La population des gorilles des plaines de la République Démocratique du Congo a chuté de plus de 70% au cours de dix derničres années, en raison de la destruction de leur habitat consécutive aux conflits armés dans la région du Nord - Kivu, affirme la Fondation internationale Diane Fossey. Selon les chiffres avancés par cette organisation, il reste aujourd’hui moins de 5.000 gorilles des plaines orientales du pays, alors qu’ils étaient environ 17.000 en 1994
« Il est clair que la vitesse de ce déclin est sans précédent », a déploré Clare Richardson, présidente de la Fondation Diane Fossey, basée ŕ Atlanta (Géorgie). Le nombre de gorilles a considérablement diminué ŕ la suite de l’exode des populations fuyant les guerres civiles au Congo-Kinshasa et au Rwanda voisin. Ces populations se sont réfugiées dans des zones abritant d’ordinaire ces singes connus sous le nom scientifique de « Gorille beringei graueri ».
La crise s’est aggravée lorsque des combats ont étalé entre plusieurs groupes armés dans ces régions reculées du Congo-Kinshasa. Ces combattants ont installé des camps de base, s’appuyant sur la chasse pour trouver de quoi se nourrir.
Le problčme a également été accentué par l’exploitation miničre ŕ grande échelle de l’or et des pierres précieuses utilisées dans la fabrication des téléphones portables et autres gadgets électroniques. La déforestation due ŕ l’augmentation des terres cultivables et ŕ l’installation de nouvelles populations a également joué un rôle, selon Clare Richardson.
La région touchée plus de trois millions d’hectares regroupe quelque 97% de la population des gorilles des plaines orientales du Congo-Kinshasa , vaste pays du Centre de l’Afrique.
Un programme américain de protection d’une large portion de l’habitat des gorilles tente aujourd’hui d’obtenir le soutien des chefs de tribus locaux pour enrayer la déforestation et le déclin de la faune dans cette région.
Ce programme de 2,93 millions de dollars (2,42 millions d’euros) prévoit la création de réserves naturelles gérées en partenariat avec les parcs naturels voisins, le tout devant former des places de préservation de la faune, selon Patrick Melhman, directeur des programmes africains de la Fondation Diane Fossey. Il sera finance par l’organisation Conservation internationale, basée ŕ Washington, et le programme environnemental pour l’Afrique centrale du Gouvernement américain.
Le projet-phare de ce programme , la Réserve de Tayna, est une réserve naturelle de 700 Km2 initiée par les chefs tribaux locaux, qui ont consenti ŕ céder une partie de leurs terres et accepté de les gérer ŕ plusieurs, selon Erica Archibakid, de la Fondation Fossey. Sept autres projets similaires, couvrant au total plus de 10.000Km2, sont en cours.
Ce programme « est peut-ętre notre derničre chance d’inverser cette crise », explique Patrick Melhman. « La seule solution viable ŕ cette crise est la participation des populations locales dans la gestion de leur héritage biologique ». Ces régions accidentées du Congo-Kinshasa abritent une faune variée et unique chimpanzés, éléphants, crocodiles du Nil, paons du Congo, okapi et léopard..