Pendant que le Rwanda amasse des troupes ŕ la frontičre congolaise, la Communauté des pays de l’Afrique australe (Sadc) rappelle qu’il existe entre les pays membres un pacte de défense mutuelle. Elle se réserve le droit de recourir ŕ ce pacte pour défendre la souveraineté et l’intégrité de la Rdc. Une commission d’information et d’évaluation de la Sadc bientôt ŕ Kinshasa
Le monde a connu des dictateurs, des fascistes, des anarchistes, mais jamais un chef d’Etat, n’a nargué a communauté internationale comme le fait le président rwandais, Paul Kagame. Plus de cinq ans, il a occupé la Rdc, un pays souverain au mépris de tous les instruments qui régulent la vie entre les nations. La communauté internationale a laissé faire. L’excuse de cette irresponsabilité presque collective, c’est que le pouvoir de Kinshasa était autoproclamé ou encore qu’il s’agissait d’une crise congolo-congolais.
Solution, il fallait un cadre pour mettre en place un pouvoir consensuel. C’est ce qui a été fait dans le cadre des négociations politiques intercongolaises conformément a l’accord de Lusaka. Le processus de paix ainsi mis en place, est parrainé par toute la communauté internationale. Mais Kagame est le seul ŕ penser qu’il peut continuer ŕ naviguer contre courant en mettant en cause ce processus de paix chčrement et laborieusement mis en place.
Les pays de la Sadc, réunis ŕ Lusaka le 11 juin dernier, ont décidé de faire changer cet état des choses. La commission de cette communauté chargée de la diplomatie s’est particuličrement penchée sur la situation qui prévaut en Rdc. Les membres de la Sadc ont énergiquement condamné les bruits des bottes ŕ l’Est de la République Démocratique du Congo.
En effet, de sources fiables, mondialement vérifiées, aprčs la menace de Nkunda d’embraser l’Est du Congo jusqu’ŕ la « libération » de cette partie du territoire Congolais en vue d’y installer un Etat fédéré (on ne sait ŕ qui, peut-ętre au Rwanda), on a remarqué un mouvement des troupes venant de la frontičre rwandaise, particuličrement de la localité de Bunangana (NordKivu). On n’a aucun doute que ces troupes viennent accomplir le destin annoncé par Nkunda, qui, en fait, n’est que le bras armé de Paul Kagame.
D’autres troupes rwandaises, sous l’étiquette des Banyamulenge, évoluent vers Kalehe avec comme objectif de contrôler Kamanyola en prévision de la reprise de la ville de Bukavu. Quand Nkunda dit qu’il veut embraser l’Est de la Rdc, ce ne sont pas des paroles en l’air. Tout le monde, ŕ commencer par la Monuc, sait que Nkunda n’a ni hommes ni armement pouvant lui permettre de faire face ŕ l’armée nationale Congolaise. Tout le monde sait donc qu’ŕ travers Nkunda, c’est l’APR qui fait la guerre au Congo.
Et les analystes savent également que le régime mono-ethnique du Rwanda profite de la situation d’instabilité passagčre que traverse le Congo qui sort de deux guerres successives ployant sous l’embargo. Un de ses objectifs, c’est justement de faire en sorte que la Congo ne se dote pas d’une armée forte afin qu’il puisse continuer ŕ demeurer le ventre mou de la sous région.
La Sadc se souvient de ses instruments de paix. Au cours de la réunion de Lusaka, non seulement, les membres de la Sadc ont condamné la situation qui prévaut au Congo, mais aussi et surtout, ils ont mis en garde toutes les personnes et tous les pays qui s’emploieraient ŕ déstabiliser les autres pays de la sous région. Pour le cas du Congo, ils ont fait remarquer qu’il s’agit d’un régime consensuellement mis en place par tous les Congolais. La Sadc, n’autorisera plus le changement des régimes dans la communauté, si ce n’est que par la voie des urnes.
Pour démontrer que ce constat n’est pas une simple masturbation intellectuelle, la Sadc a rappelé ŕ tous les membres, qu’il existe entre Etats de la communauté, un protocole de coopération en matičre politique, défense et sécurité. En plus de cela tous les pays de la Sadc, a-t-on rappelé, ont signé un pacte de défense mutuelle. C’est au nom de ce pacte que l’Angola, la Namibie et le Zimbabwe ont combattu au Congo contre l’armée rwandaise. Cette fois lŕ, l’engagement était partiel parce la République Sud-Africaine avait estimé qu’il y avait encore de la place pour des négociations entre Congolais.
Pour compenser les efforts qu’il aurait dű déployer dans la guerre, Pretoria s’est engage ŕ chercher la paix par des négociations ; Mais, on seulement Kagame met en mal la paix retrouvée en Rdc, mais aussi et surtout, sape les efforts sud-africains visant la création d’un cadre de paix en Rdc.
Dans des termes on ne peut plus clairs, qui sonnent comme une menace ŕ peine voilée contre le régime de Kigali, la Sadc a dit qu’elle se réserve le droit de recourir ŕ ce protocole de défense mutuelle pour défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale du Congo. D’ors et déjŕ, la Sadc va urgemment envoyer au Congo une commission d’information et d’évaluation. Pour la Sadc qui a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, cet objectif ne peut ętre atteint qu’avec un régime démocratique. Pour faire des émules, la Sadc a rendu hommage aux pays de la communauté qui venaient d’organiser des élections générales. C’est le cas de la République sud-africaine et du Malawi. La Sadc attend fermement que l’année prochaine, ce soit le tour de la Rd. Congo et de la Tanzanie d’organiser des élections générales.
Last edited: 07/05/2006 01:04:06