Le rapport sexuel se négocie entre 700 ŕ 800 Fc. Par manque de préservatifs, des policiers utilisent des sachets en plastique
Elles viennent de tous les coins de la ville. Dans la journée, on ne les voit pas. Il faut attendre aux environs de 22 heures pour les voir ŕ l’śuvre sous la barbe des parents et des agents de l’ordre qui, malheureusement, se confondent eux aussi ŕ cette gymnastique. Une épreuve ŕ haute facture pour 1000, 700Fc, les professionnelles de sexes et les camionneurs se livrent sans une seconde de réflexion ŕ ce risque.
Le réseau des journalistes et communicateurs pour la population (Rcp) qui a palpé du doigt cette réalité invite les décideurs ŕ répondre de maničre urgente ŕ cette préoccupation. Le plus grand rendez-vous se fixe ŕ la terrasse « Bercy », située sur la nationale 1 dans le district de la Lukaya ŕ Inkisi non loin de la station de Mbadika dans la province du Bas-Congo, oů les jeunes filles habillées ŕ moitié nues exposant le ventre, dont l’âge ne varie qu’entre dix ŕ seize ans et les camionneurs ( les transporteurs des poids lourds) répondent favorablement au rendez-vous.
De tous les côtés, on les voit en mouvement. Ils proviennent tant de la capitale que de la ville de Matadi. A chaque parking, les camionneurs trouvent toujours un moyen de se défouler en se tapant une fille ŕ chaque arręt. A cet endroit, aucun chauffeur ne déroge ŕ la rčgle. Les camions garés tout au long de la route nationale bourrée de marchandises sur lesquelles certains passagers dorment, engorgent la circulation surtout ŕ des heures avancées de la nuit. Les piétons et les quelques véhicules qui passent ŕ côté de ces camions garés se bousculent la voie avec les mamans qui vendent ŕ la criée se disputant les clients avec les mineurs qui crient ŕ la sauvette.
Le scandale est ŕ la portée de tous. Un avenir hypothétique pour ces enfants. Les bousculades, les klaxons de ces poids lourds et de ces buvettes qui débitent les décibels d’une musique tonitruante propre ŕ perforer les tympans. Un quartier aux allures similaires ŕ Matonge, un des quartiers les plus mouvementé de Kinshasa, oů la débauche est sur la rue.
Le rapport sexuel se négocie entre 700 ŕ 800 Fc
Bercy ŕ Inkisi s’érige aussi en vrai propagandiste des infections sexuellement transmissibles et du vih/sida. Tout le monde se comporte comme s’il se trouvait dans la jungle. Un monde sans loi.
Le camionneur, aprčs s’ętre tapé une fille, prend la direction de l’hôtel pour passer la nuit. A la différence de Kinshasa oů le tarif est un peu plus élevé, les professionnelles du sexe de ce milieu offrent un tarif révoltant.
C’est vrai, j’ai déjŕ entendu parler du sida et j’utilise le préservatif pour me protéger contre la maladie parce que j’entends beaucoup de gens en parler. Et trčs souvent, c’est le chauffeur qui propose le prix qui peut aller de 700 ŕ 800 fr. Par jour, je peux avoir deux ŕ trois clients. Je ne manque pas de clients, avait déclaré l’une de ces professionnelles du sexe de moins de vingt ans.
Par manque de préservatifs des policiers utilisent des sachets en plastique
Selon l’assistant médical et chef du Bureau de santé de la police M. Israël Tshimba, les policiers vis-ŕ-vis du vih/sida ont un comportement ŕ risque. Ils sont au courant de ce fléau mais l’inconvénient est que lorsqu’ils se retrouvent devant ce genre de circonstance, ils se passent de tout, et se laissent emportés. « Certains policiers recourent ŕ des sachets de dimension 08 pour se satisfaire sexuellement croyant se protéger. En tant que représentant de la santé au sein de la police, je souhaite que les autorités pensent ŕ nous envoyer les préservatifs car, les besoins sont pressants ici, et par lŕ, nous pourrions réduire le taux de risque »,a-t-il indique.
Cet avis n’est pas partage par tous. Certains pensent que le gouvernement devra se saisir de cette affaire, et interdire carrément la prostitution car, pour eux le préservatif n’est pas un moyen efficace contre cette pandémie. Le vrai problčme, estiment-t-ils, est d’interdire la fréquentation des hôtels et buvettes par les mineurs. Cette préoccupation est monnaie courante dans cette partie du pays.
Ce sont plus des mineures et des jeunes garçons et filles qu’on rencontre dans ces endroits mal famés. « A un certain moment, ces filles ne réclament plus le préservatif lorsqu’elles se retrouvent devant leurs partenaires habituels. Il se crée une sorte d’habitude entre elles et convoyeurs, les camionneurs. Donc le préservatif ne répond pas ŕ cette problématique. L’Etat doit se ressaisir et interdire cette pratique », avait déclaré une affairiste.
« Moi, je n’ai pas de choix c’est ma seule profession. Męme si on me propose aujourd’hui le mariage, je vais refuser. Je me retrouve dans ce que je fais », avait répliqué une des professionnelles du sexe.
Les camionneurs souffrent de manque de sensibilisation et de la disponibilité des préservatifs
Selon le vice-président de l’association congolaise des chauffeurs (Acco) et formateur provincial de la Croix-rouge M. Malick Makiese, ce sont plus les jeunes filles et męme les mamans qui suivent le mouvement des chauffeurs et de leurs travailleurs. « C’est vrai, concernant la sensibilisation contre le vih/sida ŕ l’intention des chauffeurs, nous n’avons pas encore organisé des séminaires.
Toutefois, je les invite ŕ utiliser les préservatifs lorsqu’ils veulent répondre ŕ ce genre de besoin. L’Etat devra aussi penser ŕ disponibiliser les préservatifs ici ŕ Inkisi. Les chauffeurs et le reste de la population en ont vraiment besoin. Et au cours de nos rencontres qui se tiennent trois fois par an, je vais insister sur les méfaits de cette pandémie », a-t-il fait savoir.
Last edited: 07/05/2006 01:18:07