Dans une interview accordée ŕ la presse présidentielle, la journaliste belge restitue les propos de Joseph Kabila
La derničre interview accordée au journal belge, « Le Soir » par le chef de l’Etat a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Ce qui avait suscité le démenti formel du porte-parole du chef de l’Etat Kudura Kassongo. Comme pour mettre un terme ŕ un faux débat, la presse présidentielle vient d’obtenir de Colette Braeckman l’interview ci-dessous. Elle a la particularité de mettre les choses au clair. Dans celle-ci, C. Braeckman dément avoir écrit que le président Joseph Kabila ne va pas se présenter, ŕ l’élection présidentielle. Elle pense plutôt qu’il y a eu une mauvaise interprétation de sa pensée. Mettant ainsi fin ŕ une polémique qui n’avait pas de raison d’ętre. A vous de lire l’interview ci-dessous que nous publions in extenso.
Texte intégral de l’interview accordée le jeudi 29 janvier 2004 par Colette Braeckman du quotidien belge. « Le Soir », ŕ la presse présidentielle
Question : Pourriez vous confirmer la déclaration du chef de l’Etat selon laquelle il ne va plus se présenter aux prochaines élections présidentielles?
Colette B.: II n’a jamais dit cela. Je crois qu’il y a eu une mauvaise interprétation. La question était: Est-ce qu’ŕ la tęte de votre parti, vous allez vous présenter aux élections ? Il a répondu: « moi je n’ai pas de parti, parce que je suis un militaire, un militaire est au-dessus de la politique. A ce stade-ci, dans mon état d’officier de l’armée congolaise, je ne fais pas de politique.
Une sous question que je n’ai pas reproduite, j’ai dit: « Vous pouvez aussi démissionner de votre poste d’officier? ». Le Président a répondu: « la décision n’est pas prise, la question ne se pose pas parce que pour le moment, j’ai un travail ŕ faire qui est de conduire ce pays aux élections.
Cela ne veut donc pas dire qu’il ne se présentera pas demain comme candidat. Mais aujourd’hui, au moment oů moi j’ai pose la question, pour lui la question ne se posait pas.
Question : Comment avez-vous accueilli la polémique autour de ce problčme?
Colette B. : J’étais un petit peu étonnée de la polémique, parce que pour moi, je sais trčs bien qu’en français, si le Président dit quelque chose au présent, cela ne veut pas dire qu’il affirme au futur. « Je ne suis pas candidat aujourd’hui ne veut pas dire que je ne serais pas candidat demain ». Pour moi donc, il n’y a aucune mauvaise interprétation possible. J’étais un peu étonnée de cette polémique.
Il n’est pas candidat aujourd’hui parce qu’il est militaire, cela ne veut pas dire que demain il ne va pas prendre une autre décision. Il est tout ŕ fait libre.
Question: Est-ce que vous avez un message clair et précis ŕ adresser au peuple congolais en vue de dissiper ce malentendu?
Colette B.: Il faut garder un esprit logique et dire qu’aujourd’hui le Président est au-dessus des partis politiques et il est officier de l’armée. Dans cette situation-ci, il n’est pas candidat. Mais il est parfaitement libre de quitter l’armée demain et de prendre peut-ętre cette décision lŕ. Mais qu’on n’anticipe pas.
La population doit ętre rassurée parce que le Président est un homme qui sait ce qu’il fait et il connaît le timing des choses ; il connaît le calendrier. Il ne va pas annoncer aujourd’hui une décision qu’il ne prendra que demain ou aprčs demain. Il n’y a donc aucun problčme.
Kinshasa, jeudi 29 janvier 2004