Selon le bulletin publié par la Monuc, la terreur est au quotidien au Sud-Kivu oů les militaires du Rcd-Goma se distinguent par leur cruauté et surtout par le viol systématique des petites filles et des vieilles femmes.
5 personnes sont détenues dans un cachot souterrain ŕ Kamanyola, au Sud-Kivu, par les militaires du RCD
Depuis le 16 mai 2003, les militaires du RCD-Goma, dirigés par le Major Bahati Cigangu, ont arrętés et détenues dans un cachot souterrain, appelé « Handack », situé dans le camp militaire de Kamanyola, sur la colline Mulengezi, prčs de la Paroisse Catholique de Kamanyola, 5 personnes dont :
- Mr Mutumoyi Wilondja Dewilo, âgé de +/- 35 ans, pčre de 7 enfants, résidant de la localité Kashenyi ;
- Mr Kajachi Bagalwa, âgé de 27, pčre de 1 enfant, résidant de la localité Rubumba ;
- Mr Malikekwa Lusengula, âgé de +/- 60 ans, commandant de la Police Nationale de Kamanyola, résidant de la localité Rugenge ;
- Mr Mukulukulu Sephonrien, âgé de 45 ans, pčre de 2 enfants, résidant de la localité Kambara.
Certaines des victimes ont été accusées, par leurs tortionnaires, d’appartenir au Groupe des résistants Mayi Mayi, d’autres d’ętre en intelligence avec ceux-ci.
L’Ong « Héritiers de la Justice » qui dénonce et condamne ces condamne ces conditions de détention, tortures, traitements dégradants et inhumains ŕ l’endroit de ces personne traitements qui violent les articles 9 et 10 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politique demande qu’une instruction soit ouverte et le parquet saisi pour statuer sur pareil cas et que justice soit rendue.
Burhal : la terreur au quotidien
Visite ŕ la clinique mobile de Malteser, un petit village ŕ 50 km de Bukavu, récemment reconquis par le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), autrefois inconnu, mais dont on a beaucoup entendu parler au cours des derničres semaines, notamment en raison des nombreux viols, pillages et vols qui ont accompagné les opérations militaires.
Valeria est une veuve de 40 ans, mčre de 3 enfants. Elle raconte comment en avril dernier, ayant entendu des coups de feu dans les environs, elle s’est cachée sous le lit avec ses trois enfants. Bien vite, deux militaires armés se sont introduits chez elle. Ils l’ont attrapée et tirée par la jambe hors de sa cachette, sans pour autant voir les gamins blottis sous le lit.
Aucun d’eux n’a osé ouvrir la bouche. Malheureusement, ils auront tout vu : leur mčre tour ŕ tour violée par les deux hommes qui avaient pointé leur fusil sur sa poitrine, puis battue ŕ coups de crosse et finalement lâchée en haillons au milieu de la chambre. Valeria, elle aussi, se souviendra longtemps de ce jour-lŕ.
Et le tremble tout entičre lorsqu’elle raconte comment pendant plusieurs semaines, elle n’a pu fermer l’oeil de la nuit, comment elle se sent souillée et n’ose regarder personne dans les yeux, qu’elle ne sort plus et a délaissé son champ, son seul gagne-pain ; et aussi, les douleurs au ventre, au dos et ŕ la tęte qui sont, semble-t-il, trčs fréquents chez les victimes de viol. Enfin, par-dessus tout la crainte de voir revenir chez elle les militaires, la crainte qu’ils ne s’en prennent ŕ elle ou ŕ sa fille de 12 ans.
Valeria n’est pas la seule dans cette situation. A Burhale, la terreur a laissé ses empreintes ŕ chaque coin. Les rues sont vides et les champs abandonnés. Beaucoup de petites filles ont arręté d’aller ŕ l’école. L’église du village oů les habitants se retrouvaient quotidiennement est actuellement vide. Les habitants de Burhale, notamment les femmes, sont en majorité terrés dans leur maison depuis la fin des combats en avril dernier. Si elles n’ont pas été violées elles-męmes, les femmes de Burhale ont certainement une voisine, une mčre, une soeur ou une fille dans cette situation.
Docteur Etienne de Malteser explique que le viol systématique est ici un phénomčne nouveau, inédit dans les guerres précédentes et donc d’autant plus inexplicable, choquant, traumatisant. Les militaires en action n’épargnent personne : leurs victimes ont entre 4 et 80 ans, ce sont toutes des femmes. Parfois, elles sont contaminées par les maladies sexuellement transmissibles (MST).
A ce jour, Malteser compte 8 femmes sur 450 qui sont porteuses du virus du SIDA, mais de nouveaux cas sont ŕ prévoir. Bien plus souvent, les victimes tombent enceintes et se retrouvent de fait confrontées ŕ un drame sans nom. Elles sont rejetées par leur entourage et priées par leur mari de porter l’enfant ŕ terme pour le donner ŕ sa naissance ŕ un orphelinat. Docteur Etienne explique : « Aucun homme n’accepterait une telle humiliation ».
Et pourtant, les humiliations ne manquent pas. Il n’y a pas longtemps, une femme rentrée du champ avec son mari a été arrętée par deux militaires du RCD et violée sous ses yeux, en plein jour. Menace par une arme, l’homme n’a pas osé réagir. Tout autour, les passants assistaient au spectacle, impuissants et tout aussi incapables d’intervenir. Heureusement que parfois, certaines personnes réagissent.
Des témoins racontent qu’il y a quelques jours, deux soeurs de 12 et 14 ans ont été violées dans leur maison située prčs d’un camp du RCD. Fou de rage, le pčre a pris son courage ŕ deux mains et s’est plaint au commandant du camp. Identifié, le coupable est emprisonné depuis lors ŕ Walungu. « Mais cela ne suffit pas, explique Docteur Etienne. S’il a été emprisonné, c’est beaucoup plus pour le protéger contre la justice populaire. Nous ne serons vraiment satisfaits que lorsque nous le verrons puni ».
Le régime de la terreur se poursuit donc ŕ Burhale et dans les environs. Un régime que rien ni personne ne semble pouvoir arręter. Ici, la paix est aujourd’hui beaucoup plus qu’une nécessité.
Last edited: 07/05/2006 00:35:43