Deux causes majeures asphyxient ces deux compagnies: la premičre a trait ŕ la gamme illimitée des impôts et taxes leur imposées de maničre désordonnée. Et la seconde cause apparente le libertinage caractérisé par des autorisations d’importations du sucre et de la farine
Les deux géants économico-financiers du Bas-Congo, la Compagnie sucričre de Kwilu-Ngongo et la Minoterie de Matadi (Midema) sont trčs malades. Et si l’on ne prend garde leur situation s’empirera trčs rapidement avec des conséquences incalculables.
Déjŕ, des effets coercitifs se manifestent et se poursuivent allant de l’effritement de leurs performances, ŕ la perte d’emplois pour plusieurs centaines de travailleurs, sans omettre la révision ŕ la baisse des avantages sociaux jadis acquis pour ceux encore au service tendance ŕ la disparition des soins médicaux appropriés, fermeture des foyers sociaux et simplification des systčme éducatifs de la jeunesse.
Cette panique est confortée par la destruction volontaire d’un nombre important des champs de cannes ŕ sucre et des camps de travailleurs pour la Sucričre de Kwilu-Ngongo et la suppression de la branche agricole de Ngimbi pour la Midema.
Entre temps, plusieurs autres signes alarmants se remarquent d’ailleurs analogues ŕ ceux qui conduisirent tant d’autres compagnies et sociétés ŕ leur disparition et ŕ leur faillite.
Pourtant tout le monde est l’accord pour reconnaître que l’unique et seule voie du développement de la République Démocratique du Congo passe par la production locale.
Sans ces unités de production de la trempe de la Sucričre et de la Midema, espérer le pays de la léthargie c’est-ŕ-dire rehausser son économie et créer des emplois pour les Congolais, demeurera du domaine de la fiction.
De ce qui précčde, il y a lieu d’épingler deux causes majeurs qui asphyxient ces deux compagnies qui, pourtant, avaient auparavant bravé vents et marées, et soutenu l’économie tant nationale que celle du Bas-Congo.
La premičre a trait ŕ la gamme illimitée des impôts et taxes leur imposes de maničre désordonnée. Et la seconde cause apparente le libertinage et non la libéralisation économique caractérisée par des autorisations d’importation du sucre et de la farine tendancieuses et intéressées.
En ce qui concerne les impôts et taxes, il ressort qu’ils sont ŕ la base de la révision ŕ la hausse des prix du sucre et de la farine. Car toute considération partisane mise ŕ part, il appert que l’imposition de l’impôt sur le chiffre d’affaires nouvellement instaurée sur mois de juin est venue alourdir celui sur la consommation. Cette double imposition est ŕ la base du bouleversement des données sur le marché du sucre et de la farine.
A titre illustratif, le prix du sucre qui était ŕ 9,490 Fc le sac de 50 kg pour le producteur est passé ŕ 10.400 Fc pour dégager sans transition une augmentation de l’ordre de 490 Fc par sac. Ce qui n’est pas pour aider le panier de la ménagčre, les salaires des agents de l’Etat se rapprochant de 1500 FC.
D’autre part, on ne peut pas passer sous silence la multitude des taxes de différents ministčres imposées ŕ des sociétés, entre autres celles initiées par les Transports et communications, l’Environnement, les Mines, les Affaires foncičres, le Commerce extérieur Industrie, petites et moyennes entreprises, l’Energie, les Affaires culturelles, l’Economie nationale, le Gouvernorat du Bas-Congo, la Direction générale de impôts, la DGRAD, le FPI, l’INPP et l’INSS.
Loin de nous l’idée de chercher ŕ supprimer toutes ces impositions, il est néanmoins établi que le gouvernement de transition devra y mettre de l’ordre, d’abord en harmonisant leur perception ŕ l’image du guichet unique. Ceci parce qu’il y a une seule caisse du trésor public et pour éviter que la diversité et la multitude des percepteurs n’aient la facilité de donner ŕ l’argent du contribuable une destination inconnue. Sans oublier qu’il serait plus intéressant de ne retenir que les taxes les plus utiles et abolir celles qui existent bien que par la volonté de leur créateur et pour les besoins de la cause. Tout cela dans le cadre de dévoiler des désagréments camouflés et assurer une protection juste des unités de production.
La deuxičme cause non moins importante crucifie celle-lŕ la Sucričre et la Midema au poteau. Il s’agit des entreprises et maison d’importation qui ne sont nullement frappées d’autant d’impôts et taxes que les deux précitées. Elles bénéficient de plus de facilités que les sociétés producteurs nationales ; allant de l’exonération de certains de leurs produits ŕ l’évacuation beaucoup plus rapide et facilitée de leurs marchandises en passant par des conditions beaucoup plus légčres d’entreposage dans les dépots-magasins de l’Onatra et des notes de crédit ŕ la place de régler les factums de transport. Par contre pour la Sucričre et la Midema, des brefs délais leur sont accordés pour le dédouanement, faute de quoi les frais de magasinage et des pénalités les menacent.
Et sur le marché, ces contraintes se traduisent par des prix de revient et de vente dont le niveau pour la Sucričre et la Midema celui des produits importés avec risque certain de mévente.
Pour ne pas mettre les clés des usines et ateliers sous le paillasson, les dirigeants de ces deux géants affűtent leurs armes pour chercher d’écouler leur production ailleurs, se sentant abandonnés par l’Etat Congolais. C’est dans cet ordre d’idées que ceux de la Compagnie sucričre mettent le paquet pour exporter son sucre roux adulé ailleurs. En effet, les clients auraient déjŕ été trouvés et les préparatifs pour ce faire vont bon train.
C’est dans cet ordre qu’une délégation de la Sucričre conduite par son administrateur-délégué a visité il y a quelque temps les installations portuaires de Matadi oů ils vont ętre bientôt aménages les dépôts qui contiendront le sucre devant sortir du Congo alors que les besoins du pays sont trčs loin d’ętre comblés.
Enfin, tout est démontré que la Sucričre de Kwilu-Ngongo et la Minoterie de Matadi passent de mauvais quart d’heure par manque d’une politique d’encadrement des unités de production devenues vaches ŕ lait de certains. Parce que les difficultés évoquées ci-avant sont réelles et appellent l’attention trčs particuličre du gouvernement de transition qui doit relever l’Economie nationale et donner de l’emploi aux Congolais.
Il serait alors opportun d’étudier et de réaménager le code des impôts et taxes en vue de stimuler les unités de production du pays. Et de se persuader qu’il est grand temps de freiner les importations désordonnées qui asphyxient l’économie nationale et facilitent le blanchissement de l’argent sale. Cela s’appelle corriger les maničres prédatrices qui, hier, visaient les intéręts personnes.
La Sucričre de Kwilu-Ngongo et la Minoterie de Matadi demandent que le gouvernement les autorisent ŕ importer la quantité nécessaire de sucre et de farine pour couvrir les besoins du pays et pour éviter la rupture de stock. C’est la seule façon de faciliter le contrôle, de stabiliser aussi les prix qui seront révisés sans doute ŕ la baisse, les impôts et taxes ayant été harmonisés. De cette façon seulement l’exportation sera arrętée et la performance des unités locales restaurée
Dégraissage des effectifs ŕ la sucričre de kwilu-Ngongo
La compagnie sucričre de Kwilu-ngongo, dans le Bas-Congo a procédé derničrement au dégraissage de ses effectifs pour lui permettre de faire face ŕ la conjoncture économique contraignante que traverse cette entreprise d’économie mixte. Mme Bernadette Makaya, inspectrice provinciale du Travail au Bas-Congo qui a livré cette information ŕ l’ACP a laissé entendre que la Sucričre de Kwilu-Ngongo qui employait prčs de 4.000 travailleurs avait été autorisée par le pouvoir public, aprčs étude de sa requęte par les services compétents, de dégraisser son personnel pour ne retenir que 3.324 agent. La conjoncture économique du pays minée par les 5 ans de guerre d’agression et la concurrence déloyale des entreprises importatrices du sucre étranger, sont ŕ l’origine des difficultés économiques de la Sucričre de Kwilu-Kongongo, rappelle-t-on.(FP)
Last edited: 07/05/2006 00:44:33