Le nouveau comité de gestion de la Régie des Voies Aériennes piloté par Lungele Maastajabu a plusieurs défis ŕ relever d’urgence. Il y a, pour ne citer que le cas le plus préoccupant, nécessité de réhabiliter la piste de l’aéroport international de Ndjili, dont l’état d’affaissement place la Rdc en situation inconfortable vis-ŕ-vis de l’OACI (organisation de l’aviation civile internationale).

Un fait anodin pourrait faire rire le commun des mortels : les installations aéroportuaires de NDjili sont privées d’eau suite ŕ sa coupure par la Regideso, excédée par le lourd endettement de la Rva. Contacté en vue de la négociation d’une dérogation, l’Etat congolais s’est déclaré non concerné par un engagement entre deux régies jouissant de l’autonomie financičre.

Et pourtant la Rva ne devrait pas afficher une mine de parent pauvre. Et pour cause, des millions de dollars dus ŕ sa comptabilité dorment dans les coffres de plusieurs compagnies aériennes utilisatrices de ses installations de Ndjili comme de l’arričre-pays.

Aussi, dčs son entrée en fonction, le comité Maastajabu a-t-il annoncé les couleurs par la décision de clouer au sol les aéronefs de toutes les sociétés aériennes insolvables au chapitre des taxes d’atterrissage, de stationnement et de survol. Ainsi, les appareils battant pavillon EWA, Flight Express, Adala Airways, Uhuru Airways, African One, Global Airways, Coza Airways, Waltair et Wetrafa ont été interdits de prendre les airs ŕ compter du 10 décembre 2004.

A la date du 16 décembre, seule Waltair a pu libéré des fonds pour le rčglement partiel de sa dette, ce qui lui a permis ŕ ses avions de reprendre le trafic domestique. La Rva attend que les autres compagnies bougent. Mais dans les rangs des insolvables, les langues se délient. Les petites compagnies aériennes se plaignent d’avoir été lourdement sanctionnées pour des dettes qui se situent ŕ une hauteur raisonnable alors que les grosses pointures, qui doivent des millions de dollars ŕ la męme régie voici des lustres, ne sont pas inquiétées.

On cite abondamment deux compagnies aériennes disposant de longs et moyens courriers dont l’une est redevable vis-ŕ-vis de la Rva pour plus de 1.080.450 dollars américains et l’autre pour plus de 4.161.374 dollars américains.

Ces « intouchables » qui bénéficient par ailleurs des avantages fiscaux intolérables allčguent leur participation ŕ des opérations liées aux besoins de l’armée pour ne pas libérer l’argent dű ŕ la Rva. Or, il est démontré que c’est ce genre d’opérations que le trésor public paie sous le régime de l’urgence.

En clair, ces compagnies aériennes derričre lesquelles se cachent des intéręts inavoués dribblent aussi bien l’Etat congolais qui leur attribue réguličrement des marches juteux et la Rva, qui se retrouvent comme le dindon de la farce. L’histoire nous apprend qu’un fret militaire amené en son temps ŕ Bukavu avait coűté 15 millions de dollars au trésor public.

L’affaire avait fait grand bruit au Parlement car des estimations faites par des spécialistes du domaine militaire ont révélé qu’avec ce montant, les Fardc auraient pu s’acheter trois aéronefs en propre.

Au moment om la Rva présente une trésorerie désarticulée ŕ cause ŕ la fois des créances en millions de dollars détenus par des tiers par devers, eux mais aussi de l’affectation parfois mal articulée de ses ressources financičres, certaines grandes compagnies privées se la coulent douce.

Pourtant, pour remettre ŕ neuf la piste et les installations aéroportuaires de Ndjili, une enveloppe de 5 millions de dollars serait amplement suffisante. D’oů, le nouveau comité de gestion a le regard tourné vers les « protecteurs » de ses plus gros débiteurs en vue de la rupture de la chaîne de l’impunité et du clientélisme.