En implantant le théâtre en pleine cité de N’Djili, un public répond affirmativement. Le Centre d’initiation artistique pour la jeunesse (Ciaj), sičge déjŕ Compagnie théâtre des Intrigants (Cti) est devenu incontournable. Aujourd’hui il est une référence pour le théâtre ŕ Kinshasa.

Localement, le théâtre dit classique possčde une autre dimension grâce ŕ ce lieu. C’est dire que quand les troupes théâtrales créent un spectacle, elles savent qu’il y a un espace de diffusion ŕ N’Djli avec un public fidčle et présent tous les jeudis. Pour preuve, cette année, le Ciaj a accueilli 6.146 spectateurs dont 2.467 pour le théâtre en soirée, 633 pour les projections cinématographiques et 3.046 pour les festivals annuels.

Cette annonce a été faite jeudi 16 décembre 2004 au Ciaj par Edgar Kulumbi, directeur artistique de la Compagnie théâtre des Intrigants ŕ l’occasion de la clôture de la saison théâtrale 2004. Le délégué de la communauté française de Belgique et de la région Wallonne, Fredy Jacquet, et le directeur artistique du théâtre de Poche de Bruxelles, Roland Mahauden, soucieux, de promouvoir et de revaloriser la culture congolaise, ont marqué leur présence ŕ cette cérémonie qui a accueilli plusieurs autres personnalités oeuvrant dans le domaine culturel. Il s’agissait de professeurs et étudiants ŕ l’Institut national des arts (Ina), hommes de culture et opérateurs culturels, comédiens et spectateurs, etc.

Un spectacle inédit

La pičce « Pique-nique sens unique », une création collective, dans une mise en scčne du Suisse Otto Huber a clôturé la saison théâtrale 2004 des Intrigants. Sur scčne, les comédiens se sont régalés dans leur inventivité ovationnée par le public. A l’issue de cette cérémonie, les réactions sont diverses. D’abord, le public et les vedettes du Ciaj se séparent par des accolades.

Un groupe de spectateurs perdu dans l’assistance déclare : la Cti pratique un théâtre engagé, ancré dans la réalité quotidienne. D’autres, larmes aux jeux avancent comme explication : les Intrigants sont les voyous du théâtre. Tous les jeudis au Ciaj, ils nous divertissent, nous égayent et nous instruisent. Nous oublions tous les maux, toutes les souffrances. En mettant l’accent sur l’humour et la dérision, leurs spectacles remplissent un double rôle : divertir et faire réfléchir.

Toutefois, l’on devra dire que la grande partie du travail de la Cti s’adresse ŕ la jeunesse. Il s’agit de donner la parole ŕ l’enfant en se servant du théâtre comme moyen d’expression. D’oů son festival annuel « Journées congolaises de théâtre pour et par l’enfance et la jeunesse (Joucotej ) ».

Au cours de cette année, la Cti a enregistré de nouvelles créations, ŕ savoir Drames Brefs, Le Procčs de la transition et Mwana ekolo pona nzela nayo. Elle a été également marquée par la reprise du spectacle « Pique-nique sens unique ». A l’instar de ces activités, la Cti a assuré l’animation au Ciaj oů 39 spectacles ont été produits. Par ailleurs, le Ciaj a servi de cadre de répétions ŕ deux orchestres et de créations ŕ six Compagnies dont la Cti, Sycomore Théâtre, Palmier Théâtre...

Selon le directeur artistique de la Cti, Edgar Kulumbi, d’autres activités n’ont pu avoir lieu par manque de moyens. Les difficultés pour réaliser les ambitions, a-t-il relevé, ont été principalement d’ordre financier et matériel.

C’est ŕ ce stade qu’il remercie l’Aif, le Centre Wallonie-Bruxelles, la Halle de la Gombe, l’Assotic, l’ambassade de Suisse, le théâtre de Poche de Bruxelles, le Fpc, l’Ata, l’Africalia... pour leur soutien tant financier, moral que matériel. La saison théâtrale 2004 a été ouverte le 12 février 2004. Sa clôture, fait-on remarquer, a coďncidé ŕ celle de la campagne de sensibilisation sur la problématique des enfants associés au conflit qu’a lancée le Théâtre de Poche de Bruxelles de Roland Mahauden.