Agée de 31 ans, Mireille est morte vendredi dernier sous le choc fatal d’une branche de l’eucalyptus tombée sur elle. Vendeuse de manioc cru, des cacahučtes et d’autres petits effets, cette jumelle et célibataires sans enfants avait pourtant fui la pluie qui avait été précédée d’un vent fort en début d’aprčs-midi du vendredi. Habitant sur l’avenue Kisantu n°6, au Quartier 1 ŕ N’Djili, elle avait ramené chez elle sa petite marchandise. Selon les informations parvenues au Phare, elle est rentrée sous les eucalyptus du Quartier 1, oů elle avait l’habitude de vendre, pour récupérer une bassine ou un tabouret resté ŕ son lieu de négoce. C’est ŕ ce moment-lŕ qu’une branche de ces arbres qui forment une zone boisée ŕ l’entrée de la commune de N’Djili, est tombée sur elle, la tuant sur le champ.

Deux agents de la police ont empęché sa famille, habitant non loin du lieu du drame, de prendre le corps de la défunte. Ils ont fait appel ŕ la Croix-Rouge qui l’a acheminé ŕ la morgue de la Clinique Bondeko. Démunie, cette famille compte sur l’autorité urbaine afin de prendre en charge les frais funéraires de sa fille. Le corps a été retiré le samedi pour le domicile de la défunte.

C’est ici le lieu d’interpeller les autorités compétentes et la population sur le danger que représentent ces milliers de vieux arbres qui bordent les grandes artčres de la capitale. Il y en a qui doivent ętre déracinés et d’autres élagués. L’autorité publique donne malheureusement l’impression de se désintéresser de la question, au point que les dégâts tant humains que matériels se comptent par centaines aprčs chaque pluie ŕ Kinshasa. La semaine derničre, un arbre est tombé sur une voiture, heureusement non occupée, stationnée pas loin de la station service Elf, ŕ N’Djili. La voiture est déclassée.

Par ailleurs, plusieurs compatriotes ne tiennent pas compte de ce danger permanent. Certains ont installé des terrasses sous ces terribles eucalyptus de N’Djili, oů un petit marché pirate d’une dizaine de tables se consolide. Des pičces de rechange pour véhicules sont aussi exposées dans le męme périmčtre dangereux. Le bourgmestre de cette commune, soutenu par le gouverneur de la ville, devrait prendre des mesures appropriées pour préserver du danger cette population insouciante.

Vendredi dernier, en voyant la branche tuer Mireille vers 14h30’, les occupants de ces terrasses ont quand męme eu l’idée de fuir cette zone ŕ haut risque. Si l’on établissait un rapport régulier aprčs chaque pluie, on se rendrait facilement compte des dégâts énormes que causent ces arbres, qu’il faudrait abattre ou élaguer. C’est aussi ça gouverner la cité, messieurs de l’Hôtel de ville, des communes et du ministčre de l’environnement. Tout comme la presse, les Ong de défense de droit d l’homme devraient rappeler ŕ ces autorités leur devoir d’assurer la protection de personnes et de leurs biens.