Kagame : « Nous soutenons l'opposition ŕ Kabila, un criminel comme Mobutu »

Au moment oů les préparatifs pour le Débat national vont bon train, Kagame insiste auprčs des futurs participants sur le vrai problčme du Congo : Kabila. Il appelle l'opposition ŕ mener des efforts parallčles avec ceux des Rwandais pour renverser le Président congolais.

Kagame sait que ses maîtres américains hésitent aujourd'hui ŕ le suivre dans sa logique militaire jusqu'au-boutiste. Les Américains tablent plus sur « l'opposition démocratique », ils la poussent ŕ détourner le Débat national contre Kabila et ŕ affronter le pouvoir nationaliste.

Kagame comprend bien la nécessité de cette double stratégie. Connaissant la haine que cultivent les « opposants » au gouvernement nationaliste, Kagame s'adresse dans son interview aux dirigeants du MPR, de l'UDPS, du PDSC et autres Fronts pour la Survie de la Démocratie. Il déclare : « Quand le Rwanda voit en Kabila un criminel, le peuple congolais doit voir la męme chose ». Et il ajoute : « Nous appuyons les mouvements qui luttent contre Kabila ». Cette phrase-clé de Kagame interpelle tous les patriotes congolais.

Il y a des moments dans l'histoire oů chacun doit choisir son camp. Aujourd'hui, il n'y a que deux choix au Congo : soit se ranger du côté des Rwandais et des Américains et lutter par différents moyens, politique ou militaire, pour renverser le régime de Kabila - soit se ranger du côté de Kabila, du Gouvernement de Salut-Public et des masses populaires et se battre politiquement et par les armes pour bouter dehors les agresseurs.

Kagame propose une alliance entre le Rwanda, les rebelles et l'opposition dite « démocratique » ŕ Kinshasa en évoquant quelques positions communes.

Premier point : Kabila et Mobutu, c'est pareil

Kagame dans son interview : « Je voudrais dire au peuple congolais qu'il se pose au Congo un problčme qui est lié ŕ ses dirigeants. Mobutu, puis Kabila, ont posé beaucoup de problčmes ». « Le Rwanda ne cherche pas ŕ comparer qui est plus mauvais de Mobutu et de Kabila. Ils ont appauvri et arręté le développement de leur peuple. »

L'Occident a accordé gracieusement 37 années de rčgne ŕ leur homme de main, le militariste et dictateur Mobutu. A Kabila, l'homme qui a rétabli le pouvoir nationaliste de Lumumba, l'Occident n'a męme pas voulu accorder les deux ans qu'il demandait pour organiser des élections. Aprčs une année et deux mois, ils lui ont déclaré la guerre. Aujourd'hui au Congo, ce sont les mobutistes eux-męmes qui utilisent le slogan démagogique lancé par Kagame et par les Etats-Unis : « Kabila égal Mobutu ». Un chef du MPR, Omari Lea Sisi, déclare que Kabila a repris « la pensée unique et le modčle dictatorial » que Mobutu lui-męme a rejeté le 24 avril 1990 ! Ainsi, les mobutistes tentent de détourner la haine que le peuple éprouve pour Mobutu et son systčme néocolonial contre le seul Congolais qui a dirigé pendant 37 années avec constance et abnégation, le combat pour la libération et le pouvoir populaire : Laurent-Désiré Kabila. Le MPR prétend que Mobutu a cessé d'ętre dictateur en 1990 et que Kabila l'est devenu dčs le 17 mai 1997. L'UDPS est sur la męme longueur d'onde en dénonçant « la dictature actuelle et l'institutionnalisation des CPP Parti-Etat ».

Deuxičme point de Kagame : ŕ ses yeux, Kabila n’est pas bon, c’est un criminel, un génocidaire qui doit nécessairement ętre vu de la męme façon par les Congolais. Kagame déclare : « Je ne peux pas comprendre que le Rwanda voit en Kabila un criminel et que le peuple congolais ne puisse pas voir cela de la męme maničre que nous. Les Congolais doivent ętre les premiers ŕ dénoncer ces crimes de génocide perpétrés par Kabila. Ils doivent ętre les premiers ŕ dire que Kabila n'est pas un bon Président ».

Quand Kagame parle des « Congolais », il pense bien sűr aux politiciens de la IIe République qui prétendent représenter le peuple. Tous les politiciens néocoloniaux qui pensent qu'avec le soutien de l'Occident, ils arracheront bientôt une haute position, disent que le nationaliste Kabila « n'est pas un bon Président » et l'UDPS s'est spécialisée dans des descriptions crapuleuses de « Kabila, le criminel, le Marc Dutroux congolais ». Sur ce point, l'alliance entre Kagame et l'opposition est une réalité.

Troisičme point de Kagame : nous soutenons tous les Congolais qui luttent contre Kabila : « En ce qui nous concerne, nous pouvons juste jouer le rôle que nous jouons aujourd'hui, celui d'appuyer des mouvements qui luttent contre le régime Kabila ».

Aveu précieux ! Kagame affirme qu'il appuie tous ceux qui luttent contre Kabila. On notera qu'il ne fait pas de distinction entre ceux qui luttent par les armes aux côtés des militaires rwandais et ceux qui luttent par des moyens politiques ŕ Kinshasa męme. Aucun Tshisekedi, Olenghankoy, Bo-Boliko, Ndom ou autre François Lumumba n'a protesté contre cette avance de Kagame ŕ leur égard. Aucun n'a déclaré qu'il combattrait jusqu'au retrait inconditionnel des troupes d'agression de Kagame...

Quatričme point : nous demandons ŕ l'opposition de soutenir notre lutte pour chasser Kabila. Kagame déclare : « Le Congo et le Rwanda doivent ętre ensemble dans la guerre qu'ils conduisent contre Kabila ».

Par cette phrase, Kagame exprime son soutien au deuxičme front « politique » qui poursuit ŕ Kinshasa le męme objectif que le front armé des rebelles. Dans cette optique, l'opposition « démocratique » doit utiliser une démagogie « pacifiste », pour couvrir, protéger et aider la rébellion armée qui, elle, n'est qu'un paravent pour les armées rwandaise et ougandaise.

Cinquičme point de Kagame : « Ensemble, nous avons l'obligation de poursuivre la lutte avec le peuple congolais et avec la classe politique apte ŕ aborder ces problčmes. (...) Il nous faut marcher aujourd'hui dans le sens de la mise en place d'une nouvelle classe politique congolaise capable de prendre en charge ces questions ».

C'est ainsi que Kagame exprime sa détermination de chasser non seulement Kabila, mais aussi tous les nationalistes qui suivent sa politique d'indépendance et de pouvoir populaire. Kagame déclare qu'il veut voir « la mise en place d'une nouvelle classe politique congolaise », ce qui implique que la classe politique nationaliste que Kabila essaie, avec beaucoup de difficultés, de former, ne convient pas. Kagame veut lutter pour que ces nationalistes disparaissent. Et cette lutte, il la mčnera « avec la classe politique apte ŕ aborder ces problčmes ». Mais oů est-ce que le dictateur de Kigali est allé chercher cette « classe » ? Il a recruté des « rebelles » dans les rangs des mobutistes, des tshisekedistes et d'autres partisans du néocolonialisme que nous avons vu ŕ l'śuvre sous la CNS. Bref, la « nouvelle classe politique » de Kagame, c'est la classe qui a montré de quoi elle était capable entre le 14 septembre 1960 et le 17 mai 1997, ce sont les dinosaures vieux et jeunes de la Transition...

Dernier point de Kagame : « Nous avons pour vocation la réconciliation nationale au Congo. Nous ne cessons de le dire ŕ nos frčres du RCD ».

L'utilisation par Kagame du terme « réconciliation nationale au Congo » permet de comprendre le sens véritable qu'il prendra lors du Dialogue intercongolais. Pour Kagame, comme pour ses maîtres américains, la « réconciliation nationale » signifie : l'élimination des nationalistes, la réconciliation entre les politiciens partisans du néocolonialisme, l’arrivée au pouvoir ŕ Kinshasa des marionnettes rwandaises et ougandaises du RCD et du MLC.

Maintenir l'occupation de l'Est, « négocier » la chute de Kabila

Début mai 1999, Kagame estime que le Débat national peut ętre l'occasion de réaliser les objectifs pour lesquels il a commencé la guerre.

Depuis le 2 aoűt 1998, Kagame mčne de front la guerre militaire, politique et psychologique en accordant la priorité ŕ la lutte armée. Aujourd'hui il déclare qu'il tient l'Est du Congo suffisamment sous sa botte pour ne pas craindre une contre-offensive. Ne renonçant pas ŕ de nouvelles opérations militaires ŕ l'avenir, Kagame estime que le contrôle de la moitié du Congo lui permet de réaliser ses objectifs ŕ travers des négociations. Kagame fait le calcul qu'il peut aujourd'hui gagner la guerre ŕ la table des négociations, grâce ŕ un \"dialogue intercongolais\"… Kagame affirme qu'il faut d'abord des négociations entre Kabila et les rebelles pour réaliser un cessez-le-feu. Kagame exprime sa certitude que les rebelles « seront en mesure de faire prévaloir les objectifs pour lesquels ils se battent ». Si Kabila doit se mettre ŕ la table « d'égal ŕ égal » avec les représentants d'une rébellion qui a massacré des centaines de milliers de Congolais et qui a semé la désolation et la famine, il est évident qu'il sera moralement et politiquement fortement diminué.

Ensuite, Kagame veut des négociations entre le gouvernement, les rebelles et les partis et groupes d'opposition. Dans ce forum dominé par les politiciens de l’ancien régime, le coup de grâce serait donné ŕ un Kabila déjŕ affaibli. Le Débat intercongolais permettra d'éliminer le Gouvernement de Salut-Public et de retirer la présidence ŕ Kabila.

Précisons que la position des rebelles sur le Débat national ressemble en tous points aux déclarations de Kagame. Le rebelle et mobutiste Thambwe Mwamba dit : « Kabila et ses alliés doivent se mettre ŕ la table avec nous et nos alliés pour négocier les termes d'un cessez-le-feu. Aprčs qu'il a été signé, nous serons pręts ŕ une Table Ronde qui comprend tous les représentants de l'opinion publique congolaise ». « Lŕ-bas nous allons décider d'un nouveau cadre pour une nouvelle Transition vers la démocratie. »216 En juillet 1999, ce programme sera imposé dans l'Accord de Lusaka par le chantage le plus éhonté. Et tous les partis « démocratiques », nourris financičrement par ceux qu'on connaît, s'épuiseront ŕ convaincre les Congolais que ce programme commun ŕ Kagame et ŕ Thambwe Mwamba apportera la paix et le bien-ętre !

Voici en quels termes Kagame veut « négocier », grâce au Débat national, le départ de Kabila ŕ partir d'une position de force militaire. « J'avais dit qu'il était temps qu'on oublie l'idée que l'on pourrait renverser la vapeur et amener la guerre ŕ l'Est. Le RCD doit s'engager dans le processus des négociations. (...) Mais il faut commencer par la signature d'un cessez-le-feu afin de créer un environnement propice ŕ la paix et ce sont les belligérants qui se battent sur le terrain qui doivent signer l'accord. Le Rassemblement Congolais pour la Démocratie sera ŕ la table des négociations et signera l'accord de cessez-le-feu. J'imagine qu'il sera en mesure de faire prévaloir les objectifs pour lesquels il se bat. (...) Les négociations doivent aider ŕ mettre ensemble les belligérants, ceux qui s'affrontent et tous les autres groupes politiques afin de leur permettre de travailler ensemble pendant la période de Transition. Le plus important dans les négociations est de parvenir ŕ un début d'accord sur les principaux problčmes qui se posent au Congo. Ces négociations doivent conduire ŕ la mise en place d'un gouvernement dans lequel le RCD doit prendre part. » C'est cette ligne de Kagame, élaborée en collaboration avec les Américains, que défendent aujourd'hui presque point par point les partis de l'opposition « démocratique » et une partie de la Société Civile. Quand l'agresseur et occupant Kagame affirme que « ce sont les belligérants qui se battent sur le terrain qui doivent signer l'accord », il parle des « rebelles » et du gouvernement nationaliste. C'est la théorie du « conflit interne » chčre ŕ Tshisekedi et ŕ Kengo….

Le MPR, \"premier parti de l'opposition\" … et premier allié de Kagame...

Nous venons de souligner que la conception de Kagame sur le Débat national au Congo est trčs proche de celle des mobutistes. Depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir, les mobutistes prônent « l'unité nationale » comme tactique pour revenir ŕ la tęte de l'Etat. Quand le Rwanda a déclenché l'agression du 2 aoűt, beaucoup d'entre eux ont rejoint Kagame. D'autres ont essayé de revenir au pouvoir en offrant leurs services pour diriger la résistance... Le général Ilunga Shamanga était parmi ceux-lŕ. Ancien chef d'état-major de Mobutu et son dernier ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, il dit avoir eu « un sursaut national voire nationaliste » au moment de l'agression. Mais il hésite ŕ s'engager aux côtés de Kabila. « Les officiers des ex-FAZ qui, en mai 1997, ont été délogés sans ménagement de leurs résidences, vont-ils donner un chčque en blanc au Président Kabila en participant au sauvetage de son pouvoir menacé ? Qu'aujourd'hui le Président Kabila se souvienne que ceux qu'il a humilié en mai 1997 sont plus utiles pour réussir une mobilisation nationale contre l'étranger, est pour le moins heureux ! Mais quel crédit peut-on accorder ŕ un homme dont l'attitude constante est l'arrogance, le mépris, le non-respect des engagements ? » Ilunga Shamanga qui croyait un moment revenir au pouvoir en combattant « lesRwandais » en se mettant aux côtés de Kabila et de son gouvernement, a finalement rejoint Kagame pour devenir le ministre de la Défense de la rébellion... D'un côté ou de l'autre de la barričre, les mobutistes poursuivent le męme but.

Madame Catherine Nzuzi wa Mbombo accorde le 3 mai 1999 une interview dans laquelle elle explique comment le MPR veut revenir au pouvoir... en créant un front uni de « l'opposition démocratique » ŕ Kabila.

La guerre d'agression qui ravage aujourd'hui le Congo a été lancée par les armées rwandaise et ougandaise avec la couverture politique de Congolais appartenant en grande partie au MPR : Lunda Bululu, Tambwe Mwamba, Endundu, Kin-Kiey Mulumba, Bemba, Ilunga Shamanga, Baramoto, etc. Mais les destructions causées par cette guerre sont aujourd'hui invoquées par les mobutistes, pour proclamer que : « Jadis, sous Mobutu, c'était mieux. Renversons Kabila ! » Ainsi Catherine Nzuzi wa Mbombo souligne « les succčs (de l'ancien MPR) que nous apprécions mieux aujourd'hui, tels que la paix, la sécurité, la concorde, etc. »

Pour ces gens du MPR, le Débat national doit servir ŕ reprendre le pouvoir qu'ils ont perdu le 17 mai 1997. Et ils osent affirmer que si le peuple avait suivi le MPR le 18 mai 1997, le Congo ne connaîtrait pas les problčmes qu'il affronte aujourd'hui. « Le MPR avait demandé un Forum national le 18 mai 1999. Si le pouvoir de l'AFDL avait bien suivi tous ces conseils, on aurait évité l'explosion de l'Etat congolais que l'on vit actuellement. » En clair : il fallait éviter la rupture du 17 mai 1997, il fallait que le mobutisme puisse simplement continuer et le Congo n'aurait pas connu les problčmes actuels...

Madame Catherine Nzuzi wa Mbombo spécule sur la misčre qui accable actuellement le petit peuple. Elle cache soigneusement que cette misčre a son origine dans les 37 années du systčme mobutiste et qu'elle a été aggravée uniquement ŕ cause de la guerre. Une guerre préparée, lancée et organisée par les généraux et politiciens mobutistes, alliés aux Rwandais et Ougandais ! En juin-juillet 1998, la situation économique commençait justement ŕ s'améliorer et c'est alors que les Etats-Unis ont décidé de frapper.

Kabila avait promis des élections aprčs deux ans. Les Américains et leurs hommes de main du MPR et de l'UDPS savaient que le peuple, dans sa majorité écrasante, confirmerait Kabila et son gouvernement nationaliste par les urnes. Ils ont déclenché la guerre d'agression pour empęcher que Kabila remporte les élections ŕ venir. Et début mai 1999, la maffia qui a pillé le Congo et qui est derričre la guerre d'agression actuelle, déclare que Kabila n'aura plus de « légitimité » s'il n'y a pas d'élections avant le 17 mai 1999 ! Madame Nzuzi wa Mbombo déclare : « Mon inquiétude la plus ardente (concerne) le vide juridique ŕ l'échéance du 17 mai 1999. Il conviendrait que le Chef de l'Etat sollicite une nouvelle légitimité. Le consensus, ŕ travers une concertation intercongolais, s'avčre la voie indiquée ».

Toute tentative de mettre en cause la légitimité du pouvoir nationaliste de Mzee Kabila vise ŕ réhabiliter le régime néocolonial de Mobutu. Kabila tire sa légitimité de la révolution populaire qui a renversé le régime de Mobutu. Sa légitimité, il la doit ŕ un acte révolutionnaire : il a réalisé les aspirations profondes du peuple ŕ l’indépendance et ŕ la liberté, étouffées pendant des décennies. Ces aspirations, les masses populaires les ont cultivées depuis le coup d'Etat de Mobutu du 14 septembre 1960 et cela pendant les 37 années de dictature néocoloniale et mobutiste. Puis les masses ont été honteusement trahies par les intrigants qui ont dominé la CNS. La confiance du peuple en Kabila, le 17 mai 1997, était ŕ la mesure de sa déception envers la Transition. La fameuse « démocratisation » en laquelle le peuple avait cru, a permis ŕ Mobutu de se maintenir au pouvoir et de sauver son systčme. Ceux qui, comme Tshisekedi, Monsengwo et Kengo, promettaient ŕ la population une « démocratie authentique » sous le néocolonialisme, ont eu sept années pour prouver de quoi ils étaient capables. Le peuple s'est senti trompé, trahi, piétiné par des démagogues. Le peuple a manifesté par des actes son adhésion ŕ la démarche de Kabila. Parmi ces actes, mentionnons la « longue marche » des kadogo, recrutés le long du parcours des combattants, le soulčvement du peuple ŕ l'approche des libérateurs, les villes entičres qui acclamaient les hommes de Kabila... Il y a eu lŕ une expression de la volonté populaire beaucoup plus forte et claire que n'importe quelle expression électorale!

Kabila n'avait demandé que deux ans pour organiser des élections. Aprčs une année, ses ennemis extérieurs et intérieurs ont déclenché une guerre d'agression. Le temps dont le pays a besoin pour repousser cette agression extérieure, remet nécessairement les promesses formulées en période de paix ŕ plus tard.

En plus, la légitimité du régime nationaliste a encore été confirmée de façon spectaculaire par le rôle déterminant que Mzee Kabila assume dans la résistance nationale.

Il n’y a pas le moindre doute que pour défendre l’indépendance et la souveraineté du Congo, Laurent Kabila a le soutien d’une écrasante majorité populaire. Les mobutistes qui s'acharnent depuis deux ans ŕ saboter et ŕ renverser le régime nationaliste, prétendent que Kabila n'aura plus de « légitimité » ŕ partir du 17 mai 1999 et qu'il devra donc obtenir une nouvelle « légitimité » auprčs d'eux ! Et dire qu'une imposture aussi grossičre de la part du MPR, est défendue par la plupart des partis de l'opposition... Ils s'associent au MPR pour exiger de Kabila qu'il reçoive une nouvelle légitimité par le consensus de la vieille classe politique néocoloniale.

Madame Nzuzi wa Mbombo déclare : « Le MPR-fait privé s'est prononcé en faveur de la tenue de concertations politiques impliquant le pouvoir, l'opposition armée et non-armée, les exilés politiques, les représentants des Maď Maď et la Société Civile. (...) Nous avons demandé que le Comité préparatoire soit composé paritairement de toutes les forces citées ». Un comité préparatoire dans lequel Kabila sera minoritaire, un Débat national oů il l'est également : voilŕ la route tracée par le MPR pour revenir au pouvoir !

Le 17 mai 1997, Kabila a entamé la Transition du mobutisme au nationalisme. En mai 1999, le MPR et ses alliés veulent une Transition en sens inverse, du kabilisme au néo-mobutisme. Au cours de cette nouvelle « Transition », les réactionnaires du MPR veulent non seulement éliminer le Gouvernement de Salut-Public, mais aussi détruire la nouvelle armée nationaliste qui se met en place grâce aux sacrifices de la jeunesse congolaise. Ils veulent remplacer l'armée nationaliste par une armée dominée par les anciens militaires fidčles ŕ Mobutu et par les militaires rebelles. Selon madame Nzuzi, il faut « constituer une armée nationale forte et unie qui comprendrait en son sein toutes les composantes des forces qui combattent, ŕ savoir : les rebelles, les FAC et les ex-FAZ ». Cette brillante idée, le MPR la partage avec Tshisekedi qui a appelé dčs le début de l'agression ŕ la fusion entre les FAC et l'armée rebelle...222 Pour leurs mérites d'avoir exterminé des centaines de milliers de Congolais, il faut incorporer les chefs rebelles dans l'état-major des FAC...

Non seulement le MPR et l'UDPS ont fonctioné comme porte-paroles des \"rebelles\", ils se sont aussi dressés avec virulence contre Kabila et contre la résistance populaire ŕ l'agression-rébellion.

Nous avons entendu le représentant en Europe de l'UDPS, monsieur Mpuila, tenir les pires discours racistes anti-Tutsi. Mais cet individu peut aussi bassement flatter Kagame pour arriver ŕ ses fins. Ainsi, Mpuila a déclaré en février 1999, au nom de l'UDPS : « Kabila est maintenant devenu l'allié des Interahamwe et des ex-FAR, responsables du génocide au Rwanda en 1994. Ses bombardements intenses et aveugles tuent des civils innocents ŕ Kitona, Masina, Kisangani, Moba, Nyunza, Businga. Il a incité la population ŕ la haine raciale contre les Tutsi. Des centaines de civils sans armes, pour la plupart des Tutsi, ont été battus ou brűlés vivants par les troupes gouvernementales et leurs alliés ŕ Kinshasa, fin aoűt 1998 ».224 C'est donc ainsi que l'UDPS considčre la résistance héroďque des populations de Masina, Kimbanseke, Ndjili, Kisenzo contre les agresseurs et rebelles : des « tueries aveugles de civils innocents », « des centaines de Tutsi brűlés vifs par les troupes de Kabila »...