Beaucoup de personnes s’étonnent et s’inquičtent de la façon dont les dossiers des justiciables sont gérés actuellement dans les juridictions du pays, particuličrement dans celles de Kinshasa. Ainsi, il est fait état actuellement de quelques journalistes et autres personnes dont les agents des Ong, arrętés injustement pour certains et illégalement détenus pour d’autres
L’incertitude plane toujours sur le sort de quatre journalistes incarcérés au Centre Pénitentiaire et de Réeducation de Kinshasa (CPRK). Il s’agit, en fait, de Lucien-Claude Ngongo Lumba-Lumba du journal Flash info, de Gustave Kalenga de la Flamme du Congo, Albert Kassa, ancien directeur de publication de Fair-play info et de Denis Tanga du Courrier d’Afrique ; Lucien-claude Ngongo est au CPRK depuis le 25 mai 2004 aprčs avoir été interpellé un certain 19 mai 2004. Il est accuse d’imputations dommageables pour avoir signé un article sous le pseudonyme de Grégoire Egboya, lequel article met en cause l’opérateur économique William Damseaux de Orgaman.
Au cours la chambre du conseil du 1 juin, le journaliste avait produit une requęte verbale tendant ŕ obtenir une mise liberté provisoire. Mais le juge Nselele du tribunal de paix de Kinshasa/Ngaliema qui avait reçu la requęte la déclarée non fondée et a ordonné la mise en détention préventive de Ngongo pour quinze jours. Chose curieuse, cette ordonnance n’a été signifiée que le 16 juin dernier ŕ l’accusé alors que les jours ainsi confirmés par le tribunal venaient d’expirer.
Quant ŕ Gustave Kalenga de la Flamme du Congo, il est poursuivi pour violation de domicile. Il lui est reproché d’avoir visité avec d’autres journalistes, une bâtisse en construction, ŕ Gemena, dans la province de l’Equateur.
Cette construction appartient ŕ Jean-Pierre Bemba Gombo, vice-président de la république charge de l’Ecofin. Apres avoir passe cinq jours dans un cachot de Gemena Gustave a été de nouveau arręte ŕ Kinshasa et gardé ŕ la Direction générale de la police judiciaire des parquets. Il a été ensuite transfčre au cachot du parquet de grande instance de Kinshasa/Gombe oů il a été verbalisé par un magistrat pour ętre transféré par la suite ŕ l’ex-prison de Makala, samedi 12 juin 2004. Au CPRK, il a été entendu en chambré du conseil mardi l5 juin par le tribunal qui a pris en délibéré sa requęte de mise en liberté provisoire.
Albert Kassa qui est pour sa part isolé au pavillon 7 contrairement ŕ ses co-détenus journalistes, qui sont tous au pavillon 8, attend toujours de comparaître en chambre du conseil, afin que sa détention soit régularisée par le juge.
Un autre journaliste dont on ne parle pas beaucoup est Dents Tanga du Courrier d’Afrique qui totalise ŕ ce jour six mois de détention puisqu’ayant été arręté le 19 novembre 2003. Il est accuse d’abus de confiance par sieur Mvila qui n’a pas digéré le fait que le journaliste ait accepté de lui restituer des plaques et du papier-journal sans paiement d’intéręts. Dents Tanga qui a espéré voir son dossier fixé au tribunal de paix de Kinshasa/Asossa, n’a plus vu des juges depuis sa derničre comparution en chambre du conseil le 25 mai 2004.
Il faudrait toutefois noter que les détentions des journalistes ŕ la prison se révčle de plus en plus irréguličre et violent en męme temps le droit ŕ la bonne administration de la justice garanti par la Constitution. En revanche, les journalistes tout comme d’autres compatriotes sont ŕ la merci des juges qui peuvent prolonger les détentions préventives comme bon leur semble. C’est une situation qui doit interpeller les ministres des Droits humains et de la Justice et garde des sceaux. Il est donc grand temps que le gouvernement s’attelé ŕ la redynamisation des activités du troisičme pouvoir en RDC, parce qu’il est anormal d’instaurer un Etat de droit sans un pouvoir judiciaire fort, susceptible de sécuriser tout le monde.
Robert Ilng, Lems Kalema, Rodolphe Mafuta et Kally Kalala depuis 5 jours au CPRK
Robert Ilunga, Lems Kalema, Rodolphe Mafuta et Kally Kalala respectivement Président de l’ONG « Les Amis de Nelson Mandela pour les Droits de l’Homme (ANMDH) notable Président de l’asbl Bana Kalamu et Président de l’Amicale Bana Matonge en sont aujourd’hui ŕ leur cinquičme jour de détention au Centre Pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa (CPRK) ils ont été arrętes lundi 07 juin ŕ la Police Judiciaire des Parquets de la Gombe avant d’ętre transfčres samedi 09 juin au CPRK accusés de destructions méchantes ».
Dans un communique de presse signe par Julie Zenga (Coordonnatrice des programmes) et Donnat Mpakebon (Assistant Exécutif chargé des Relations publiques et informations) ANMDH se dit profondément choquée par « l’illégalité de procédure » ayant conduit a cette arrestation et détention. L’Ong invite ainsi les autorités judiciaires ŕ libérer sans délai les victimes. Présentant bričvement les faits, elle rappelle que c’est depuis jeudi 06 mai que le population de Kalamu accompagnée des membres des associations précitées avaient rendu visite ŕ l’autorité municipale en vue de revendiquer et réclamer la rétrocession du terrain pour les jeux des enfants « aliéné illégalement par l’Office National de Logement en faveur de M. Michel Matiaba ».
Cette réclamation les a amenés de maničre pacifique auprčs du Gouverneur de la ville des ministres des affaires foncičres et Urbanisme ainsi qu’auprčs du Secrétaire Général du Gouvernement qui du reste ont soutenu la démarche combien salvatrice de la population poursuit le communiqué. Le vice-président de la République Jean-Pierre Bemba a appuyé cette démarche par sa lettre n°0174/VPRES/ECOFIN/ZKM/jk/2004 du 20 mai 2004 n précise le document. Il révčle que le 13 mai 2004 la population animée par la volonté de récupérer ce terrain par la vote légale avait introduit sa lettre de demande de démolition des constructions érigées sur ce terrain auprčs du Président de la Commission de démolition c-ŕ-d le Gouverneur de la Ville. Le terrain pour rappel est situe derričre la Police nationale District de la Funa au quartier Matonge ŕ Kalamu.
Fort malheureusement les manifestants de la journée du 03 juin 2004 ont fini leur colčre dans la destruction des constructions érigées sur ce terrain A nos jours ces actés de vandalisme sont mis sur le dos du Président national de ANMDH et de trois autres responsables des associations », déplore le communiqué.
Cette façon d’agir laisse les observateurs trčs perplexes, car elle ne respecte pas le droit ŕ la présomption d’innocence. En fait, il n’est pas normal d’arręter des personnes responsables sans aucune preuve sur le grief mis ŕ leur charge alors que des autorités compétentes peuvent témoigner des efforts que ces détenus ont menés pour réclamer pacifiquement la rétrocession dudit terrain.
Par ailleurs, pour les observateurs, il est injuste de s’attaquer ŕ ces innocents, alors que partout ŕ Kinshasa plusieurs biens et installations des privés ont été saccagés par les manifestants du 3 juin, sans qu’aucun d’eux n’ait été inquiété. Un tour rapide dans la capitale montrera aisément des épaves des véhicules de la Monuc et d’autres organismes internationaux incendies, des stations-service pilles ŕ Lemba/Echangeur, ŕ Bandal/Moulaert etc. Ces actes sont certes condamnables mais n’avaient pas fait l’objet de
poursuites judiciaires relčvent ces observateurs. Il est des lors injuste que des personnes responsables qui n’ont nullement détruit la clôture érigée sur ce terrain, objet d’un contentieux soient arrętées pour des actes qu’elles n’ont męme pas posés. Que le droit soit dit et que ces personnes recouvrent leur liberté.