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Le Mlc s’est derničrement retiré ŕ Gbadolite pour préparer une déclaration « de guerre » ŕ l’endroit de ‘l’ex-composante Gouvernement, menaçant celle-ci de quitter les institutions de la Transition. Et cette déclaration a été lue par…Olivier Kamitatu, Président de l’Assemblée nationale et aussi 2čme personnalité de la République aprčs le Chef de l’Etat. Une déclaration contraignante et embarrassante tout ŕ la fois pour Kamitatu eu égard ŕ ses deux qualités !

Deuxičme personnalité de la République aprčs le Chef de l’Etat, Olivier Kamitatu Etsu, ci-devant président de l’Assemblée nationale, la principale institution sur laquelle le peuple congolais est en droit de fonder tous ses espoirs, ŕ donner la preuve le lundi 10 janvier dernier que le perchoir de l’Assemblée nationale n’a aucune préséance sur son parti politique en regard des intéręts supérieure de la nation. Président de l’Assemblée nationale, M. Kamitatu est le pilote attitré de l’institution qui est sensé donner de l’impulsion pour que tout le monde se mette au pas et que tout marche conformément aux prescrits de l’Accord Global et Inclusif et de la Constitution de la Transition.

L’article 98 de la Constitution de la Transition confčre aux Députés, sous la direction de M. Olivier Kamitatu, président de leur institution, le pouvoir de voter les lois, contrôler le Gouvernement, les entreprises publiques, les établissements et services publics; contrôler l’exécution des résolutions du Dialogue intercongolais ; adopter le projet de constitution ŕ soumettre au référendum. Il se fait que tous ces points figurent en bonne posture sur la liste des griefs qu’au nom de son parti, Olivier Kamitatu relčve ŕ l’endroit de la composante ex-Gouvernement Griefs qui risquent de compromettre la marche de la transition tel que cela transpire dans les menaces ŕ peine voilées contenues dans la déclaration du MLC lue par le Secrétaire général du parti. Par ailleurs plusieurs autres griefs sont du ressort de son parti dont le président dirige la commission économique et financičre. Pour ce qui est des ministres męme si on ne veut pas citer le cas de M. Endundo, la commission d’enquęte qui a descendu est de l’Assemblée nationale, et la procédure qualifiée d’expéditive adoptée l’a été sous la direction du président Kamitatu qui avait pourtant le loisir de consulter tous les députés pour une conclusion moins controversée. Encore que quoiqu’il en soit, c’est faire injure aux valeureux et nombreux cadres du MLC que de leur faire croire qu’il y a des ministres irremplaçables dans cette mosaďque de compétences.

Je doute fort que le président de l’Assemblée nationale ait cherché simplement ŕ se donner bonne conscience en acceptant de donner solennellement lecture de cette déclaration. Quelqu’un d’autre l’aurait fait, l’impact ne serait certainement pas le męme. Que ce soit lui Olivier qui signe cette déclaration relevait, ŕ mon avis, d’un savant calcul dont le résultat était attendu ŕ deux niveaux. Par Olivier Kamitatu, le coup ferait trčs mal et la secousse serait nationale eu égard ŕ ses hautes et stratégiques fonctions, ŕ sa compétence démontrée ainsi qu’ŕ l’estime dont il jouit de ce fait de la part de l’opinion multiforme et multicolore. Ça c’est de un et ç’aura été une réussite de la part des stratčges du Mouvement de libération du Congo.

L’autre résultat attendu est interne au parti. Dans un passé encore récent, le cas Olivier a posé problčme. Son ascension gęnait énormément les instances dirigeantes de son parti. Je n’en veux pour preuve les T-shirts frappés ŕ son effigie que les militants de Bandundu ont arborés ŕ l’occasion du 6čme anniversaire du parti. Le scandale généré par le port de ces T-shirts dans l’entendement des responsables du MLC a manqué de justesse d’emporter M. Justin Kangundu, président fédéral du MLC/Bandundu accusé d’avoir offert cette opportunité ŕ son « frčre ». Le nom de son remplaçant circulait déjŕ sur certaines lčvres. A l’époque, nous avons parlé du crime de lčse-majesté.

Aujourd’hui, les circonstances donnent la démonstration qu’en dépit de tout ce qui peut se dire, se remarquer s’imaginer, se concevoir, Olivier Kamitatu, quel que président de Assemblée qu’il soit, est un acteur qui dépend d’un metteur en scčne qui est plus grand et plus puissant. C’est ŕ ce dernier et ŕ lui seul de distribuer les rôles. Il lui en a attribué un ce lundi 10 janvier 2004. Peu importe l’appréciation de l’interprétation. Ce qui dérange et choque, c’est que ce rôle était bien mauvais. Le Chairman a su prendre sa revanche. Pourvu que nous l’ayons tous compris de cette façon lŕ.

Vive controverse autour d’Olivier Kamitatu

La prestation d’Olivier Kamitatu ŕ l’issue du Conclave du Mlc tenu ŕ Gemena alimente les débats dans l’opinion. Si comme parti politique membre du Gouvernement de transition, le Mlc est libre de faire des déclarations politiques, les observateurs relčvent, néanmoins, que le ton utilisé par son Secrétaire général, qui est de surcroît Président du Bureau de l’Assemblée nationale, a d’autant plus surpris. Ces déclarations ont pratiquement contrarié ceux qui l’ont suivi dans les médias surtout que depuis son élévation ŕ la tęte de l’Assemblée nationale, Olivier Kamitatu, dans le microcosme kinois, commençait ŕ se forger une stature d’homme d’Etat réussissant ŕ faire une démarcation nette entre ses fonctions au Parlement et sa position au sein du parti.

La prestation d’ Olivier Kamitatu a soulevé des vagues qui sont loin de s’apaiser tant elle a remis en cause l’image de marque que d’aucuns avalent de sa personnalité. Pour les observateurs, le président du Bureau de l’Assemblée nationale a donné l’impression de battre en brčche le travail fort apprécié réalisé par la Commission Bakandeja, qui a abouti ŕ la suspension des ministres, remplacés aprčs la publication du décret présidentiel du 02 janvier dernier.

Cette suspension des ministres, on le sait, est contestée par les dirigeants du parti cher ŕ Jean-Pierre Bemba qui tiennent au retour en fonction de l’ancien ministre des Travaux publics et Infrastructures, M. José Endundo Bononge. Surtout que son poste reste vacant en attendant que le Mlc fasse aboutir ses revendications coulées sous forme d’un ultimatum adressé au Chef de l’Etat et ŕ son Gouvernement. Ces derniers sont également « sommes » d’ici le 31 janvier de finaliser les dossiers des nominations dans les entreprises et la diplomatie.

Rapport

Et pourtant, le récent remaniement est intervenu aprčs que le président du Bureau de l’Assemblée nationale ait saisi le Chef de l’Etat de la quintessence du rapport accablant sur l’implication des ministres dans les détournements des fonds opérés dans les entreprises publiques.

Par conséquent, que ce soit le męme président du Bureau de l’Assemblée nationale dans sa casquette de Secrétaire général du Mlc qui revienne pour parler au nom de son parti, les analystes notent que cela sonne faux et ne renforce absolument pas sa position ŕ la tęte de l’Assemblée nationale.

Considéré comme une personnalité modérée qui a su se donner en peu de temps une envergure politique nationale qui déborde du cadre du Mlc, les analystes soutiennent qu’Olivier Kamitatu a quelque peu perdu de son audience vis-ŕ-vis de l’opinion. Sa prestation, soulignent-ils, l’a ramené au rang d’un apparatchik du parti plutôt que d’une personnalité d’envergure nationale.

Qualité

Apprécié dans l’opinion ŕ cause de sa qualité d’homme d’Etat salué quasi-unanimement ŕ l’Assemblée nationale pour son esprit de synthčse et sa pondération, Olivier Kamitatu n’avait, sans doute, pas besoin de se délester politiquement. Son image de marque a pris un sérieux coup depuis sa derničre prestation. En acteur politique avisé, il pouvait laisser cette déclaration ŕ quelqu’un qui ne dirige pas une institution d’envergure ou qui n’a pas une aura nationale.

A ce propos, les analystes se souviennent comme si c’était hier de sa prise de position ferme face ŕ la tentative de boycott des institutions de la transition inspirée par les dirigeants du Rcd. Sa vive réaction a beaucoup pesé pour ramener les Députés dits « rwandophones » ŕ quitter leur fief de Goma pour reprendre leurs places au sein du Parlement de transition. Aprčs avoir donné l’exemple, les analystes ne comprennent pas que Olivier Kamitatu et son parti emboîtent le pas au Rcd. Cette attitude, en effet, les dessert dans une opinion devenue trčs exigeante vis-ŕ-vis des opérateurs politiques sur qui ils rejettent la responsabilité des blocages répétés au processus en cours et surtout de la montée de la misčre sociale ponctuée par des guerres ŕ l’Est.

Surenchčre

Une autre lecture, pendant ce temps, est faite sur la responsabilité du Secrétaire général du Mlc. C’est que ce dernier, contre sa ligne philosophique, aurait été contraint de quitter sa réserve pour se jeter ŕ l’eau. En effet, lors de l’éclatement de l’affaire de suspension des ministres, certains membres de son parti n’avaient pas hésité ŕ pointer un doigt accusateur contre Olivier Kamitatu ŕ qui l’on reprochait d’avoir sacrifié un membre important et influent du Directoire du Mlc, alors que les faits lui reprochés n’avaient aucun fondement.

Depuis un nuage sombre s’est élevé dans le ciel des rapports politiques entre les membres du directoire. Et pour l’écarter, il fallait, ajoutent les observateurs, que le président du Bureau de l’Assemblée nationale donne des gages démontrant qu’il n’avait pas traversé pour le camp adverse, mais qu’il restait fidčle au Mlc et ŕ la ligne politique incarnée par son chairman Jean-Pierre Bemba. Il fallait payer le prix pour cela quelqu’en soient les conséquences dans une opinion contrariée

Si ŕ l’issue du conclave et de la prestation controversée d’Olivier Kamitatu, la cohesion au sein du Mlc semble ętre retrouvée, dans l’opinion, cependant, une personnalité sur laquelle la population pouvait combler pour son avenir semble désormais échapper de son orbite. Mais, rien n’est perdu pour rectifier le tir ŕ quelques mois des échéances électorales.



Last edited: 07/05/2006 01:21:40

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