« Nous ne l’avons pas décapité… Avant de l’emballer dans une « mousse », d’asperger de l’essence et de le brűler , nous avions coupé le sexe… cet organe génital a été remis au commanditaire en guise de trophée »
Vendredi passé, il a été procédé ŕ la présentation d’une quarantaine de criminels qui ont réussi ŕ mettre Kinshasa ŕ feu et ŕ sang, en présence du ministre de l’Intérieur, Théophile Mbemba Parmi ces bandits, figure la dizaine qui avait fauché de façon odieuse, Steve Nyembo, Directeur des Ressources Humaines ŕ la Dgi.
Compte tenu de nombreuses zones d’ombre qui entourent cette affaire, les fins limiers du Palmarčs dont on connaît la sagacité, n’ont pas résisté ŕ la tentation de puiser dans leurs réserves des Stratégies afin de tirer les vers du nez de l’un des protagonistes. Mission trčs bien accomplie, en dépit de moult embűches parsemées sur notre chemin.
Dans le jeu de questions et réponses que l’on va découvrir ci-dessous, l’un des criminels apporte des éclaircissements sur ce qui s’est réellement passé en cette nuit noire. Męme si l’a requis l’anonymat pour des raisons évidentes et s’est interdit de révéler l’identité des commanditaires, il ne reste pas moins vrai que, lecture terminée, cette interview ŕ l’avantage d’éponger les stigmates de certaines rumeurs qui ont couru ŕ Kinshasa, comme une traînée de poudre.
Q. : Reconnais-tu que c’est toi et tes autres camarades qui avez donné la mort de façon inhumaine ŕ Steve Nyembo ?
R. : Oui, je le reconnais et tous, nous le regrettons ŕ présent.
Q. : Le connaissiez-vous avant de le tuer ? Aviez-vous un quelconque conflit avec lui ?
R. : Pas du tout. Nous ne le connaissions męme pas mais nous étions payés pour exécuter une mission : le tuer. Pour les préparatifs avant de passer ŕ l’action, nous avions rencontré l’émissaire des commanditaires dans deux terrasses situées ŕ Binza-Ipn. Avec ce dernier, nous avions peaufiné toutes les stratégies qui ont conduit ŕ l’aboutissement de l’opération.
Q. : Et les commanditaires, les avez-vous rencontrés ne fűt-ce qu’une fois ? Comment s’appellent-ils ?
R. : Nous ne les avons jamais rencontrés. Comme je vous l’ai dit, nous avions été deux fois avec leur émissaire en vue de finaliser.
Q. : Et combien vous avait remis cet émissaire ?
R. : Euh... 3.000 dollars.
Q. : Et la nuit du drame, vous vous étiez présenté devant la parcelle de l’illustre disparu. Comment expliques-tu la facilité avec laquelle vous vous étiez introduits dans la parcelle ?
R. : D’abord, nous avions déjŕ discrčtement visité le terrain, notamment la devanture oů était située une pharmacie que tenait l’épouse du disparu. Ce qui fait que la nuit, nous avions, en peu de temps, coupé l’anti-vol de la pharmacie avec des cisailles. L’un d’entre nous avait ainsi pénétré, puis coupé l’électricité, avant de faire sauter le cylindre de la serrure ŕ l’aide d’un balle. Une fois ŕ l’intérieur de la parcelle, il ne nous a pas été difficile de maîtriser la sentinelle et l’agent de Mamba Sécurité qui étaient sur les lieux.
Puis, en utilisant les męmes procédés, nous avions réussi ŕ pénétrer dans la maison. En dépit de l’obscurité, nous avions pu localiser notre cible et l’avions traînée jusqu’au salon. Aprčs avoir isolé sa femme et ses enfants, nous lui avions logé deux balles qui lui ont coűtées la vie.
Q. : Dčs lors, pourquoi l’aviez-vous décapité alors que vous aviez déjŕ réussi ŕ le tuer ?
R. : C’est faux, vieux...Nous ne l’avions pas décapité... C’est vraiment faux...
Q. : Et qu’aviez-vous fait par la suite ?
R. : Nous avions d’abord exfiltré sa femme et ses enfants afin de les épargner.
Ensuite, comme il y avait une couverture et une « mousse » qu’un enfant avait utilisées pour dormir au salon, nous avions emballé le corps dans la couverture puis dans la mousse.
En suite, nous avions aspergé de l’essence contenue dans un bidon que nous avions emmené avec nous et avions allumé le feu.
Q. : Vous n’aviez donc procédé ŕ aucune mutilation sur le corps ?
R. : Ah ! Oui... J’allais oublier : Avant de calciner le corps, nous avions coupé le sexe. C’était une exigence de l’un des commanditaires. Il voulait se rassurer que le travail était effectivement fait.
Q. : Et qu’avez-vous fait de ce sexe ?
R. : Nous étions allés le remettre a qui de droit dans une terrasse ŕ Binza-Ipn oů il nous attendait.
Q. : Mais, il semble qu’avant d’exfiltrer la femme et les enfants, vous aviez, par la suite, exigé que madame vous remette l’argent que vous aviez refusé au départ ?
R. : Oui. Elle nous avait donné 150 dollars et 10.000 FC.
Q. : Et maintenant, ętes vous conscients de la gravité de l’acte que vous avez pose ?
R. : Mais, bien sűr. Nous le regrettons amčrement.
Q. : As-tu un dernier mot ?
R. : Mes amis et moi-męme, demandons pardon aux autorités et au peuple Congolais. Nous reconnaissons que nous avions mal fait. Mais, ne dit-on pas qu’une faute avouée, est ŕ moitié pardonnée ?(FP)
Last edited: 07/05/2006 00:47:36