C’est aujourd’hui 28 septembre 2004 que la Haute Cour Militaire (HCM) rend le verdict du procčs sur l’affaire de l’assassinat de l’ancien Directeur des Ressources humaines de la Direction générale des impôts, feu Stčve Nyembo
A prčs sept mois d’instruction juridictionnelle, le procčs qui oppose le ministčre public au colonel Charles Alamba, ŕ Charles Dimoke et ŕ tous les autres prévenus impliqués dans l’assassinat de Stčve Nyembo Mutamba prend fin ce mardi 28 septembre 2004 ŕ la Haute cour militaire avec l’arręt qui sera rendu par les membres du sičge au nom du peuple Congolais et de Joseph Kabila Kabange, président de la République démocratique du Congo.
Que dire avant d’assister au dernier acte de ce sinistre feuilleton ? Sinon que malgré toutes les acrobaties de l’accusation et de la défense, il n’y a eu qu’une seule certitude : Stčve Nyembo Mutamba, cadre de la Direction générale des impôts (Dgi) a bel et bien été tué avec préméditation dans des conditions atroces en cette nuit du 28 au 29 septembre 2003.
Mais sa tęte n’avait pas été coupée comme l’avait propagé une certaine rumeur. Quant au reste, le doute plane toujours sur l’identité des exécutants et des commanditaires. Et pour cause...
Le ministčre public est resté campé sur sa position jusqu’ŕ la fin des débats. Pour l’organe de la loi, c’est le groupe de Papy Mafishiango, d’Elie Sakade et de Nsinga Baleliya qui a perpétré le crime, sur instigation du colonel Charles Alamba qui a été contacté par Charles Dimoke de la Dgi dont la carričre était cassée ŕ cause de l’influence de feu Stčve Nyembo qui ne se gęnait pas aussi de se taper les femmes d’autrui.
A l’instruction, l’accusation a surtout relevé les prétentions du colonel Alamba qui aurait monté tout ce macabre scénario pour recouvrer son trône de premier magistrat du parquet militaire. Ręve qu’il a espéré réaliser grâce ŕ la passe en or qui lui a été faite par Charles Dimoke Tunda qui voulait en finir une fois pour toutes avec le gęnant Stčve Nyembo.
Mais appelé ŕ dire son dernier mot, Dimoke Tunda a tout rejeté avec fermeté. Dans un style aristocratique exaltant une grande intelligence et de bonnes maničres, l’ancien directeur général intérimaire de la Direction générale des contributions a fait entendre ŕ la Haute cour que ses bourreaux ont profité de l’assassinat de Stčve Nyembo son frčre, non seulement pour le salir, mais surtout pour casser sa carričre.
ALAMBA DENONCE…
A l’instar des avocats de Charles Dimoke, le conseil du colonel Alamba a plaidé non coupable et a qualifié ce procčs de tragi-comédie.
Me Saturnin Ntamirira a relevé que Papy Mafishiango et son frčre Désiré Nsinga Baleliya disent n’avoir jamais rencontré ni connu le chauffeur Mukiefu qui est censé leur avoir remis la voiture du crime ŕ des endroits dont l’accusation a brodé des croquis fantaisistes.
Cet avocat s’est aussi attaqué ŕ la description théâtrale de la prétendue premičre rencontre entre Alamba et Dimoke, un peu ŕ la maničre de Stanley et Livingstone : « Bonjour colonel ! bonjour directeur... », avant celle encore plus loufoque du portrait-robot de Dimoke faite en date du 1er novembre 2003 chez les enquęteurs de la police par Emile Kaseke : « C’est un monsieur aux allures d’un patron, il est bien rasé, il porte des lunettes. Sa tęte n’a pas beaucoup de cheveux.
Pour ce qui est du teint : il est noir, mais il n’est pas de teint noir, il est d’un teint rafraîchi ». La défense relčve qu’avant cette date, Kaseke avait déjŕ vu Dimoke au cours de leur confrontation du 20 octobre 2003, aprčs d’ailleurs que le capitaine Mukinzi le lui ait déjŕ décrit pour préparer le terrain.
Le conseil du colonel Alamba a souligné que du théâtre, il n’y a que ça dans tout le dossier : origines, types, couleurs, destinations de la voiture aprčs le crime, l’itinéraire ; sans oublier la tenue multiforme prętée au colonel Alamba, męme la rumeur d’empoisonnement créée par l’accusation, les diverses contradictions et la forme de certaines questions comme celle qui a été posée au médecin légiste Emile Muntanga par l’auditeur général dans sa réquisition « Préciser si le sexe était …amputé et ...emporté ». Ajouter ŕ cela les prestations folkloriques et controversées de certains acteurs comme Costa Tamongala, Mukuta et Julio Basile Limpompo.
Dans sa conclusion, Me Satumin Ntamirira a prié la Haute cour militaire de découvrir la vérité et d’appliquer cette vérité pour redorer le blason de la justice terni par l’accusation, afin de redonner espoir ŕ toute une nation ; ceci pour corriger une opinion abusée et laver l’Etat de cette ignominie en acquittant son préposé injustement accusé et en condamnant ceux qui le méritent.
Prononçant son dernier mot, le colonel Charles Alamba a déclaré que męme si par l’impossible il était condamné, il jurait n’avoir trempé ni de prčs ni de loin dans l’assassinat de Stčve Nyembo.
Il a aussi fait remarquer qu’il serait injuste qu’il soit condamné pour les actes de gestion qu’il avait posés jadis en sa qualité de procureur général militaire, car le coupable que l’opinion attend découvrir, c’est l’assassin qui avait mis fin atrocement ŕ la carričre prometteuse et combien radieuse de Stčve Nyembo Mutamba ; et non un magistrat militaire qui avait cru remplir son devoir en prenant des décisions exceptionnelles dans une période d’exception.
Aprčs ce bref rappel, nous pensons que la Haute cour qui est composée de magistrats de haut rang a eu suffisamment de temps pour műrir ce dossier et rendre un verdict équitable.