Avant que les médias du monde se penchent sur le cas de l’ancien commandant de la Garde civile de Mobutu, le général Kpama Baramoto, le quotidien L’Avenir était le premier ŕ révéler ŕ l’opinion les déboires de l’ancien homme de confiance du maréchal Mobutu Sese Seko. Par la męme occasion, nous annoncions, l’information que nous détenions de la męme source sur la perquisition de la résidence de l’ancien premier ministre congolais, Léon Kengo wa Dondo.

Cette nouvelle nous avait valu un démenti de Kengo wa Dondo. Pour lui, sa résidence n’avait jamais été perquisitionnée et qu’il n’avait aucun ennui judiciaire. Son retour au pays, avait-il soutenu, n’était qu’une question de quelques formalités. Il nous revient pourtant de 1a męme source que la maison de Kengo wa Dondo a été bel et bien perquisitionnée. Notre source pane męme de quatre fois perquisitionnée.

Cependant, que Kengo wa Dondo ait des ennuis judiciaires ou non ŕ Bruxelles, cela n’influe pas directement dans le quotidien des Congolais. C’est pour cette raison que l’opinion nationale ne s’est pas émue outre mesure ŕ l’annonce de cette nouvelle. Mais lŕ oů les choses se passent autrement au point de provoquer l’émoi dans l’opinion nationale, c’est lorsqu’on cite l’ancien premier ministre dans un dossier de coup de force pour renverser les institutions consensuellement mises en place aprčs plus de deux ans des laborieuses négociations.

La question que plus d’un Congolais se posent est de savoir comment Kengo qui est resté longtemps ŕ l’écart de la logique de la force pour conquérir le pouvoir, pendant que beaucoup de ses anciens collaborateurs ont accouru soit ŕ Goma soit ŕ Gbadolite, il peut aujourd’hui décider de recourir au coup de force contre les institutions en place. Si tel est réellement le cas, il n’y aurait pas meilleur sadique que Léon Kengo we Dondo. Il peut donc ętre considéré comme le plus grand ennemi du peuple congolais.

Pour réussir cette sale besogne, le trio SBK (Seti-Baramoto-Kengo) mettrait toutes les batteries en marche. Il nous revient que c’est Seti Yale qui aurait fait venir Baramoto des Etats-Unis d’Amérique avec un faux passeport portugais. Son séjour prolongé ŕ l’aéroport de Zaventem a pour motif officiel, le séjour irrégulier sur le sol belge et détention de faux documents.

Dans certains milieux, on fait savoir que Baramoto a bien d’autres chefs d’accusation autrement plus accablants. On parle notamment du projet de déstabiliser les institutions de la transition congolaise. Présenté comme un projet des mobutistes pour soi-disant venger le maréchal Mobutu, ce projet est déjŕ dénoncé par les milieux mobutistes. Il nous revient que si le trio SBK veut faire un coup de force contre les institutions du pays, cela n’a rien ŕ voir avec la famille politique de Mobutu dont l’option pour la paix et la réunification du pays ne souffre, selon notre source, d’aucune ambiguďté.

Notre informateur qui a requis l’anonymat pense que ces trois personnes, Seti, Kengo et Baramoto, qui ont refusé de s’impliquer dans le processus des négociations politiques intercongolaises, n’agiraient qu’ŕ leur compte personnel. On pense que Seti, Kengo et Baramoto sont conscients du fait que chercher ŕ déstabiliser le gouvernement congolais par le temps qui court, mettre en cause les institutions d’une transition pilotée par la communauté internationale, c’est aller au devant de la désapprobation internationale.

Au niveau national, Kengo, Seti et Baramoto qui n’avaient déjŕ pas bonne presse sous le régime Mobutu, savent qu’ils ne pourront pas avoir l’adhésion de la population. Car, une chose est de prendre le pouvoir par la force, une autre est de l’exercer effectivement.

Si par nostalgie, ils pensent refaire le temps oů Mobutu, a fait danser et chanter des gens le maudissaient en silence, ils se trompent largement. Seti Yale et Kengo wa Dondo assez intelligents pour comprendre que si on a, par le concours des circonstances, mis au pouvoir des gens qui ont tué et pillé, il n’en sera pas de męme avec les putschistes. Sauf volonté de se suicider politiquement, on ne voit pas un Kengo prendre telle décision.

Mais l’opinion n’en doute pas en ce qui concerne Baramoto. On dit qu’il est de ceux qui voient leur horizon politique définitivement bouché. Il en est de męme de Setu Yale. Les deux agiraient donc par désespoir. Cela expliquerait le refus de l’ancien commandant de la Garde civile de revenir dans son pays ou beaucoup de ses anciens collčgues l’ont précédé:

C’est pour ce faire qu’il a préféré demander asile politique plutôt que de se faire rapatrier. Vivre au Congo sans pouvoir, loin du pouvoir, est un véritable cauchemar pour Baramoto et Seti, deux des hommes les plus proches du maréchal du Zaďre. Leur souci de ne revenir au pays qu’avec le pouvoir, peut s’expliquer.

Mais, cela n’est pas une tâche facile. D’un côté, il n’est pas dit que le coup de force réussira forcement. Ses auteurs pourront en cas d’échec connaître p ire que leur sort actuel d’exil. Espérons qu’il y aura eu dans cette affaire plus de peur que de mal.