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La Cepgl ne peut pas renaître comme elle a existé dans le passé, car elle a failli ŕ sa mission premičre, celle de parvenir ŕ une intégration économique et ŕ la coopération transfrontičre

Les 11 et 12 juillet 2004 s’est tenue ŕ Bruxelles une réunion réunissant autour du Vice-premier ministre et ministre belge des Affaires étrangčres, ses homologues du Burundi, du Congo et du Rwanda. Ils ont con venu de relancer les activités de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL). Pour eux, la relance de cette, communauté peut contribuer ŕ la pacification et ŕ la stabilisation de la région.

Aux origines de la création

La CEPGL a été fondée en septembre 1976. Selon certains, elle aurait été créée ŕ l’instigation des conseillers belges du Président Mobutu. Alors que les experts belges voyaient dans cette communauté une réponse au surpeuplement prévalant au Burundi et au Rwanda, Mobutu voyait plutôt l’accomplissement de son ręve du « Grand Zaďre ». Le Congo contribuait au budget ordinaire de la CEPGL ŕ concurrence de 50% et les deux autres pays ŕ hauteur de 25% chacun.

A l’actif de la CEPGL il y a lieu de reconnaître que cette association a permis de désenclaver la région du Kivu qui est traditionnellement tournée vers l’Est de l’Afrique (Burundi, Kenya, Ouganda, Rwanda) pour son approvisionnement en produits manufactures et en carburants.

L’existence de la CEPGL a permis aux ressortissants du Kivu de procéder sans difficultés ŕ l’échange des biens, des services et des personnes.

Notons que dans la foulée, la Communauté des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC) a été créée le 18 octobre 1983 par les membres de l’UDEAC (Union Douaničre des Etats d’Afrique Centrale) et de la CEPGL. La CEEAC qui est restée en léthargie au cours des années 90, est de nouveau opérationnelle depuis 1999 et a été rejointe par l’Angola.

La déstabilisation

Comme la plupart des organisations régionales africaines, la CEPGL n’a pas su atteindre ses objectifs ŕ savoir l’intégration régionale ŕ travers, la libre circulation des biens et des personnes, la coopération en matičre de sécurité, la promotion des échanges commerciaux, etc.

Le manque de volonté politique, les querelles de leadership entre les Chefs d’Etat et l’existence de visions politiques différentes sont autant de facteurs qui sont ŕ la base de l’échec de la CEPGL.

Les différentes crises que les trois pays membres ont connues depuis le déclenchement des processus de démocratisation en Afrique au début des années 1990 ont eu un impact négatif sur, le fonctionnement de la Communauté. Trčs vite, les ressources des Etats ont tari. Les engagements n’ont pas été tenus et les cotisations n’ont pas été versées. En conséquence, l’organisation s’est trouvée confrontée ŕ une crise de trésorerie qui a paralysé son fonctionnement et celui de ses différentes institutions (EGL, BDGEL, IRAZ etc.). La SINELAC qui fonctionnait encore était minée par une mauvaise gestion.

L’implication du Rwanda dans les différentes crises qui ont secoué le Burundi au cours des années 1980, a créé un climat de méfiance et de suspicion entre ces deux pays. L’attaque du Rwanda en octobre 1990 par le Front Patriotique Rwandais (FPR) ŕ partir de l’Ouganda a fait que Mobutu a envoyé des troupes pour sauver le régime d’Habyarimana tandis que le Burundi était accusé de sympathiser avec le FPR. Beaucoup plus tard, soit en 1996, le Rwanda agressera le Zaďre sous prétexte de démanteler les camps des réfugies et de mettre fin aux activités des Interahamwe.

Au plus fort des tensions entre le Rwanda et le Zaďre, soit juste aprčs l’agression de 1996, des voix se sont élevées pour souhaiter le rčglement de ce conflit ŕ travers lés mécanismes existants de la CEPGL, mais sans succčs. L’invasion du Rwanda va se traduire par la chute en mai 1997 du régime de Mobutu.

Est-il encore possible de refaire la CEPGL?

Les nouvelles autorités congolaises ont essayé de ressusciter la CEPGL en juin 1997 lord du sommet de l’OUA des chefs d’Etat ŕ Harare. Cette démarche fut sans lendemain ŕ cause principalement des réticences du Rwanda.

Aujourd’hui, de l’avis des experts belges, une coopération dans le domaine économique et des investissements pourrait solidifier les relations bilatérales entre la République Démocratique du Congo, le Rwanda et le Burundi. Si ce pari est gagné, en lieu et place de la guerre, nos pays apprendraient plutôt ŕ défendre et ŕ respecter leurs intéręts économiques réciproques et ŕ relever le défi de la pauvreté. Ils se référent évidemment au succčs de l’Union européenne. Cette communauté a permis de mettre fin aux guerres interminables qui sévissaient en Europe entre l’Allemagne, l’Angleterre et la France. Il est cependant erroné de vouloir transposer en Afrique cette expérience réussie sous d’autres cieux. L’intégration se fait en Europe ŕ partir des économies développées et des démocraties. La communauté a plus bénéficié au Burundi et au Rwanda. Outre les charges de la communauté qui étaient supportées en grande partie par le Zaďre, beaucoup de nos produits (or, diamant, cassitérite, café quinquina, papaďne etc.) étaient exportées en fraude via ces deux pays. Cette communauté ne nous a rien apporté. Bien au contraire ! Elle nous a apporté la haine raciale, la mort et la pauvreté.

La CEPGL ne peut pas renaître comme elle a existé dans le passé, car elle a failli ŕ sa mission premičre, celle de parvenir ŕ une intégration économique et ŕ la coopération transfrontičre. En ne montant dans l’histoire, il y a l’exemple de la Société des Nations (SDN) qui a été créée en 1920 (au lendemain de la premičre guerre mondiale de 1914) pour favoriser l’alliance entre les peuples et le maintien de la paix. Quand celle-ci a été inapte a gérer les conflits des années 1930 et incapable de prévenir la deuxičme guerre mondiale, elle a été dissoute en 1946 et remplacée par l’ONU.

Comme la CEPGL n’a été efficace ni pour le renforcement de la sécurité dans la région ni pour l’intégration régionale, il faut plutôt la dissoudre. D’autres organisations régionales plus attractives existent. C’est le cas de la CEEAC dont font d’ailleurs partis le Burundi, le Congo et le Rwanda. Il y a aussi le COMESA.



Last edited: 07/05/2006 01:06:39

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