La situation préoccupante de Bukavu et qui vient d’entraîner un mouvement de protestation de la population ŕ travers tout le pays, demeure le point qui focalise l’attention nationale. C’est pour prévenir l’embrasement de tout le pays que les Sénateurs originaires de Bandundu ont planché sur la situation de Kikwit oů l’on a parlé de la présence des soldats d’origine ou d’affinités rwandaises qui s’y seraient infiltrés
La présence ŕ Kikwit des soldats autres que congolais semble préoccuper d’abord les habitants de cette ville eux-męmes, puis des leaders politiques de la province de Bandundu, et ceux de la sous-région du Kwilu en particulier. Il y a, en effet, quelques jours, des organisations de défense de droit de l’homme basées ŕ Kikwit dénonçaient la présence, pour le moins inexplicable, des soldats rwandais au chef-lieu de la sous-région du Kwilu et le transfert, ŕ pied, des soldats congolais affectés ŕ Kikwit vers la frontičre Congo-Angola. Mais toutes ces révélations n’ont semblé n’avoir concrčtement aucun effet auprčs des autorités de Kinshasa.
Voilŕ que mardi, un sénateur, et non des moindres, en la personne de Mme Marie-Ange Mufwankolo est, une fois de plus, montée au créneau pour dénoncer, ŕ la pléničre de mardi dernier, les manoeuvres obscures sur la présence des troupes rwandaises ŕ Kikwit, et a réclamé avec force la mise sur pied d’une commission d’enquęte sur cette situation, on ne peut plus préoccupante ŕ Kikwit.
Mme le Sénateur Marie-Ange Mufwankolo a, en effet, révélé que, depuis quelques semaines, la population de Kikwit, évaluée ŕ prčs de mille âmes, vit dans l’angoisse au regard des événements curieux qu’ils sont en train d’observer. Le sénateur Mufwankolo a indiqué que, selon des informations fiables en sa possession, le chef de région militaire de province, qui se trouve ętre membre du MLC et Munyamulenge d’origine, s’est employé ŕ déplacer massivement les soldats congolais basés ŕ Kikwit depuis plusieurs années.
Ces déplacements se faisant ŕ pied, eh ben, a regretté Marie-Ange, les populations qui occupent leur trajectoire subissent exaction, viol et spoliation sur un rayon de 200 ŕ 300 km. En lieu et place des soldats déplacés, le commandant du MLC remplace des soldats ŕ facičs rwandophones.
De surcroît, a renchéri le sénateur natif de Kikwit, sa ville natale, qui ne possčde aucun entreposage aérien, s’est mis ŕ stocker brusquement de grandes quantités de kérosčne. Certains containers, a-t-elle aussi noté, apparaissent dans certains coins stratégiques de la ville avec interdiction formelle d’ętre approchés par la population.
Des soldats nouveaux venus ŕ Kikwit seraient, selon Mme Lukiana, gardés dans des camps, ŕ quelques kilomčtres, en dehors de la ville. Cette situation, a martelé la dame de fer de Pprd, inquičte au plus haut point les kikwitois qui pensent leur paisible et historique ville serait préparé comme base arričre d’un assaut prochain sur la capitale.
La population de Kikwit est donc déçue du fait que le gouvernement d’Union nationale la place aujourd’hui sous la gouvernance territoriale et militaire d’un ex-mouvement rebelle comme si l’on voulait amener la rébellion dans cette province de Bandundu qui y a déjŕ résisté jusqu’au bout.
Mme le Sénateur Lukiana Marie-Ange demande qu’on tienne compte ŕ temps de cette angoisse majeure et légitime de la population de Kikwit pour prendre des mesures sérieuses qui s’imposent en vue d’éviter que des institutions du pays n’interviennent toujours trop tard, c’est-ŕ-dire quand on déplore déjŕ mort d’hommes et luttes armées.
Comme on peut le constater, la situation prévalant ŕ Kikwit fait penser aux pičges de la transition auxquels l’on devrait faire attention, et dont Mme Lukiana avait déjŕ prévenu les gouvernants dans le cadre de la journée dite « Ecole des frčres », organisée derničrement au Centre Lindonge, ŕ Kinshasa. Ces pičges, rappelle-t-on, étaient le noyautage, le Cheval de Troie, l’indiscipline, l’insurrection, au risque de l’implosion du pays.
Il faut noter qu’un autre sénateur, originaire de Kikwit, M. Zuy avait déjŕ plusieurs jours auparavant, livré toutes ces informations sur la situation prévalant ŕ Kikwit, mais aucune mesure concrčte n’avait été prise jusqu’ŕ mardi dernier quand Mme Lukiana revenait ŕ la charge sur cette affaire. Il semble, néanmoins, la pléničre du Sénat a été d’accord sur toute la ligne avec Mme Mufwankolo et son bureau que préside Mgr Marini Bodho a promis de prendre des dispositions qui s’imposent ŕ ce sujet.
Last edited: 07/05/2006 01:03:28