Paiement de la solde des policiers et des soldats. Désarmement forcé des civils. Multiplication des contrôles routiers
Le gouvernement a décidé de mettre, « de ce jour », des moyens conséquents ŕ la disposition de la Police Nationale congolaise (Pnc) et de l’armée pour endiguer la recrudescence du banditisme et de l’insécurité ŕ Kinshasa et dans le reste du pays, a annoncé samedi ŕ Kinshasa le vice-président de la République en charge de la Commission de la politique, de la défense et sécurité, Me Azarias Ruberwa.
Cette décision, a-t-il précisé lors d’une conférence de presse tenue en son cabinet samedi, est accompagnée d’une série de mesures relatives notamment au paiement de la solde des soldats et des policiers, ainsi qu’ŕ l’amélioration de leurs conditions sociales.
Le gouvernement a également décidé du renforcement des contrôles routiers et du désarmement force de civils, de l’évaluation des services de gardiennage et de l’accroissement des patrouilles mixtes de contrôle.
Par ailleurs, des dispositions ont été arrętées ŕ l’encontre des groupes armés qui continueraient ŕ traquer la population ŕ l’Est du pays. Celles-ci concernent notamment l’implication active du gouvernement dans l’opération Désarmement, démobilisation, regroupement, rapatriement et réinsertion des groupes armés (Ddrrr), a encore indiqué Me Azarias Ruberwa.
Faut-il se réjouir de la prise de ces premičres décisions gouvernementales? La population veut juger le gouvernement par les faits, selon des Kinois interrogés hier dimanche par Le Potentiel, devant l’insécurité grandissante observée dans la ville de Kinshasa.
Dans son édition 2930 du 19 septembre 2003. Le Potentiel avait livré les premiers résultats de ses investigations sur cause de l’insécurité dans la capitale, parmi lesquelles le mécontentement des policiers et des militaires lié ŕ leurs conditions sociales. Dčs lors que le gouvernement a pris en compte ces préoccupations, il faudrait qu’il élargisse les mesures ŕ d’autres groupes de la population active.
Premier bilan du gouvernement
Me Azarias Ruberwa Manywa a saisi l’opportunité de sa rencontre avec la presse pour faire le bilan de l’activité du gouvernement durant les deux premiers mois de son exercice, en jetant un regard sur le processus de paix et de réunification en République démocratique du Congo.
Deux mois et demi aprčs la nomination du gouvernement le 30 juin 2003, les autres institutions de la transition affichent complet. Il s’agit de l’Assemblée nationale, du Sénat, de l’armée - en l’occurrence de l’Etat-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo et de cinq institutions d’appui ŕ la démocratie. « Aujourd’hui, toutes les institutions prévues dans l’Accord global et inclusif et dans la Constitution sont installées », a souligné Me Ruberwa.
Selon le vice-président de la République en charge de la Commission politique, de la défense et de la sécurité, il y a lieu de considérer, d’une part, que le processus est en marche et que, de l’ autre, le leadership attendu des responsables de la transition est en train de prendre corps.
Pour lui, toutes les décisions prises récemment par le gouvernement avaient pour finalité de favoriser la réunification du pays, d’autant plus quelles concernaient tous les secteurs de la vie nationale. C’est le cas, entre autres, de l’autorisation accordée ŕ tous les partis politiques de fonctionner sur l’ensemble du territoire national, en attendant l’adoption d’une nouvelle loi par le parlement, a soutenu Me Ruberwa.
Il a adressé de vives félicitations aux Congolais, surtout les Kinois, pour leur patience éprouvée dans le processus politique, en général, et dans l’installation des institutions en particulier. De son point de vue, « le bilan du gouvernement est suffisamment positif », car aussitôt installées, les institutions on commencé ŕ fonctionner normalement.
S’agissant de la structure présidence de la République ou de ce qui est convenu d’appeler « espace présidentiel », Me Ruberwa a affirmé que le climat y était « bon ». Les quatre vice-présidents se retrouvent souvent autour du chef de l’Etat pour « exercer le leadership ŕ travers les réunions de concertation et d’orientation ».
LA CAPACITE DE CONCLURE CHAQUE QUESTION
Abordant le point lié au gouvernement composé de 66 personnes président de la République, 4 vice-présidents, 36 ministres et 25 vice-ministres. Me Ruberwa a apprécié positivement la « capacité de conclure chaque question avec une vision trčs nette ». Et ce, malgré les contradictions qui surgissent lots des débats dans un gouvernement constitué de toutes les composantes et entités belligérantes d’ hier, de l’opposition politique non armée et de la société civile.
Il s’est réjoui de ce que toutes les décisions prises par le gouvernement faisaient bouger le pays dans tous les secteurs et favorisaient la réunification de la Rdc. Ce qui était autrefois un ręve est devenu une réalité aujourd’hui dans la plupart des domaines. Au fur et ŕ mesure, le gouvernement prend des décisions qui relčvent de la vie nationale, du secteur politique, économique, du développement, et socio-culturel.
« Je crois que si le gouvernement continue avec autant de bonne volonté et si tous les dossiers sont instruits, il y a lieu de croire que la transition va ętre une réussite ; nous la voulons non conflictuelle comme nous n’avons cessé de le dire, a affirmé avec conviction Me Ruberwa. Avec la bonne volonté affichée des uns et des autres, il pense que la traversée du désert pourrait bientôt devenir un lointain souvenir.
Toutefois, le succčs de la transition dépend,- selon le vice-président de la République, de la qualité du travail de l’Assemblée nationale : adoption de son réglementer d’ordre intérieur, vote des lois « plus équilibrées et plus modernes », portant notamment sur le fonctionnement des partis politiques et l’amnistie.
Mais, au-delŕ du tableau qu’il a peint avec optimisme. Me Azarias Ruberwa a conscience tout de męme que le processus de réunification doit ętre parachevé et que soit trouvée une solution ŕ la question de l’armée. Il faut aussi une issue pour les groupes armés congolais et étrangers qui ne font pas partie du processus et qui traquent la population congolaise, a-t-il prévenu, estimant que ces structures constituent une véritable menace pour la Rdc et les pays voisins.
Lors de sa prochaine réunion, le gouvernement va adopter le programme d’actions pour la transition et le budget 2003 réaménagé, a révélé le vice-président de la République en charge de la Commission politique, défense et sécurité.
Last edited: 07/05/2006 00:45:00