Trois immeubles du quartier administratif de la Gombe sont au centre d’une vaste tentative d’escroquerie. Le premier, dénommé Mongala est situé en face du building le Royal. Le deuxičme (ancienne propriété de la Sabena) a eu pour nom « 20 Mai » et longe le boulevard du 30 juin, au numéro cadastral 2749. Le troisičme (encore ex- Sabena) jadis appelé « 24 novembre », est également bâti le long du boulevard du 30 juin et porte le numéro cadastral 960. Quelle est la trame de cette ténébreuse affaire immobiličre? Le Potentiel s’est intéressé ŕ ces trois immeubles en décrépitude comme le sont la quasi-totalité des immeubles appartenant a l’Etat congolais.

Selon des documents en notre possession, un certain Richard Vandevyver, représentant d’une société beige dénommée Atenor Group S.a., spécialisé dans la gestion et la réhabilitation des immeubles, se serait engagé ŕ s’associer ŕ l’Etat congolais pour créer une société dénommée Alta Invest. Celle-ci aurait pour mission de conduire des projets de réhabilitation et de gestion des immeubles ŕ Kinshasa.

Dans le montage, Richard Vandevyver propose ŕ l’Etat congolais de constituer une société anonyme dénommée Alta Invest dont le capital serait ŕ 202 020 299 Fb. Les apports ŕ cette entreprise seraient de 200.000.000 Fb en nature, pour l’Etat congolais, et d autre part de 2 020 200 Fb pour le groupe Atenor Group S.a.

Lŕ oů l’affaire devient opaque, c’est quand le protocole d’accord signé en date du 24/04/2000 en trois exemplaires par pour Richard Vandevyver et le ministre yagi Sitolo et légalisé dčs le lendemain par M. Jean Bifumu, notaire de la ville de Kinshasa, porte curieusement la signature de M. Venant Mukeba Mumbwe. Alors directeur adjoint du cabinet du chef de l’Etat, chargé des questions économiques.

Le protocole d accord précise que ce dernier agissait pour le compte du Portefeuille de l’Etat. Selon ce projet d’accord établi par M. Richard Vandevyver, l’apport de l’etat congolais estimé, on ne sait sur quelle base ŕ 299.000.000 Fb serait constitué des trois immeubles cités ci-haut.

Le męme protocole d’accord explique la curieuse générosité de l’Etat congolais envers la société privée belge comme étant la compensation pour les dettes que détiendraient des tierces personnes étrangčres sur l’Etat congolais. Notamment ŕ la suite de la zaďrianisation de la société Cometric et ensuite de la nationalisation par le gouvernement de l’Afdl de 60 pour cent de parts que la société belge Atenor Group SA aurait détenues dans la société New Daipn Sprl. Le plus surprenant dans ce curieux montage financier, c’est qu’on ne connaît pas sur quelles bases les différentes expertises, évaluations et compensations ont été faites.

LE MINISTRE YAGI SITOLO : « NI VENDUS, NI CEDES... »

Contacté par Le Potentiel pour en savoir un peu plus sur cette affaire dans la mesure oů il exerçait les fonctions de ministre des Travaux publique ŕ l’époque des faits, M Yagi Siolo l’actuel ministre de la fonction publique, a été catégorique. Ces immeubles sont la propriété de l’Etat congolais ils ne sont ni vendus, ni cédés, ni autre chose. Et M. Yagi Sitolo de préciser qu’il a tout mis en oeuvre pendant la période sus indiquée pour permettre ŕ la République démocratique du Congo de recouvrer son droit de veto sur ces immeubles et de les revaloriser. Il a cependant reconnu que l’Etat congolais était en procčs contre Atenor en Belgique et que cette société a gagné le procčs. Ce qui permet ŕ cette derničre de disposer des certificats d’enregistrement des immeubles Sncc, Chanic, pour ne citer que ceux qui sont situés en Belgique. « Mais l’Etat congolais est en association avec la société Atenor représentée ici par Richard Vandevyver a tenu encore ŕ préciser M. Yagi Sitolo qui attribue certains propos sur la verne de ces immeubles ŕ des personnes qui maîtrisent mal le dossier.

Cependant, par sa lettre n°MIPIARECO/O110/CAB.MIN/TT/SL./002, adressée ŕ son collčgue des Travaux publics, Dénis Kalume Numbi, alors ministre au Plan et ŕ la Reconstruction nationale, l’informe de la décision des membres de l’Ecofin qui, ŕ l’unanimité avaient remis en cause l’accord concernant la cession de ces immeubles. Car, les signataires n’avaient pas été mandatés par des instances supérieures.

De son côté, le Procureur général de la République de l’époque, Luhonge Kabinda Ngoy, réagit dans le męme sens. Par sa lettre n°4288/D023/1 580/SEC/ PGRIOO2, il explique les motifs de son intervention en faveur du patrimoine de l’Etat qui tend ŕ ętre, injustement et illégalement spolié Et de préciser : En effet, en examinant attentivement les dispositions de ce protocole d’accord, Alta Invest, société a économie mixte, avait été constituée pour la gestion et réhabilitation des immeubles concernés. A l’article 4, qui traite de financement, les immeubles concernés sont UN APPORT DE L’ETAT dans cette société. De lŕ ŕ faire sortir ces immeubles du patrimoine de l’Etat pour en faire la propriété de ALTA INVEST alors que le chef de l’Etat n’a signé aucun acte ŕ ce sujet, il n’y a qu’une spoliation pure et simple qui ne peut ętre admise.

LA BALLE DANS LE CAMP DU PROCUREUR GENERAL

Nous concédons ŕ chacun la responsabilité de ses propos. Mais nous ne pouvons nous empęcher de dire, dans ce dossier, qu’il existe une tentative d’escroquer l’Etat congolais. C’est pourquoi nous renvoyons maintenant la balle dans le camp du Procureur général de la République afin qu’il initie des réquisitions d’information sur le sujet. Car, il ne revient ŕ personne, męme pas ŕ l’Etat congolais, d’aliéner les biens et les droits du peuple congolais, moins encore de se substituer ŕ l’Office de gestion de la dette publique (Qgedep).