La ville martyre de Kisangani a connu le mardi 11 mai 2004 une ébullition suite ŕ un mouvement de soulčvement orchestré par les détenus de la prison centrale de la ville, située dans la commune de Makiso. A la base de ce soulčvement, la mort d’un détenu au nom de Nsimba Kizalu alias Mapasa, décédé faute de soins appropriés aprčs que les autorités pénitentiaires avaient rejeté sa demande de se faire soigner dans une formation hospitaličre.

Cette mort a constitué un prétexte pour les autres détenus d’exprimer leur mécontentement et ont mis le feu sur le portail principal de l’immeuble faisant office de prison. Dépęchés sur le lieu pour mater ce qui a ressemblé a une véritable émeute, les policiers, militaires et troupes de la Monuc ont été l’objet de jets de pierres de la part de ces insurgés, qui en fin de compte ont pu ętre maîtrisés.

Ce n’est qu’aprčs les affrontements entre les détenus et les forces de l’ordre, affrontements qui ont entraîné des blessures de part et d’autre, que le vice-gouverneur de la province Orientale, M. Jean-Baptiste Deshwi, le maire de la ville M. Bakoy, le procureur de la République M. Mananga et quelques autres autorités sont descendus sur le lieu de la manifestation pour autoriser l’enlčvement du corps pour son enterrement.

Abordé, M. Kudura Ramazani, le directeur de la prison centrale, a déclaré que ce soulčvement est l’une des conséquences de mauvaises conditions de détention dans lesquelles vivent les détenus, estimés actuellement ŕ 135 personnes parmi lesquelles on retrouve męme les criminels les plus dangereux qui ont sans doute été ŕ la base de cet incident. Il a déploré que cette prison ne dispose męme pas d’un petit dispensaire de secours oů pourraient ętre soignés les cas bénins de maladie.