Il est temps de tirer les leçons de toutes ces condamnations au goűt inachevé et réagir en conséquence. Les agressions continues contre la Rdc relčvent d’un complot international
Pourquoi le Conseil de sécurité se montre-t-il souvent dubitatif pour lever une option sur une quelconque situation en République démocratique du Congo ? De nombreux observateurs se posent cette question depuis que la République démocratique du Congo a été agressée par deux fois par ses voisins. Pour ne prendre que le cas de la guerre d’agression de 1998, il a fallu plus de 8 mois pour que les membres du Conseil de sécurité consentent ŕ admettre que la Rdc a été agressée par le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi. De plus, il a fallu attendre encore une année pour que le męme Conseil de sécurité requalifie le mandat de la Monuc.
Voilŕ, une fois de plus, le Conseil de sécurité de se montre prudent pour se prononcer effectivement sur la présence des troupes rwandaises en Rdc. Les condamnations se limitent au niveau des indices. Rien de plus concret pour affirmer la présence des troupes étrangčres en République démocratique du Congo
Dos ŕ dos et un non lieu
Tout se passe comme si chaque fois que la République démocratique du Congo se plaignait contre ses agresseurs, on la renvoie toujours dos ŕ dos, avec ses adversaires. Pour prendre le cas de la derničre agression, les juristes parleraient d’un « non lieu » si l’on analyse calmement la déclaration du président du Conseil de sécurité, l’algérien Addali Lalli, et celle de l’Union africaine. Ils n’ont nullement admis la présence rwandaise en Rdc. Certains disent męme que la Rdc a été « déboutée », pour autant que dans les lignes qui suivent la demande du retrait des troupes rwandaises qui « pourraient » ętre en Rdc, le gouvernement Congolais doit tout faire pour neutraliser les Interahamwe, car leur présence est inacceptable en Rdc.
Si nous pouvons nous permettre certaines interprétations, on rend le Congo responsable de cette tension, de cette instabilité pour autant que l’on ne constaterait pas une certaine volonté de se débarrasser des Interahamawe. Comme si les Congolais auraient pris du plaisir ŕ cohabiter avec les Interahamwe.
Les grands enjeux
Il est temps de tirer les leçons utiles de toutes ces condamnations au goűt inachevé et réagir en conséquence. Les agressions continues contre la Rdc relčvent d’un complot international visant sa balkanisation pour le contrôle de ses richesses. Le panel des experts de l’Onu a démontré qu’il s’agissait plus des enjeux économiques que politiques. S’il faut que cela cesse, les Congolais ne doivent pas continuer ŕ vanter leurs richesses qu’ils laissent piller par des autres, mais savoir sur quel pied danser pour mettre fin ŕ l’aventure. Ce qui revient tout simplement ŕ savoir analyser et prendre conscience de grands enjeux fin de choisir ces allies pour ne pas se faire écraser. Cela fait partie des rčgles internationales du jeu entre Etats.
Les choses se passaient de cette maničre pendant la guerre froide. Le Congo a appartenu ŕ un camp et il a été soutenu, męme aprčs son indépendance. Certes, les grandes puissances se sont partagées ce monde pour se développer. Mais la fin de la guerre froide présente d’autres réalités qu’il faut savoir analyser froidement et ne pas se montrer naďf. Aujourd’hui, les groupes identitaires émergent pour imposer des gouvernements ŕ travers le monde. Ils contribuent ŕ la création des « Etats nains » en s’appuyant sur la notion de la « protection des minorités ». Le discours passe parfaitement et atteint l’Afrique.
Que l’on se souvienne de ce qui s’est passé dans la Corne de l’Afrique avec la Somalie, l’Ethiopie et l’Erythrée. L’Afrique centrale est atteint avec la Rdc et le Soudan ŕ travers le Darfour. En Europe, c’était l’ex-Yougoslavie et l’empire russe. Des faits qui parlent d’eux-męmes.
Les grandes puissances sont toujours lŕ. Elles sont en train de réglementer la situation en Afghanistan et en Irak. Des camps sont en train de se former avec en tęte les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. La France ne veut pas se baisser faire ou traîner par le bout du nez. Le bras de fer est visible au sein du Conseil de sécurité. Mais c’est ŕ l’extérieur du Palais de de New York que les « grands s’affrontent ».
Pour le cas de la région des Grands Lacs, l’on parle des camps des Américains avec les Britanniques, et la France. Les premiers seraient les alliés de Kigahi et de Kampala, tandis que la France serait l’alliée de Kinshasa. Cette rivalité pčse toujours sur toute décision qui doit ętre prise dans la région des Grands Lacs, en général, et en particulier en ce qui concerne la Rdc. Ce qui fait que dans le domaine de la « défense et de la sécurité », les Français n’ont pas la męme vision des choses que les Américains et les Britanniques. Les premiers pensent que l’instauration de la démocratie ŕ l’africaine pourrait favoriser le systčme de défense et de sécurité. Les seconds sont d’avis qu’il faut aider ŕ instaurer ce systčme de défense sans rien perdre de vue. Il faut tout contrôler ils sont ont peur de « leur propre sécurité ».
Diplomatie pragmatique
Il faut savoir lire tous ces signes des temps et réagir en conséquence. Cela exige de la « bonne intelligence », des personnalité compétentes, éprouvées ayant des réflexes vifs pour anticiper les événements. Surtout prendre la mesure de ceux-ci pour éviter d’ętre ballottés, si pas écrasés.
Dans le cadre des relations internationales, c’est ŕ travers une diplomatie pragmatique que des phénomčnes ŕ l’image des « Interahamwe » peuvent ętre rapidement gérés pour qu’ils ne collent pas ŕ la peau des Congolais. Ne pas en prendre conscience relčve d’une insuffisance politique. Entre-temps, l’on continuera ŕ assener des coups de boutoir ŕ la République démocratique du Congo. Un réajustement de notre vision de grandes questions nationales, régionales et internationales s’impose.
Last edited: 07/05/2006 01:18:48