Karel De Gucht prône la création d’un « Gouvernement de large union nationale » au lendemain des élections. C’est, en clair, un Gouvernement englobant les vainqueurs et les vaincus, ceux-ci étant assimilés carrément aux sujets rwandophones dont le ministre belge des Affaires étrangčres se fait l’avocat. Si telle est la position du Gouvernement belge et de l’Union européenne, pourquoi s’époumoner ŕ réclamer des élections urgentes et coűteuses ?
A en croire le ministre belge des Affaires Etrangčres, les relations bilatérales entre son pays et la république Démocratique du Congo ont atteint un stade de maturité. Karel De Gucht a fait cette déclaration, hier, au Palais du peuple, devant les députés nationaux. Fidčle ŕ lui-męme, il a cependant noté que Bruxelles et Kinshasa devraient entretenir leurs rapports entre « amis » et « partenaires », « sans fausse pudeur, faux-fuyany ni complaisance ».
Et c’est dans cet état d’esprit que le chef de la diplomatie belge s’est accordé de suggérer aux acteurs politiques congolais une gestion « consensuelle » aprčs-Transition. En la prise en compte également, dans le partage du pouvoir, des autres composantes et entités qui auraient perdu les prochaines élections. Un quotidien belge a expliqué les propos rendus ŕ cet effet, par Karel De Gucht, ŕ savoir la mise en place d’une large équipe d’union nationale. Nous devons éviter que les perdants ne soient marginalisés », a-t-il expliqué, évoquant le risque que « certains groupes reprennent les armes ».
Crucifixion
Sur les antennes de la radio « Okapi », un haut cadre du « Pprd » a stigmatisé les propos du ministre belge. Il lui a carrément renié la « maturité ». Politique, certainement. La source s’est interrogée si la démarche de l’homme d’Etat signifiait, en fait, que les élections attendues n’avaient aucune visée. De lŕ ŕ le qualifier d’apprenti de diplomate il n’y a eu qu’un petit pas, Karel De Gucht ayant été reconnu de ne gučre se préoccuper de la réserve diplomatique exigée d’une si grande personnalité.
Ce ministre n’a jamais bien évalué les choses. C’est malheureux. Qu’on respecte quand męme notre pays, 45 ans aprčs son indépendance, ŕ encore dame le haut-cadre du parti présidentiel. Et de considérer qu’il était, au moins, envisageable de laisser les mains libres ŕ la majorité victorieuse du prochain scrutin d’oeuvrer selon son programme d’action.
Question pour la minorité d’attendre son tour, en se rangeant automatique dans le camp de l’opposition. Au micro de la radio-onusienne, l’invité de Paul Kaboba a, enfin, mis en garde contre une reprise des hostilités en RD Congo suivant la crainte exprimée par le ministre belge des Affaires Etrangčres C’est un apprenti-diplomate. Qu’il rentre ŕ l’université! », a-t-il recommandé.
Faux cliché
De son côté, le représentant du « Palu » d’Antoine Gizenga a estimé que la Belgique devrait comprendre que notre pays est un Etat souverain. Il a reconnu dans les propos du chef de la diplomatie belge un « manque de respect » envers les Congolais. D’aprčs cet autre intervenant de la radio Okapi, la Belgique nous livre dans les mains des vampires. Explication : le ministre aurait pu, en privé, discuter de ses propositions avec les principaux leaders politiques nationaux, au lieu d’en faire des « déclarations tapageuses ».
Trčs incisif, le lumumbiste a, du reste, renié ŕ ce dernier la responsabilité de ne pas reconnaître de « vrais hommes politiques » au Congo Zaďre. Karel De Gucht s’était permis cet écart de langage, lors de sa premičre visite ŕ Kinshasa, l’année derničre. Pour revenir aux débats, le représentant du « Paki » s’est inscrit en faux contre le souci du ministre belge en faveur d’une quelconque minorité.
C’est un faux cliché, a-t-il soutenu, précisant qu’en RD Congo, toutes les tribus sont minoritaires. De qui s’agirait-il précisément? Et la source de se convaincre que notre pays n’est pas un « état satellite » de la Belgique. Que la Belgique respecte le Congo afin que les autres Etats aussi respectent le pays de Patrice Lumumba, a-t-il conclu.
Interrogation
Le nerf de la guerre dans l’ex-Zaďre demeure l’organisation des élections et l’émergence sur l’échiquier politique national, d’une nouvelle classe aux commandes de la Nation. Diverses sources continuent d’affirmer que des populations dites rwandophones ont déjŕ saisi des représentants de la Communauté internationale d’un certain agenda, jusque-lŕ cache.
Il s’agirait, quels que soient les résultats du scrutin attendu, de leur accorder « d’office », des quotas dans l’appareil politique, administratif et sécuritaire du pays, sous la 111° République. Au nom de leur « participation actuelle ŕ la gestion du pouvoir », semble-t-il. Sinon, ils reprendraient les armes en vue de se constituer. Un territoire « autonome » entre les actuelles provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Le ministre beige des Affaires Etrangčres serait donc venu tâter le pouls des responsables politiques congolais. Simplement?
Last edited: 07/05/2006 01:25:05