Le « coupage » ? La Haute autorité des médias (Ham) ne veut plus en entendre parler. C’est du moins ce qui ressort du point de presse tenu, le samedi dernier au sičge męme de cette institution d’appui ŕ la transition, par le président de cette structure, M. Modeste Mutinga
Le “coupage” ? La Haute autorité des médias (Ham) ne veut plus en attendre parler. C’est du moins ce qui ressort du point de presse tenu, le samedi dernier au sičge męme de cette institution d’appui ŕ la transition, par le président de cette structure, M. Modeste Mutinga.
Pour le président de la Ham « la pratique généralisée de coupage est devenue une tare nationale, plus particuličrement ŕ Kinshasa. A l’origine, une libéralité de la pant de l’une ou l’autre source d’information, le « coupage » tend ŕ devenir un droit pour certains professionnels des médias, au point que les journalistes congolais commencent ŕ faire la honte de la profession auprčs des étrangers de passage ŕ Kinshasa. »
Questions.
Se voulant plus direct, Modeste Mutinga assure que « le journaliste congolais devient plus soucieux de voir leurs noms figurer sur la liste du coupage que par le reportage lui-męme. »
D’oů, s’interroge-t-il : « Combien de lois n’a-t-on pas vu le journaliste congolais traîner dans les couloirs sous prétexte d’impossibilité de rejoindre leurs rédactions, faute de moyens de déplacement ?
Combien de fois n’a-t-on pas vu les męmes journalistes congolais publier les informations erronées, commanditées et non vérifiées, diffamant certains adversaires politiques et autres concurrents, dans le but inavoué de faire plaisir au manipulateur ? ».
Plaintes.
Aux dires de Modeste Mutinga, « la Haute autorité des médias a reçu de nombreuses plaintes de différentes personnes et organisations sur cette pratique peu valorisant de notre profession ».
Pour ce faire, se fiant au Code de déontologie et d’éthique du journaliste congolais, le président de la Ham rappelle qu’ « un bon journaliste ne doit accepter un quelconque présent de la part des sources d’informations, aucun avantage ou cadeau pour diffuser ou étouffer des informations, ni aucune gratification, en raison de la publication, de la distorsion ou de la suppression de l’information ».
Sanctions.
Fatigués de voir les congrčs se multiplier, les décisions adoptées sans pour autant ętre appliquées, les membres de la Ham estiment le moment opportun pour passer ŕ la pratique.
« Le coupage, note Mutinga, est une pratique dégradante qui s’apparente ŕ la concussion et ŕ la corruption. Et, en tant que telle, elle est punie par la loi du fait qu’elle porte gravement atteinte ŕ l’indépendance d’esprit, ŕ l’impartialité et la neutralité dans le traitement de l’information, qualités fondamentales requises chez les professionnels des médias ».
Recommandations.
Le président de la Ham demande, dčs lors aux journalistes de « s’abstenir de quémander ou d’accepter de l’argent ou cadeau des sources d’information, afin d’éviter d’hypothéquer leur liberté. »
Dans le męme ordre d’idées, cette édition demande aux entreprises de presse d’assurer les facilités de transport ŕ leurs journalistes devant se déplacer pour un reportage.
Discipline.
Accusé de mettre la charrue devant le bśuf, en exigeant aux journalistes de se priver des pots-de-vin, sans inciter les patrons de presse ŕ augmenter les revenus de leurs agents comme dans certains médias internationaux, Modeste Mutinga se veut formel : « Il n’appartient pas aux journalistes de financer leurs entreprises de presse. Si l’éditeur ou le responsable de la chaîne est incapable de s’assumer qu’ils ferment carrément leurs portes ».
Aux journalistes qui seront accusés de tremper dans le chantage ŕ travers les coupages, Modeste Mutinga promet des sanctions disciplinaires.