Le jardin zoologique de Kinshasa communément appelé « le zoo » fait pičtre visage. Il porte les stigmates de la plus longue transition que traverse la Rdc ; des pillages de triste mémoire ainsi que les sept ans des guerres qui ont décimé des populations, détruit le tissu économique, livré aux ravages les ressources naturelles et perturbé l’écosystčme et la biodiversité de notre pays.

Bâtiments vétustes qui serviraient mieux de musée plutôt qu’ŕ abriter les services administratifs d’un parc d’attraction moderne ; structures laissées ŕ l’abandon, vidées de leurs pensionnaires et d’autres tout simplement détruites ; population des espčces sensiblement diminuée dont certains spécimens ont carrément disparu ; cages prętes ŕ céder par la force de rage, documentation quasi inexistante, personnel démotivé. Voilŕ la carte postale de cette entité de l’Institut des jardins zoologiques et botaniques du Congo (Ijzbc).

D’une superficie de 16 hectares au départ, le zoo a vu son aire réduite jusqu’ŕ 7 ha seulement aujourd’hui. Sa population qui avait déjŕ atteint 900 spécimens avec plus de 65 espčces est passée ŕ 154 spécimens seulement pour 42 espčces. Le plus anciens spécimen, celui qui a survécu depuis l’ouverture de ce parc au public en 1938, est constitué du couple de crocodiles affectueusement surnommés Simon et Antoinette ; par contre, les plus récents sont ceux du canard sauvage et du marabout acquis en ce début du mois d’octobre.

Parmi les espčces en présence, nous pouvons inventorier :

Les reptiles

Dans cette famille nous retrouvons les crocodiles (le crocodile du Nil, le crocodile ŕ faux gavial ou Indien ; le contre fractus; l’alligator du Mississipi et le crocodile nain) ; le varan (varan du Nil, dit de Commodore), la tortue terrestre; les serpents (on y retrouve le python de molure dit d’Asie, python d’Afrique ou de Seba, la vipčre heurtante et la vipčre du Gabon.

Les Primates (singes)

Le zoo héberge ŕ ce jour le Mangabey (mangabey doré, mangabey brun et le mangabey noir auquel il faut ajouter quelques albinos qui en sont issus) ; le singe de Brazza, le babouin, le grivet ou singe vert, l’ascagne et le chimpanzé ŕ face claire.

Les oiseaux :

Cette famille est représentée au zoo par des :

Rapaces falconiformes ou diurnes (ici nous retrouvons l’aigle pęcheur, le milan africain ŕ bec jaune, le vautour palmiste, la buse unibande, le busard des roseaux africains ) des rapaces dont la chouette pęcheuse ; on y retrouve aussi le perroquet gris, le marabout, le canard sauvage, le coq japonais, les poules malaisiennes.

Autres mammifčres

En dehors des reptiles, oiseaux, primates, nous avons enregistré d’autres mammifčres comme un couple de panthčre surnommés Sanza et moyi c’est-ŕ-dire la lune et le soleil ; l’Ane sauvage ; la civette tachetée; le sanglier ; le cochon domestique ; le chacal ; l’antilope des marais; la biche-cochon ou céphalophe bleu, la mangouste géant dit d’Ishneuron, le mangouste rayé; ŕ Nandinie ; le rat géant dit d’Enim.

Parmi les principales richesses ŕ tirer de l’observation de ces pensionnaires, nous pouvons relever en terme de connaissances, le fait que la civette tachetée qui a été citée comme constituant le foyer de la pneumonie atypique, est d’une trčs grande importance dans l’industrie cosmétique. Sa glande anale offre des odeurs utilisées pour fixer les parfums.

Le singe dit de malbrouc, le grivet ou singe vert est l’espčce qui constitue le réservoir du virus d’Ebola de triste mémoire; tandis que l’ascagne est le singe de compagnie par excellence.

Quant au babouin, c’est l’espčce de singe généralement utilisée au laboratoire pour tester les médicaments du fait de la composition de son sang plus proche de celle de l’homme. Donc l’industrie touristique a un rôle important ŕ jouer dans cette phase de la reconstruction oů tous les secteurs doivent ętre mis ŕ contribution. Car la Rdc dispose d’un grand éventail des sites touristiques susceptibles de pouvoir en recettes au trésor public.

Les élčves : principaux visiteurs du zoo

Selon les informations recueillies, les visiteurs de ce parc sont constitués en majorité d’élčves (70%) pour leurs leçons d’observation du milieu ; les étudiants chercheurs représentent 5%; les touristes expatriés, spécialement les éléments de la Monuc occupent 2%.

Le reste est constitué des visiteurs désintéressés dont la plupart empruntent les allées du zoo comme un passage raccourci vers l’hôpital général ou le grand marché sans manifester le moindre intéręt pour les animaux.

Par une politique de tourisme de proximité, le gouvernement de la république, par le biais du ministčre de l’environnement, de l’office de tourisme et de l’hôtel de ville, peut rendre un tel site beaucoup plus attractif et productif.

Délocalisation du jardin zoologique

Le jardin zoologique de Kinshasa devra ętre délocalisé vers un site beaucoup plus vaste et plus proche de la nature, loin du public. Car sa localisation actuelle l’expose déjŕ ŕ la pollution résultant de la fumée des tuyaux d’échappement des véhicules fréquentant les avenues Kasa-Vubu et commerce mais aussi du fait de la proximité de l’hôpital général : Le Zoo a déjŕ enregistré des cas de décčs dus ŕ la tuberculose.

Certaines espčces ne supportaient pas cet environnement malsain, nous a-t-on appris. Elles ont dű ętre cédées au sanctuaire de Bonobos, parc privé tenu par Madame Claudine André que nous visiterons prochainement.

Une telle délocalisation permettra d’ériger des cages semi-naturelles et des structures modernes de repos et de parcours pour les animaux de grandes espčces comme l’éléphant, le lion, le crocodile et autres. Cet éloignement amčnera les visiteurs, une fois au parc, ŕ ne s’intéresser, ne s’occuper que des animaux.

Signalons que par manque de subsides, le Zoo a mis en place une politique d’autoprise en charge. Outre les espčces d’ornementation (le coq japonais, poules malaisiennes et canard sauvage), une basse-cour est entretenue pour pourvoir ŕ la nourriture des espčces carnivores ; de męme que la pisciculture de Tilapia pour certains reptiles et rapaces ainsi qu’une jardinerie de bananerie et légumes pour les primates et autres herbivores.

Contrat de partenariat entre le zoo et un opérateur économique privé

C’est dans cette męme optique de lutte pour la survie, que le jardin zoologique de Kinshasa aurait conclu un contrat de partenariat avec un expatrié opérateur économique privé, en vue de l’érection d’un complexe commercial dans l’enceinte du zoo. Ces installations pourront ętre cédées ŕ l’institut au bout d’un certain nombre d’années d’exploitation et donc d’amortissement0

Pour éclairer d’avantage l’opinion sur les termes précis de ce contrat, nous avons vainement tenté de rencontrer les responsables dudit institut c’est-ŕ-dire Adg ou Adt. Cela ne nous a pas été accordé.

Notons que, l’idée de la création du jardin zoologique de Kinshasa remonte ŕ 1922 et est attribuée ŕ Monsieur Fernand de Boeck, sujet belge, alors commissaire du district du moyen-Congo. Conçu initialement comme une station de quarantaine, puis un parc prive d’agrément ce parc a connu divers réaménagements dont les travaux se sont particuličrement effectués entre 1933 et1936 avant son ouverture au public en 1938.