Les avocats de la défense des prévenus ont clôturé leurs plaidoiries ŕ l’audience de jeudi au procčs des présumés assassins de Stčve Nyemba traduits depuis mars devant la Haute Cour Militaire. Ils ont ainsi laissé la place au nouveau procureur militaire audiencier Colonel Tsinu entamer sa réplique dans laquelle ce dernier a commencé par dénoncer ce qu’il a appelé « la banalisation des graves faits criminels » par les avocats
Les plaidoiries de défense des prévenus au procčs des présumés assassins de Stčve Nyembo traduits devant la Haute Cour Militaire ont été clôturées ŕ l’audience de jeudi pour ętre immédiatement suivies par l’intervention du représentant de l’organe de la loi, partie accusatrice, ci-devant Colonel Tsinu qui a entamé sa réplique en dénonçant ce qu’il a considéré comme de la banalisation des graves faits criminels par les avocats des accusés.
Le Colonel Tsinu a directement pointé du doigt Me Saturnin Ntamirira, conseil du principal prévenu Colonel Alamba, en rétorquant ŕ la qualification d’affabulation avec laquelle cet avocat a traité l’acte d’accusation du ministčre public, pour indiquer que c’est plutôt la partie de défense d’Alamba qui faisait de l’affabulation dans sa plaidoirie. Le nouveau procureur militaire audiencier ayant succédé aux anciens colonels Makelele et Nyembo récemment promus au rang de généraux a clamé ętre pręt ŕ « rencontrer point par point » les arguments de la défense, ŕ démonter « le château de sable bâti par Me Ntamirira », et ŕ établir l’irréfutable culpabilité des criminels.
Le représentant de l’organe de la loi a toutefois présenté ŕ la Cour une requęte sollicitant que lui soit accordé le temps approprié de préparer la réplique cinglante détruisant l’argumentation de la défense pour ainsi intervenir ŕ la huitaine, « parce que, dira en substance le Colonel Tsinu, nous attachons une haute importance ŕ la réplique qui est un réquisitoire complémentaire ».
Le président de la Cour, le Général Nawel Mukongo, a demandé en réponse au ministčre public aprčs avoir consulté ses quatre pairs juges assesseurs, que pour ne pas continuer ŕ tirer en longueur la suite du procčs avec la nouvelle intervention de l’organe de la loi, la réplique de ce dernier était ŕ présenter ŕ l’audience du jour suivant, le vendredi et qu’il ne fallait plus s’y étendre en développement des sujets mais s’en tenir ŕ rétorquer aux points soulevés par les défenses.
L’intervention du Colonel Tsinu a été précédée ŕ l’audience de jeudi par les avocats des prévenus Paul Kalenga en plaidant non coupables tandis que le dernier prévenu Julio est passé personnellement ŕ la barre sans avocat pour sa défense. Julio a aussi plaidé non coupable en répétant ce qu’il avait déjŕ déclaré ŕ l’audience de la veille sur l’extorsion d’aveu faite sur lui par le ministčre public qui lui aurait męme demandé d’accepter le faux nom de Julio alors qu’il s’appelait Basile avec promesse de le récompenser pour sa collaboration avec l’accusation par un montant de 500 dollars ne lui ayant jamais été remis. Le Juge principal visiblement embarrassé par la particuličre plaidoirie de Julio décida tout de męme d’en prendre acte et d’en tenir compte dans les délibérés de la Cour.
Les parties civiles étaient intervenues aprčs le prévenu Julio pour le début des répliques aux plaidoiries des défenses. Deux avocats, en l’occurrence Mes Tshimbalanga et Théodore Ngoy, pasteur de son état, ont brillé dans ces répliques en réaffirmant, pour le premier, les culpabilités des prévenus innocentés par leurs respectives défenses, et pour le second, la responsabilité civile de l’Etat dans la réparation du préjudice causée ŕ la famille de feu Stčve du fait de l’assassinat de ce dernier par les agents publics en cause tel le Colonel Alamba.
Me Tshimbalanga a énuméré quelque 25 évidences, selon ses termes, pour fonder la culpabilité des prévenus. Il y a d’abord l’assassinat lui-męme de Stčve Nyembo, le conflit entre Stčve et l’accusé Dimoke, la voiture fourni par le Colonel Alamba ŕ la bande des assassins pour perpétrer leur forfaiture, la complicité d’Alain Poussy qualifié « d’obligé d’Alamba », les prédispositions de ce dernier ŕ commettre le crime « parce que, soulignera Me Tshimbalanga, capable de poser des actes sans état d’âme, comme l’avait attesté ŕ la barre le témoin Colonel Munkuto ».
Me et pasteur Ngoy a martelé ŕ son tour la responsabilité de l’Etat en dénonçant dans une allusion aux fonctions occupées par le prévenu Colonel Alamba les nominations des responsables immoraux pour diriger des organes censés sécuriser les citoyens mais qui se révčlent les véritables agents de l’insécurité de la population. Pasteur Ngoy a fustigé énergiquement ce qu’il a considéré de danger représenté par un Alamba qui, selon ses révélations, n’hésitait pas ŕ clamer dans une parade « qu’ŕ la fin de cette année, il faut qu’un magistrat meure », ce qui expliquerait ŕ ses yeux une série de liquidations de personnes ayant été constatées ces derničres années.
Le ton ferme des répliques des parties civiles a relancé les interrogations sans réponses dans l’assistance quant ŕ la terrible vérité ŕ établir autour du dossier Stčve, alors que les plaidoiries des parties de défense jetaient déjŕ le doute sur l’accusation. La réplique du Colonel Tsinu est donc attendue comme un moment décisif pour asseoir les convictions des uns et des autres avant que ne tombe comme un couperet le verdict de la Cour appelé ŕ trancher et fixer définitivement l’opinion sur les causes et les tentants et aboutissants du macabre assassinat de Stčve Nyembo une nuit de dimanche ŕ lundi 28-29 septembre 2003.
Last edited: 07/05/2006 01:11:12