Sur les 700 gorilles de montagne recensés en Afrique, 380 vivent dans le Parc National de Virunga, situé ŕ la frontičre entre la Rdc et le Rwanda
Le plus vieux parc naturel du Congo-Kinshasa, qui abrite la moitié des 700 gorilles de montagne encore en vie sur terre, est menace par un nouveau danger : la colonisation par des fermiers venus s’approprier des terres, affirment les responsables du parc qui ont commencé ŕ ériger un mur de protection le long de la frontičre avec le Rwanda.
Les gorilles vivent sur les cimes brumeuses des volcans du Parc national des Virunga, situé ŕ la frontičre entre la République démocratique du Congo (ex Zaďre) et le Rwanda.
Ils construisent leurs nids dans les foręts restantes tandis que, plus bas, les fermiers exploitent les flancs du volcan défrichés. Les singes se nourrissent de bambous et, rarement, descendent dans les champs pour se servir dans les récoltes.
Sur les 700 gorilles de montagne recensés en Afrique, 380 vivent dans ce parc. Leur seul autre peuplement est abrité dans la foręt impénétrable de Bwindi, dans le Sud-Ouest de l’Ouganda voisin.
Au fil des combats qui font rage depuis dix ans dans la région, les réfugiés et męme les soldats ont pénétré plusieurs fois dans le Parc national des Virunga, classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Les dirigeants du parc soupçonnent les miliciens d’ętre responsables de la mont de trois employés en juin. Pour empęcher de nouvelles intrusions, 200 employés ont commencé ŕ construire un mur fait de pierre de lave le long de la limite du parc, sur la frontičre rwandaise. « Nous voulons avoir ce mur aussi vite que possible », commente Eugčne Rutagarama, qui dirige le programme international de conservation du gorille. Le conservateur reconnaît qu’avec seulement un mčtre de haut, la future barričre ne représentera qu’un « symbole montrant la limite de la foręt » aux éventuels envahisseurs.
« Je ne pensé pas que ça peut vraiment arręter des gens », explique-t-il, évoquant la derničre incursion majeure dans les limites du parc : en mai et juin, entre 5.000 et 6.000 fermiers rwandais et Congolais ont débordé les gardes sans armes pour coloniser et défricher environ 15 Km2 sur les 425 Km2 du parc.
Les agriculteurs ont abattu des arbres, transformant la foręt en pâturages oů ils ont installé plusieurs milliers de vaches. Ils n’ont quitté la région, au bout de plusieurs semaines, qu’aprčs de trčs fortes pressions exercées par les Nations unies, l’Union européenne et les Etats-Unis, selon les défenseurs de la nature. Les habitants de la région convoitent « l’ivoire, le gibier, le Poisson et la terre » du Parc des Virunga, explique Terese Hart, de la Société de préservation de la nature ŕ Kinshasa.
Dans d’autres parties du parc, la nature se remet ŕ peine de l’arrivée des réfugiés hutus ayant fui les suites du génocide rwandais en 1994 - 1995, et des combats qui ont fait rage ŕ l’intérieur du parc au cours de la guerre civile au Congo, de 1998 ŕ 2002. Ailleurs, la colonisation des terres protégées semble inéluctable : dans la région de Kilorwe, la foręt dense a disparu, supplantée par des champs et des fermes. Les arbres alentour sont systématiquement abattus pour fournir les habitants en charbon de bois.