Ils devront s’expliquer ce mercredi ŕ la commission Ecofin de l’Assemblée natione. Il s’agit de MM. J. Mudumbi, C. Vunabandi, J. Olenghankoy, R. Lumbala, J. Endundu, J. Engbanda, JP Kalema et E. Diomi Ndongala
Aprčs la série d’auditions qui ont récemment mis en vedette les gestionnaires d’une vingtaine d’entreprises publiques, la commission économique et financičre de l’Assemblée nationale (Ecofin) a convoqué, pour ce mercredi matin, huit ministres de tutelle pour un complément d’informations.
L’opinion note que l’invitation, adressée aux ministres, intervient aprčs les accusations portées sur la place publique par l’Association nationale des entreprises publiques (Anep), acculée ŕ dénoncer ŕ son tour les ponctions opérées par la tutelle politique sur les comptes des entreprises de l’Etat. Quelle sera l’issue de ce feuilleton?
L’Assemblée nationale ne fait plus mystčre de la suite qu’elle entend réserver au dossier des audits diligentés par le gouvernement dans une vingtaine d’entreprises publiques. On connaît le constat dressé nagučre par le rapport conjoint dressé par la Cour des comptes, l’Inspection générale des finances, le Conseil supérieur du Portefeuille et le Secrétariat permanent de la comptabilité au Congo.
« Les entreprises sont gérées dans une totale anarchie. Soit qu’elles sont considérées comme des biens sans maître, soit qu’elles sont devenues des biens privés dont les propriétaires sont les mandataires placés ŕ leur tęte », indiquait le rapport d’audit.
Que huit ministres défilent ce mercredi matin devant la commission économique et financičre de l’Assemblée nationale, le fait étonne mais ne surprend point. En effet, dans leurs moyens de défense devant la męme instance, les mandataires n’ont pas hésité d’associer leur tutelle ŕ certains actes de mégestion dont us sont accablés par l’audit.
Un document largement diffuse par l’Anep, syndicat patronal des entreprises publiques, met en cause, sans les citer nommément, des ministres de tutelle, accusés de ponctionner dans les caisses des entreprises d’Etat. Ces ponctions prennent la forme de prise en charge des ministres et des membres de leurs cabinets, soit pour leurs frais de mission, soit pour leurs communications téléphoniques ou le carburant de leurs véhicules. Parfois, ce sont des cadeaux au profit des tiers recommandés par les ministres de tutelle, si ce n’est pas le détournement des biens appartenant ŕ l’entreprise.
Selon des informations recueillies dans les couloirs de l’Assemblée nationale, les ministres, qui devront s’expliquer ce mercredi matin devant la commission, ont préalablement reçu leur notification ŕ se présenter personnellement et physiquement au Palais du peuple. Loin de toute spéculation, il serait plus indiqué d’attendre l’issue des auditions pour confirmer ou infirmer les indices de responsabilité de leurs Excellences dans la mégestion des entreprises de l’Etat.
PRESOMPTION D’INNOCENCE
Parmi ces hôtes exceptionnels de la commission économique et financičre de l’Assemblée nationale, figurent MM. Joseph Mudumbi (Rcd), ancien ministre du Portefeuille et actuel no.1 de l’Enseignement supérieur et universitaire), Célestin Vunabandi (Rcd), ancien ministre de l’Economie et actuel ministre du Portefeuille, Joseph Olenghankoy (Opposition politique), ministre des Transports et communications, Roger Lumbala (Rcd/N), ministre du Commerce, José Endundo (Mlc), ministre des Travaux publics et infrastructures, José Engbanda (Rcd/N), ministre du Tourisme, Jean-Pierre Kalema (ex-gouvernement), ministre de l’Energie et Eugčne Diomi Ndongala (Opposition politique), ministre des Mines.
Cependant, une précision s’impose : le fait d’inviter les ministres ŕ éclairer la religion de la commission n’implique nullement leur culpabilité. Ils jouissent par conséquent du principe de la présomption d’innocence jusqu’ŕ preuve du contraire. Inutile de s’agiter ou de spéculer outre mesure, au risque de voiler, voire différer la manifestation de la vérité dans le dossier de la gestion scabreuse des entreprises de l’Etat. En tout état de cause, la commission économique et financičre est décidée ŕ conclure son travail de moralisation publique. « Les mandataires publics sont responsables des actes qu’ils ont posés; les coupables devront en répondre devant les cours et tribunaux », martčle, sous le sceau de l’anonymat, l’un de ses membres influents.
Tant mieux sites gestionnaires indélicats peuvent, pour la premičre fois et en toute transparence, affronter une justice indépendante, aux fins de rétablir l’Etat dans ses droits. Encore faut-il que la logique des composantes et entités ne vienne interférer dans les décisions ŕ intervenir.
Last edited: 07/05/2006 01:16:03