Une situation ŕ base de religion et qui risque de s’avérer trčs néfaste couve au Bas-Congo. Ce cas qui nous rappelle l’époque des guerres des religions dont les Croisades, oppose les «Bana-Mpeve » (entendez les adeptes du Saint Esprit) qui se réclament du Prophčte Simon Kimbangu aux Chrétiens qui sont traités par les premiers de valets des Blancs. Si les dispositions conséquentes ne sont pas prises, on risque de revivre des incidents du genre de ceux ayant mis au centre les adeptes de Bundu dia Kongo en juillet 2002 !
Les risques d’un affrontement entre les partisans de la secte dite « Bana Mpeve » et les chrétiens s’accentuent de plus en plus dans la province du Bas-Congo, plus précisément ŕ Matadi et dans les territoires de Luozi, Seke-Banza.
Les « Bana Mpeve » dont les activités ont été provisoirement suspendues par l’autorité provinciale, les ont curieusement reprises ŕ la grande surprise de tous. Au lieu de se consacrer ŕ la simple prédication de leur doctrine qu’ils prétendent tirer du prophčte Simon Kimbangu. Les partisans de cette secte se livrent ŕ des invectives contre les chrétiens qu’ils qualifient, selon leurs propres termes, de valets des Occidentaux ayant foulé aux pieds les croyances religieuses de leurs ancętres. D’oů, d’aprčs eux, la succession des malheurs qui s’abattent dans le pays.
Leur état-major est érigé sur une montagne qu’ils appellent «Gora » dans la ville de Matadi. Ils s’habillent en soutane blanche et célčbrent leur culte chaque mercredi. Le dimanche pour eux, est une journée de pričre fixée par les chrétiens occidentaux. Ils prétendent opérer de guérisons-miracles en faisant boire aux malades un bidon d’eau de rivičre chaque jour. Et si le malade n’est pas guéri ŕ la premičre cure, le patient est soumis ŕ la doubler, la tripler ou la quadrupler.
Selon les témoignages recueillis auprčs de ces patients, ces derniers finissent, bien en retard, ŕ recourir aux médecins modernes. Dans des écoles de la place, on enregistre une forte déperdition scolaire, car on laisse croire aux jeunes que les connaissances scolaires de ces Occidentaux sont destinées ŕ les asservir.
Des milliers des gens, illuminés, ont ainsi adhéré ŕ cette secte dirigée par un jeune homme âgé d’une vingtaine d’années seulement et, originaire du secteur Gombe-Sud dans le territoire de Mhanza-Ngungu. Ses partisans le prennent pour un envoyé du prophčte Simon Kimbangu, chargé de parachever l’oeuvre divine que ce dernier n’a pas eu le temps de réaliser suite ŕ son arrestation par les colonialistes belges.
Dans leur action de propagande les « Bana Mpeve » taxent les dirigeants des autres églises de sorciers de grand chemin et des commerçants au service des Blancs entraînant dans leurs rangs les fidčles de ces derniers. Ce qui est ŕ la base d’un véritable climat malsain entre les deux parties en présence dans ces contrées.
Les chrétiens ŕ leur tour, mécontents par la sordide propagande dont ils sont l’objet de la part de ces charlatans, promettent de leur faire voir de toutes les couleurs, au moment indiqué.
Au regard de cette situation, la population du Bas-Congo craint de revivre le bain de sang dont étaient responsables, il y a quelque temps, les adeptes de « Bundu dia Kongo ». L’autorité est invitée ŕ prendre des mesures qui s’imposent pour éviter le pire.