Pour Me Kamanda wa Kamanda, ministre de la Recherche scientifique du gouvernement de transition : »Aucun Congolais ne souhaiterait souscrire au schéma que préconise Azarias Ruberwa »
Un ministre du gouvernement de transition de la RDC, Gérard Kamanda wa Kamanda, a dénoncé mardi ŕ Kinshasa une tentative de déstabilisation du pays en réaction ŕ une déclaration du vice-président Azarias Ruberwa au lendemain du massacre de Gatumba. « Si vraiment le vice-président de la République en charge de la commission politique, défense et sécurité a tenu une déclaration demandant l’arręt de la transition politique, ça serait l’aboutissement d’un plan destiné ŕ faire échec au processus de transition en cours », a affirmé M. Kamanda, ministre de la Recherche scientifique.
M. Kamanda, également président du Front commun des nationalistes, a également accusé « certains pays » de chercher ŕ s’opposer ŕ la transition en République démocratique du Congo (RDC): « L’effervescence qui continue ŕ régner ŕ l’est de notre pays s’explique par le fait que l’aboutissement (de la transition, ndlr) ne correspondrait pas aux intéręts de certains « pays de la région », a-t-il dit, dans une allusion aux tensions récurrentes dans cette partie de la RDC.
Dernier ministre des Affaires étrangčres du régime Mobutu, M. Kamanda wa Kamanda a estimé que la déclaration du vice-président Ruberwa « jette une nouvelle lumičre sur les événements que le pays a connus, en particulier les actes de déstabilisation menés par les officiers insurgés Laurent Nkunda et Jules Mutebusi, issus de l’ex-rébellion pro-rwandaise du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD, présidé par M. Ruberwa).
Lundi, ŕ Gatumba (Burundi) oů il assistait aux obsčques des quelque 160 Tutsis congolais massacrés dans ce camp de réfugies, M. Ruberwa a soutenu que « la fracture » du processus de paix « est ŕ ce point sérieuse quelle mérite que l’on s’arręte sur le chemin de la transition pour faire le point ». « Aucun Congolais ne souhaiterait souscrire au schéma que préconise le président du RCD », a encore indiqué M. Kamanda wa Kamanda.
Le RCD, ancienne rébellion soutenue par le Rwanda, participe depuis avril 2003 ŕ toutes les institutions de la transition en RDC qui doit mener en juin 2005, aux premičres élections libres depuis 40 ans. Mais l’aile dure du RCD, menée par le député dissident Bizima Karaha, dont le groupe est retranché depuis mai dernier ŕ Goma (Nord-Kivu, Est), réclame l’évaluation de cette transition, qu’Azarias Ruberwa a pourtant qualifiée plusieurs fois d’« irréversible ».