C’est en męme temps l’histoire d’un « faux prętre » sans domicile fixe, au verbe acerbe, qui a fini par ramasser le pouvoir aprčs un maquis dans la brousse
Au centre d’une conférence de restitution le samedi 5 février dernier ŕ l’Institut national des arts (Ina), le responsable de la Compagnie Marabout Théâtre, M.Nzey Van Musala, a souligné que cette tournée, tenue du 17 décembre 2004 au 14 janvier 2005, a été rendue possible grâce ŕ l’appui des partenaires, notamment de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie.
Fonds.
Aux dires de Naki Kosi Basak, le secrétaire général chargé de l’administration de la troupe, la bourse consistante qui a reçu la Compagnie Marabout Théâtre pour sa tournée est la résultante de l’originalité męme du projet.
En fait, argumente-t-il, beaucoup de troupes congolaises sollicitent souvent des tournées en Occident. Or, pour le cas de « Marabout Théâtre », la démarche a été autre : la troupe de Nzey a plutôt demandé aux bailleurs des fonds d’appuyer son initiative d’aller exhiber sa pičce « Zérocrate » dans les pays africains.
Réactions
« Conçue au départ pour un public typiquement congolais, commente Nzey Van Musala, auteur et metteur en scčne de « Zérocrate », la pičce a été bien appréciée partout oů elle a été jouée en Afrique. On se demandait męme si nous l’avions adaptée dans l’union. Au Tchad particuličrement, le public avait l’impression que le spectacle était essentiellement calqué sur les réalités tchadiennes ».
« Zérocrate » relate, ŕ vrai dire, l’histoire d’un professeur demi-fou, au non extravagant, et qui, en expérimentant une de ses derničres trouvailles, « l’arc-en-terre », destiné ŕ atténuer les rayons d’un soleil qui calcine littéralement son pays se retrouve propulsé dans l’espace. C’est en męme temps l’histoire d’un « faux –prętre », sans domicile-fixe, au verbe acerbe, qui a fini par ramasser le pouvoir aprčs un maquis dans la brousse.
Questions
On finira par découvrir, dans la suite, que le professeur s’était leurré d’illusions et qu’il n’avait, en fait, rien découvert du tout. Pour sa part, le faux prętre s’est révélé juste comme « une grotesque caricature de président de la république, pas męme acceptable dans une république bananičre ».
D’oů, les questions : « Qui donc est le plus « Zérocrate » entre l’intellectuel fumiste et l’escroc politique ? Qui donc est le plus « Zérocrate » de tous, car le peuple des applaudisseurs retrouve son militantisme moutonnier derričre ces leaders de pacotille ».
Démarches
Partis en voyage au nombre de sept, les membres de la troupe congolaise, acteurs et régisseurs compris, reconnaissent avoir connu des difficultés dans certains pays au niveau de l’obtention de visas, et męme face ŕ l’augmentation fantaisiste des prix des billets d’avion dans certaines compagnies aériennes.
Toutefois, révčle Bijoux, une des artistes de la troupe, la Compagnie Marabout Théâtre a pu obtenir, dans certaines chancelleries, deux visas gratuits et la réduction męme du coűt du document.
Accueil
Mais, en général, rapporte Nzey Van Musala, l’accueil de la Compagnie Marabout Théâtre était chaleureux dans plusieurs pays visités.
Grâce ŕ la solidarité et ŕ l’organisation tissée au sein du réseau « Culturak », auxquels sont associés des artistes de la Rdc, du Congo-Brazza, du Tchad, du Cameroun, du Gabon, de la République Centrafricaine... les artistes et régisseurs congolais n’ont pas été abandonnés ŕ eux-męmes, car leurs homologues africains se pointaient, des l’aéroport, pour leur faciliter le logement, la restauration, l’encadrement...
Cauchemar
« Au Tchad, raconte Nzey Van Musala, les avions sont rares. A notre arrivée, nous étions accueillis, logés, nourris... Dans certaines provinces, ŕ quelques kilomčtres de N’Djamena, nous avons toutefois connu des difficultés face ŕ la chaleur excessive et ŕ la poussičre ».
« Lŕ-bas, commente Nzey, la poussičre vous poursuit męme sous les draps, de sorte qu’en se mouchant on était surpris de voir du sang jaillir des narines. On est tous tombé malade. Mais, ces désagréments ont été compensé par la générosité de nos hôtes, qui se sont révélés de vrais assassins de moutons (rires). Car, ici, chaque jour, on abattait un mouton pour nous. Aussi bien pour le petit déjeuner ŕ 7 heures que pour le goutter de 10 heures. C’était un repas amplement consistant ».
Climat
Dans ces genres de circonstance, la Compagnie Marabout Théâtre a préféré livrer ces spectacles dans la fraîcheur de la soirée. « On nous a męme dit que nous sommes arrivés ŕ une bonne période, car le climat s’avčre pire au mois de mai oů il fait 40° ŕ 50°C ŕ l’ombre en pleine journée », a affirmé Ngaki.
Epoustouflées par les talents des artistes congolais, les opérateurs culturels du Tchad ont invité Nzey Van Musala ŕ aller former les troupes tchadiennes pour les rendre également compétitives.