Nous y passions assez de temps en week-end surtout, pour contempler les espčces animale; difficiles ŕ rencontrer dans une cité urbaine. Le jardin zoologique a été prospčre jusqu’ŕ la moitié de la décennie 1980. On y découvrait les gorilles, les ours, l’éléphant, le lion, le crocodile, le léopard... Ce fut en fait un véritable parc récréatif de ręve pour les familles, les copains, les amis, etc.

Déclin

Peu ŕ peu, tout le monde assistait ŕ la décadence de ce parc, en dépit de la présence toujours nombreuse des espčces. La dégringolade du jardin zoologique a transpiré premičrement par la déchéance de la santé des animaux. Puis ceux-ci ont commencé ŕ disparaître progressivement, ŕ commencer par l’éléphant, une bęte qui attirait le plus de visiteurs au jardin zoologique. Avec les animaux, le personnel du jardin commençait ŕ déserter, en raison de l’étiolement des recettes.

Les visites se sont raréfiées et les ressources étaient ramenées au seul droit de passage payé par ceux qui préfčrent le raccourci afin de rejoindre l’ex-hôpital Mama yemo.

Vers la moitié des années 1990, une Ong patronnée par une allemande a pu gagner la gestion du jardin. Les visites ont alors repris avec le retour de certains animaux dont le Léopard et les lions. Plusieurs terrasses avaient ouvert, des donateurs s’étaient manifestés pour témoigner leur amour pour les animaux. Malheureusement, le changement de régime intervenu au pays va sonner le glas du jardin zoologique. Et trčs profondément.

Vertige

Aujourd’hui, le zoo est devenu l’ombre de lui-męme; une immense foręt rappelant des villages dans la corne de l’équateur. Plus rien ŕ découvrir. A la place d’une visite de plusieurs heures comme par le passe, quelques minutes suffisent pour parcourir les quelques serpents encore vivants dans ce sanctuaire. En toute logique, on doit plutôt parler d’un jardin anthropologique. L’homme est, en effet, le nouveau pensionnaire de ce site. A titre purement indicatif, on peut souligner la situation de l’ancien logis des ours.

Cette grotte, sert aujourd’hui d’habitation pour les enfants abandonnés. Beau spectacle que celui auquel ils m’ont convié une matinée en y disparaissant comme autrefois l’animal féroce. A la seule différence que l’eau a séché et les shégués ont posé des portes ŕ l’entrée de la grotte. Maints autres sanctuaires jadis occupés par des animaux, hébergent aujourd’hui des hommes.

A cette premičre race d’hommes se greffe la catégorie des friands des sentiments. La journée comme le soir des amants se retirent sous les nombreux arbres du jardin pour le plaisir du corps (mieux du coeur). Ce sont des couples en grand nombre que l’on aperçoit partout le jardin est intensément sollicité. Cela en raison du prix d’accčs, a confessé un travailleur. Avec une facture de 50 FC chacun, des conjoints franchissent allčgrement le portail du jardin pour se retirer de regards des passants dans la rue.

« Ce que l’on fait ŕ l’intérieur ne nous intéresse pas », a poursuivi l’homme. Pour eux, l’essentiel et de payer le droit de visite qui s’élčve ŕ 50 FC. La moisson journaličre est quand męme appréciable d’autant plus que beaucoup de gens préfčrent emprunter ce raccourci pour déboucher sur l’avenue du commerce en provenance des communes de Kinshasa et Lingwala.