Selon le directeur Dido Kitungua du Crpk, ces effets prohibés par le rčglement intérieur de la prison doivent avoir été remis aux détenus ŕ l’audience par leurs contacts
Surprise ŕ l’audience hier mardi 25 mai 2004 au procčs qui se déroule ŕ la Haute cour militaire sur l’assassinat de Steve Nyembo. Le cours normal de l’audience a été interrompu par la présentation d’une moisson abondante constituée de six portables Gsm; d’un ordinateur et d’un montant de 800 dollars. La perquisition a été opérée au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa.
La cellule du prévenu Charles Alamba Mungako contenait deux appareils: un « motorola » haut de gamme et un « Sony Ericsson », sans oublier un « Nokia 3310 », des cartes prépayées et une somme de 800 dollars. Alain Poussy Katok détenait un ordinateur en plus de son cellulaire, Papy Ekonda et Mokia possédaient chacun un téléphone portable.
Selon le directeur Dido Kitungua du Crpk, ces effets prohibés par le rčglement intérieur de la prison doivent avoir été remis
Aux détenus ŕ l’audience par leurs contacts. Le premier président Camille Nawele a donc décidé de les remettre ŕ l’auditorat général pour mener des enquętes beaucoup plus approfondies, afin de savoir par queue voie ils sont parvenus dans les cellules des prévenus; ŕ quelles communications ont-ils servi et que faisait le détenu Alain Poussy avec un ordinateur dans un lieu pénitentiaire.
Quant au représentant du ministčre public, le premier avocat général Nyembo Yabuzilu, il a souhaité que la Haute Cour puisse demander ŕ Charles Dimoke la raison qui l’a poussé ŕ détenir 800 dollars en prison ; et en passant, il a remercié le directeur du Cprk d’avoir démantelé ce réseau.
La partie civile est montée au créneau pour fustiger le fait. Pour elle, cette perquisition est révélatrice des choses beaucoup plus profondes. Et l’un des avocats de ce collectif n’y est pas allé par le dos de la cuillčre. Il a dit exactement ceci ŕ l’intention de la Haute cour: « Ces criminels savent que cela est interdit, mais ils ont quand męme commis l’infraction. Parmi eux, il y a pourtant un haut magistrat. C’est la preuve que męme en prison, l’association des malfaiteurs continue ŕ fonctionner: le financier a prouvé qu’il a l’argent; le coordonnateur possčde deux appareils et son assistant a un ordinateur. Conclusion : toutes les dépositions des prévenus ont été monnayées. Le chauffeur Mukiefu s’est rétracté le lundi pour avoir touché l’argent ».
L’un de ses confrčres a dit aux hauts magistrats militaires que Charles Alamba, Charles Dimoke et Alain Poussy n’ont peur ni de la loi, ni pour la Haute cour militaire, ni pour le sort qui les attend. « 800 dollars c’est 308.000 Fc. Cela fait le salaire de combien de Congolais? a-t-il interrogé tout en se demandant si cet argent n’était pas destiné ŕ financer une évasion.
Toujours dans ce camp de la panic civile, un autre avocat a voulu savoir pourquoi ces prévenus qui sont censés ętre innocents ont détenu des appareils. Et il en a tiré cette conclusion : « Nous avons ici des personnalités trčs dangereuses, parce que trčs intelligentes dans le mal ». D’autre part, pour cet avocat, bien qu’apparemment détenus, ces hommes étaient ŕ vrai dire en liberté.
Prenant la parole au nom de la défense, Me Mbungu s’est dit trčs déçu de constater que la panic civile était en train de s’accrocher sur des feuilles mortes. Lorsque leurs marmites sont séchées, ils provoquent des infractions.
Pour ce conseil de Charles Dimoke, avoir de l’argent est indispensable pour la vie d’un homme. Il a donc avancé ŕ l’intention de la Haute cour militaire qu’il existe un rčglement pénitentiaire d’ordre intérieur au Cprk. Par conséquent, les objets découverts chez les détenus n’ont rien ŕ faire avec l’assassinat de Steve Nyembo. « Si quelqu’un se trouve en mal de preuves, qu’il attende. A moins que ces 800 dollars aient perturbé le cours normal de votre instruction ». C’est ainsi que Me Mbungu a conclu son intervention.