Kinshasa, 08.05.2001 - Une nouvelle rocambolesque fait actuellement le tour du monde même l'objet des manchettes de certains grands journaux européens dénonçant le pillage des ressources minières de la Rdc. Cette fois-ci, ce pillage ne concerne pas le diamant, ni l'or ou le coltan, mais des matières radioactives. Selon le quotidien français «Le Monde», la République démocratique du Congo est le théâtre d'un important trafic maffieux dans le monde des matières radioactives. Ce trafic, selon la source, va de l'uranium naturel aux matières radioactives et déchets nucléaires.

On doit rappeler que l'université de Kinshasa dispose d'un Centre régional d'études nucléaires (Crenk) dirigé de mains de maître par le professeur Malu wa Kalenga. Le premier réacteur de ce centre a été entièrement construit en 1960 par le Commissariat des sciences nucléaires chargé de l'organisation des recherches dans le domaine médical et agricole.

Au départ, l'activité du Crenk était axée principalement sur la production d'isotopes radioactif et sur l'analyse par accroissement artificiel des propriétés physiques ou biologiques de certains corps. De dizaine des milliers d'échantillons ont été irradiés dans ce centre qui n'offre pas ses services seulement à l'Université de Kinshasa. Ses services s'étendent à des organismes de recherches l'lnera ainsi qu'à des sociétés privées. En tant que Centre nucléaire régional pour l'Afrique centrale, il met toutes ses facilités à la disposition des Africains désireux d'entreprendre des recherches dans le domaine nucléaire.

Cependant, le Crenk s'était déjà doté de deux réacteurs. L'un a été fermé mais l'autre qui fonctionne se trouve dans un très mauvais état. Des déchets nucléaires sont volés, selon le Monde, et revendus sur le marché mondial avec la complicité au sommet de l'Etat.

Les Etats-Unis d'Amérique qui avaient aidé la Rdc à l'équipement du Crenk a déjà exprimé sa volonté de démanteler ce réacteur et de reprendre toutes les matières radioactives et les déchets nucléaires qui présentent des graves dangers pour la santé de la population, mais le gouvernement de Kinshasa traîne le pied pour accéder à la demande des Américains. Les Etats-Unis avaient dépêché, sans succès, une délégation du département américain de l'Energie à Kinshasa.

L'uranium naturel qui fait l'objet d'un trafic frauduleux dans le monde doit provenir de la province du Katanga où sont localisés les gisements de cette matière. La localité de Shinkolobwe regorge des gisements d'uranium parmi les plus importants du monde. D'autres gisements de moindre importance sont localisés à Swambo et à Katongwe toujours au Katanga.

Selon les statistiques disponibles, l'Usine de concentration d'uranium de Shinkolobwe a traité 326.361 tonnes de minerai depuis 1939 jusqu'à sa fermeture en 1961 en raison des difficultés techniques du fait que la mine avait cessé d'être économiquement exploitable. Malgré la fermeture de cette mine, d'autres sources signalent que la Rdc qui était un très gros producteur d'uranium à la fin des années 50 (1.780 tonnes en 1958), selon la revue «Afrique Economie» éditée par l'Ina détient encore des réserves importantes d'uranium. La presse étrangère avait fait état de l'envahissement frauduleux de l'uranium par des clandestins qui exploiteraient même la boue.

L'uranium naturel, une matière stratégique, est utilisé pour la production de l'énergie nucléaire dans les réacteurs ou les piles. C'est un mélange de trois isotopes dont l'isotope 235 radioactif utilisé comme le plutonium dans la fabrication des bombes atomiques.

Les grands producteurs africains d'uranium sont l'Afrique du Sud, le Niger, le Gabon. D'autres réserves sont signalées en Madagascar, en Somalie, au Tchad, au Mali et en Mauritanie. Les Etats-Unis et le Canada sont les grands producteurs mondiaux.

[i]CK, Economica du 08.05.2001[:i]