Les événements ŕ l’Est du pays particuličrement au Nord et au Sud -Kivu ont pris une nouvelle tournure avec l’entrée en scčne de nouveaux protagonistes
Des informations non confirmées par des sources indépendantes font état de l’implication de M. Léon Kengo wa Dondo et du général Kpama Baramoto dans une nouvelle rébellion. Cette derničre aurait le soutien de milieux financiers internationaux. A en croire nos sources, ces milieux financiers tenteraient de relancer l’ancien premier ministre de Mobutu considéré comme « rigoureux » et un « homme de poigne » pouvant stabiliser la situation ŕ l’Est et donner des gages de bon voisinage au Rwanda.
Dans cette entreprise funeste, Kengo wa Dondo bénéficierait d’une oreille attentive de la part du Rwanda, qui est ainsi pręt ŕ soutenir un nouvel homme ŕ qui il offrirait une « base arričre ». Pour ce faire, les hommes du général Laurent Nkunda et du colonel Jules Mutebusi, des dissidents de l’ex-rébellion pro-rwandaise du RCD/Goma, pourraient constituer le fer de lance de cette nouvelle rébellion.
On indique dans les milieux informés que le général Kpama Baramoto, ancien chef de la garde civile, aurait été convaincu de la nécessité de prendre les armes ŕ la suite de l’échec de la tentative d’un certain nombre d’officiers ex-Faz de se mettre ŕ la disposition des nouvelles autorités du pays. On rappelle ŕ ce sujet que M. joseph Olenghankoy avait mené une mission de médiation en Europe, aux USA et dans certains pays africains aux fins de ramener ces officiers ex-FAZ au pays.
La mission lui avait été confiée par le chef de l’Etat. Alors qu’une quarantaine d’officiers avaient accepté de regagner le pays, ils avaient été conduits par les services de la présidence de la république. Abandonnés au Grand Hôtel Kinshasa, ils n’avaient pu rencontrer le président de la République. Certains ont, depuis, regagné leur terre d’exil tandis que d’autres continuent de poireauter ŕ Kinshasa sans ressources, totalement désemparés.
Que le général Baramoto rallie la nouvelle rébellion en préparation, cela ne peut donner matičre ŕ réflexion aux dirigeants du pays alors qu’il avait manifesté, lui aussi, l’intention de regagner le pays. Il avait postposé son retour afin de régler des problčmes administratifs avec son pays d’accueil, la Belgique. S’il est confirmé qu’il est impliqué, aux côtés de Léon Kengo wa Dondo, dans la nouvelle rébellion qui se mettrait en place, ce serait bien dommage.
Du remue-ménage ŕ l’Est
S’il est difficile au jour d’aujourd’hui de donner avec précision la situation militaire au Nord et Sud-Kivu, une chose est vraie, la population commence déjŕ ŕ payer un lourd tribut des bruits de bottes ou tout simplement des menaces d’agression de la part du Rwanda. Pour autant, les gesticulations rwandaises sont considérées comme une fuite en avant. On indique en effet que outre l’opération conjointe menée par les éléments de la 8čme région militaire des FARDC conduits par le général Félix Mbuza Mabe et ceux de la MONUC ŕ Walungu au Sud-Kivu pour déloger les rebelles rwandais des FDLR, une autre opération est en cours au Nord-Kivu.
On indique ŕ ce sujet que le ministre de la Coopération régionale, M. Mbusa Nyamwisi, se trouve dans la région du Grand nord oů il négocie la reddition des combattants qui écument la région.
Les informations recueillies hier soir par notre rédaction fort état des négociations menées dans ce cadre la mission conduite par Mbusa Nyamwisi et qui comprend également l’autorité provinciale du Nord-Kivu avec es rebelles ougandais de la NALU. Les négociations ont eu lieu dans le cadre de l’opération DDRRR pour les rebelles de l’axe Beni-Lubero.
Mbusa Nyamwisi a également entrepris des négociations avec les rebelles rwandais des FDLR, présents dans l’axe Masisi, Walikale, Rutshuru. Selon nos sources, les négociations n’avaient toujours pas abouti jusqu’hier soir dans la mesure oů les rebelles posaient des conditions jugées inacceptables par la partie congolaise.
Les męmes sources renseignent qu’un ultimatum expirant aujourd’hui en début d’aprčs-midi a été donné aux rebelles rwandais afin de déposer les armes, sinon les FARDC le feraient de force. Deux bataillons des FARDC se tiennent pręts dans la région pour exécuter l’opération.
Situation humanitaire préoccupante
La situation humanitaire est par ailleurs trčs préoccupante dans la région. Des sources contactées sur place font savoir que de nombreux villages ont été vidés de leurs habitants, qui auraient gagné la foręt. C’est notamment le cas de la localité de Miriki proche de Walikale oů la population entičre y compris la notabilité locale a abandonné le village, 3500 ménages ont ainsi gagné la foręt par peur des combats entre FDLR et troupes présumées rwandaises.
Ces informations sont naturellement parvenues au Sud-Kivu oů l’on craint également des affrontements avec leur cortčge de malheurs. C’est ainsi que la population de Bukavu a manifesté hier son ras-le-bol au cours d’une gigantesque marche. 15.000 personnes au moins, selon les organisateurs, ont participé ŕ cette marche de protestation contre les velléités rwandaises d’embraser ŕ nouveau l’est de la RDC.
Si Bukavu, des Congolais ont manifesté contre les Rwandais, ŕ Goma, ce sont des compatriotes d’expression rwandaise qui ont manifesté hier contre le déploiement annoncé de 10 000 soldats des FARDC dans la région. Partie de l’hôtel Ibusi, la marche a eu comme point de chute l’hôtel des Grands lacs.
On rapporte par ailleurs que dimanche dernier, des soldats identifiés par les habitants de Goma comme étant des rwandais auraient tenté de prendre l’aéroport de Goma. L’opération aurait échoué grâce ŕ une intervention de la MONUC informée de la situation par des membres de ka société civile.
L’Est du pays semble donc ŕ nouveau s’orienter vers une nouvelle guerre. Męme si le Rwanda continue ŕ le nier des évidences démontrent que ses troupes sont déjŕ bel et bien sur le territoire congolais.
Il est tout de męme curieux de constater que le gouvernement n’a toujours pas tenu une réunion extraordinaire pour débattre de la question. Dans d’autre pays, une cellule de crise aurait été constituée afin de suivre la situation de prčs.
Męme s’il est vrai que l’armée semble avoir été mobilisée pour faire face ŕ ce nouveau défi lancé par le Rwanda, force est de constater que le gouvernement ne donne pas l’impression d’ętre mobilisé dans les efforts entrepris. Il est vrai que des ministres compétents gčrent la situation comme ils le feraient en temps normal, mais la gravité de la situation aurait commandé une sorte de mobilisation exceptionnelle.
Last edited: 07/05/2006 01:18:36