Les prix ont grimpé ces derniers jours ŕ Kinshasa, surtout dans la partie Est de la ville. Cela comme d’habitude donne matičre ŕ la spéculation. Mais la raison la plus communément invoquée pour expliquer cet état des choses est la hausse du taux d’échange entre le dollar et le franc congolais
Comme c’est le cas sur toute la ville de Kinshasa, la partie Est de la ville enregistre depuis quelques jours une hausse généralisée des prix de biens de premičre nécessité. Cette hausse des prix jamais enregistrée depuis plusieurs mois alimente la chronique dans tous les sens. La raison invoquée pour plus d’une personne c’est sans doute le taux du dollar américain (monnaie de référence) qui se négocie actuellement autour de 470 ŕ 480 Fc contre 1 Usd.
Faux, rétorquent d’autres observateurs qui notent qu’en dépit de la surchauffe du marché dans l’ensemble, les prix de biens ne devaient pas passer du simple au double. Ceci dans la mesure oů depuis plusieurs mois le taux de change s’était stabilisé autour de 442 ou 443 Fc contre 1 Usd.
A titre indicatif, le gobelet en plastique (instrument de mesure communément appelé « Sakombi » du sucre est passé de 100 ŕ 200 Fc et le petit verre communément appelé « Libanga » est passé de 10 ŕ 20 Fc soit une hausse de 100%. Le prix d’un tas de braise « Mupiku » est passé de 50 ŕ 100 Fc tandis que la mesure « ekolo » est passée de 100 ŕ 200fc. Quant ŕ celui du mais jaune, il est passé de 80 ŕ 150 Fc. Dans le męme registre, le « Sakombi » de chenilles « Mbinzo » est passé de 100 ŕ 200 Fc tandis que celui de haricots se négocie ŕ 300 Fc au lieu de 220 initialement. Quant au Poisson de mer, chinchard, considéré comme la viande des démunis, la mesure communément appelée « mupiku » qui avoisine 1kg est passée de 400 ŕ 600 Fc.
Levée d’embargo sur les légumes
Le coté le plus insolite dans cette histoire des prix qui ont pris l’ascenseur c’est la levée de l’embargo sur les légumes. Lequel embargo a été levé par les habitants de l’Est eux-męmes sans attendre une décision officielle.
A la suite de la fičvre typhoďde appelée « Péritonite », plusieurs kinois aidés par la « radio trottoir » avaient pris l’option de boycotter certaines habitudes alimentaires. Toutes les légumes étaient frappés d’embargo sauf le « Pondu » (feuilles de manioc) qui coűte désormais 200 Fc au lieu de 100 Fc. Forces d’aller au delŕ de leur bourse, les habitants se sont essoufflés et sont obligés de renouer aujourd’hui avec des légumes dont ils raffolent.
A commencer par « Matembele » qui a été réhabilité le premier. « Une botte de matembele revient ŕ 50 Fc. Avec 200 Fc on peut s’en offrir 4 », raconte Julie.
De quoi nourrir une famille nombreuse face ŕ la crise socio-économique qui sévit dans cette partie de la capitale.
Godefroid Ngamys