adga de l’office Belito Belie, le comité de gestion instruit les agents de commandement (directeurs, sous-directeurs, inspecteurs, contrôleurs) d’ętre ŕ leurs postes, męme s’il y a cessation de travail.
Le Directeur du personnel, les directeurs provinciaux de Kin-Est et Kin-aéro étaient pour leur part chargés d’organiser, en concertation avec les délégations syndicales, le service minimum dčs le mercredi 16 février 2005. Cela conformément aux dispositions de l’article 9 de la Convention collective, précise le document. La réplique de la délégation syndicale ne s’est pas fait attendre. Le 19 du męme mois, soit quatre jours aprčs, les syndicalistes ont répliqué ŕ l’Adg en indiquant que les dispositions de la convention collective ne l’autorisent pas ŕ prendre une décision unilatérale allant dans ce sens. En clair, pour les syndicalistes, le minimum sera limité ŕ la réception et l’entreposage des marchandises.
A titre de rappel, les revendications de douaniers sont basées sur les points suivants. Premičrement: la révision du barčme salarial du douanier dont le salaire actuel de 665 Fc l’Huissier et 5.500 Fc le Directeur, devrait passer ŕ 350$US l’Huissier et 3500$US le Directeur. Deuxičmement le paiement régulier et ŕ terme échu des salaires et avantages sociaux. Troisičmement : paiement du l3čme mois pour l’année 2003 et de la prime pétroličre de l’ordre de 763.395. 766 Fc relative aux droits et taxes en souffrance pour les proof of transfert, non encore apurés pour 2001-2002. Quatričmement: la levée de tous les obstacles qui entravent le processus de dédouanement.
En attendant que l’autorité prenne ses responsabilités, les portes restent fermées aux différents postes douaniers, comme on peut le vivre ŕ la Direction générale de l’entreprise. La banderole affichée ŕ l’entrée sur laquelle, on peut lire: « Le salaire de misčre (16, 3$/Directeur et 1, 9$/Huissier) appelle la corruption, la fraude et le non respect de l’éthique ». Avant d’ajouter en lingala : « mbongo moke, mosala moke ». Il appartient donc aux décideurs de faire diligence pour mettre fin ŕ la grčve dans un secteur aussi sensible.
Last edited: 07/05/2006 01:25:40