Ludo Martens s'est trouvé ŕ tous les carrefours de l'itinéraire de Laurent-Désiré Kabila, ŕ tous les tournants de la troisičme saison qu'a incarné Kabila aprčs la saison de Lumumba et la saison de Mulele
Une guerre d'agression commanditée par les Etats-Unis
Un mois avant l'agression du 2 aoűt 1998, Daniel Simpson, l'ambassadeur américain ŕ Kinshasa, fait une observation pertinente sur la vie politique au Congo. Dans un groupe de discussion ŕ Washington, Simpson affirme ne pas croire ce qu'une certaine opposition congolaise affirme : que la lutte de libération de l'AFDL en 1996-1997 était déjŕ une agression rwandaise, que Kabila a laissé occuper son pays par les hommes de Kagame et qu'il leur garde toute sa confiance. Non, Simpson évoque une tendance clairement affirmée de la politique de Kabila depuis le 17 mai 1997. « Les forces étrangčres voient toutes décliner leur influence au Congo. L'Ouganda, le Rwanda et l'Angola ont tous perdu la sympathie du gouvernement Kabila. Le contrôle de la destinée du Congo se trouve de plus en plus entre les mains des Congolais depuis que M. Kabila est venu au pouvoir. » Simpson estime que c'est une tendance positive et irréversible…
Le commandant Kokolo est le directeur du cabinet du ministre de la Défense nationale, c'est-ŕ-dire du Président Kabila. Le lundi 27 juillet, il lit un communiqué qui laisse deviner que des événements dramatiques se préparent... Le voici. « Le commandant Supręme des Forces armées nationales congolaises, le Chef d'Etat de la République Démocratique du Congo et ministre de la Défense nationale, informe le peuple congolais qu'il vient de mettre fin, ŕ dater de ce lundi 27 juillet 1998 ŕ la présence de militaires rwandais qui nous ont assisté pendant la période de la libération de notre pays.\" Le lendemain, quelque 800 soldats rwandais s'embarquent ŕ Ndjili pour Kigali.
Le 29 juillet, Kabila explique sa décision de remercier les «assistants militaires » rwandais. Il déclare ceci. « Cela devait tôt ou tard arriver et tout le monde s'y attendait. Le Congo est un pays souverain qui est passé ŕ travers différentes phases de son affirmation en tant qu'Etat indépendant et souverain, notamment par des étapes de lutte armée historique menée pour reconquérir son indépendance et sa souveraineté. »
Comment le Rwanda réagit-il au départ forcé de son contingent militaire du Congo ? Le 29 juillet, le porte-parole de l'armée, le major Emmanuel Ndahiro, déclare que son pays n'a plus que 100 soldats au Congo. « Le Rwanda les a volontairement retirés pour laisser le Congo régler ses propres problčmes. Les Congolais voulaient nous faire apparaître comme des boucs émissaires parce qu'ils n'aimaient pas notre décision de partir. Ils jouent leur propre jeu et nous ne voulons pas ętre entraînés dans les affaires intérieures du Congo. » « Nous nous sommes retirés volontairement », « Nous refusons d'ętre entraînés dans les affaires du Congo. » C'est donc avec une hypocrisie hallucinante que s'achčvent les derniers préparatifs d'une agression longuement műrie...
Le 3 aoűt, des unités de l'armée rwandaise, dirigées par James Kabarehe, détournent trois avions ŕ Goma. Ceux qui prétendent se soucier de la sécurité ŕ leurs frontičres atterrissent ŕ 2.000 km de chez eux ŕ la base militaire de Kitona, le mardi 4 aoűt au matin. Cinq cents soldats rwandais ont été transportés ŕ bord de trois appareils : un avion cargo 707 de Congo Air Lines (CAL), un autre de Blue Airlines et un troisičme de Air Atlantic, dans lequel se trouvait James Kabarehe.
Jusqu'au 16 aoűt, plusieurs vols en provenance de Goma débarquent 3.000 soldats rwandais et ougandais ŕ Kitona
Le commandant Gnang a raconté comment James Kabarehe a détourné son avion. Si n'importe quelle obscure organisation arabe détourne trois avions en un jour, elle s'attirera immédiatement les foudres des Américains. On sait que ces gens réagissent avec la derničre énergie contre tout acte de terrorisme international de ce genre. Ici, l'acte terroriste est commis par l'armée rwandaise qui détourne des avions civils pour les remplir de militaires et attaquer un pays souverain. Pourtant, le monde va assister ŕ un spectacle insolite : les Américains, ces chevaliers fanatiques de la lutte anti-terroriste, ne voient rien, ne sont au courant de rien et donc, ne disent rien ! Ainsi, dčs le 4 aoűt, la preuve est faite que le Congo fait face ŕ une attaque patronnée par les Etats-Unis.
D'autres informations corroborent ce constat. Un ami qui revenait de Moanda dit que des habitants de cette ville lui ont raconté ceci. Peu avant l'attaque de Kitona, deux navires américains sont apparus devant les côtes ; ce n'étaient pas des pétroliers, mais un type de bateau que nous n'avons jamais vu. Deux semaines plus tard, ils ont disparu. Colette Braeckman a également écrit que deux navires américains, arrivés devant les côtes congolaises, ont \"guidé\" les avions pirates de Goma ŕ Kitona.
Aprčs une semaine de combats, l'agression-rébellion est certaine de la victoire dans sa «guerre-éclair ». A Bruxelles, Kin-Kiey Mulumba affirme que les prochaines cibles sont Lubumbashi et Kinshasa. « On n'a pas le temps de faire une guerre longue. La prise de Lubumbashi est une question de quelques jours, la semaine prochaine. » Dans le Bas-Congo, « une fois qu'on aura maîtrisé les ports de Matadi et de Boma, l'idée est de prendre carrément Kinshasa ». « L'emprise de ces ports est chose acquise, il s'agit de bloquer tout approvisionnement vers Kinshasa. » « C'est une guerre chirurgicale, on n'a pas besoin de faire couler le sang comme lors de la chute de Mobutu, car toutes les garnisons nous sont acquises. »
Entre le 10 et le 14 aoűt, l'armée rwandaise dirigée par James Kabarehe frappe vite et fort. Le barrage d'Inga est pris le 11 aoűt. Kinshasa sera privée pendant 18 jours d'électricité et d'eau. Il s'agit d'un crime de guerre contre les populations civiles.
Et ce crime inqualifiable nous apportera une nouvelle preuve de l'implication des Etats-Unis dans cette guerre d'agression... En effet, fin aoűt, une dépęche de Reuters tombe comme une véritable bombe. « Une unité d'élite ougandaise a occupé le barrage d'Inga. Elle faisait partie d'une force d'assaut contre Kinshasa. L'ambassadeur américain ŕ Harare, Thomas McDonald et le fils du Président ougandais Museveni, tentent depuis plusieurs jours d'obtenir un sauf-conduit pour que cette unité puisse sortir du Congo. » A Kinshasa, une quarantaine de prisonniers ougandais et rwandais sont présentés ŕ la presse.
Les Ougandais appartiennent ŕ la « Force Nguruma », une formation d'élite qui a occupé Inga. Elle a été formée par des instructeurs américains, d'oů l'intéręt particulier des Etats-Unis ŕ «sauver » leurs protégés. L'ambassadeur américain ŕ Harare mčne des négociations avec les Affaires étrangčres et la Défense du Zimbabwe pour que les troupes zimbabwéennes et angolaises qui encerclent les agresseurs ŕ Inga, les laissent partir. Le Secrétaire d'Etat Albright charge les diplomates américains de chercher une issue «honorable » pour les troupes rwandaise et ougandaise encerclées dans le Bas-Congo. Qui peut croire que les plus hautes instances des Etats-Unis s'engagent dans une négociation aussi délicate, si ces pauvres assaillants, qui officiellement «ne sont pas au Congo », n'agissent pas sur instruction des Etats-Unis ? Un ambassadeur américain se démčne, sur ordre du numéro trois de la politique américaine, pour sauver des soldats rwandais et ougandais «égarés » par erreur ŕ 2.000 kilomčtres de leurs frontičres. Que le numéro trois de la superpuissance américaine se «mouille » pour sauver des criminels de guerre, prouve indiscutablement que cette affaire est d'origine américaine...
En occupant Inga et en coupant l'électricité et l'eau de Kinshasa, les agresseurs ont commis un crime de guerre. Ed Marek écrit : « Les Etats-Unis ont peut-ętre été complices de cet acte de guerre dirigé contre le peuple congolais. Cela change toute la couleur politique de cette guerre ». Effectivement, les preuves s'accumulent que cette guerre a les couleurs du drapeau américain...
La chaîne de l'agression qui lie les Etats-Unis et le Rwanda ŕ la rébellion et l'opposition
A propos de l'implication des Etats-Unis dans l'agression que subit le Congo, les observations d'Ed Marek, ancien agent des renseignements militaires bien introduit dans les milieux de la Défense et homme d'affaire trčs au courant des ambitions des grandes entreprises américaines, sont fort précieuses. Le cinquičme jour de la guerre, Ed Marek rapporte ce qu'il a entendu dans les cercles du State Department et du Pentagone ŕ Washington : « Il n'y a pratiquement aucun sentiment en faveur de M. Kabila. Aucune voix ne se lčve ŕ Washington pour soutenir M. Kabila et son gouvernement. Il n'y a pratiquement personne dans cette ville qui admire ce que ce gouvernement a fait. Il y a une sorte d'espoir serein, inexprimé qu'il va simplement partir. (...) Il y a un sentiment général aux Etats-Unis que le gouvernement Kabila est déjŕ sur la route du départ. NCN a entendu certains dire que ce gouvernement sera parti dans 30 ŕ 60 jours ».117 Difficile de mieux exprimer le sentiment d'hostilité profonde pour tout ce que représente Kabila et le mouvement nationaliste congolais. C'est exactement le męme sentiment qui a été exprimé par ces grands représentants de l'impérialisme américain que furent le Président Eisenhower et le chef de la CIA Allan Dulles, lorsqu'ils ont donné l'ordre ŕ la CIA d'éliminer Patrice Lumumba ...
Analysons comment cette ligne se reflčte ŕ travers la politique «officielle » des Etats-Unis
Un porte-parole de la Maison Blanche, M. Philip Crowley, déclare le 4 aoűt : « Nous conseillons au Président Kabila de consulter l'ensemble de la société congolaise afin de résoudre les tensions ethniques qui bouillonnent depuis plusieurs jours ». Voilŕ d'emblée deux points clairement marqués : le Congo n'est pas agressé, au Congo, il y a un problčme interne, un problčme ethnique avec les Banyamulenge, et Kabila doit faire un compromis avec la vieille classe politique de Mobutu.
Le lendemain 5 aoűt, le porte-parole adjoint du Département d'Etat, James Foley confirme qu'il s'agit d'un conflit essentiellement interne au Congo et que les Etats-Unis sont particuličrement préoccupés par le sort réservé aux Tutsi congolais. L'agression flagrante et les tueries ŕ l'Est sont escamotés. « Les Etats-Unis sont inquiets de la détérioration des conditions de sécurité en République démocratique du Congo, et particuličrement des arrestations et du harcčlement de citoyens congolais d'origine tutsi. Nous exhortons le gouvernement... ŕ garantir... la protection de tous les citoyens congolais et ŕ résoudre les conflits internes par des moyens pacifiques. » Résoudre le \"conflit interne\" par des moyens pacifiques ? Les Américains, tout comme Tshisekedi, refusent au gouvernement nationaliste le droit de se défendre contre l'agression !
Le 7 aoűt, James Foley répčte que le Congo fait face pour l'essentiel ŕ une «crise interne qui s'aiguise ». Et cette crise inter-congolaise pourrait maintenant ętre «aggravée » par ce que M. Foley, ce génie de l'hypocrisie bourgeoise, appelle «des activités militaires transfrontaličres » ! « Les Etats-Unis s'inquičtent vivement de l'escalade de la crise (au) Congo. (...) Les activités militaires transfrontaličres ne peuvent qu'exacerber une situation déjŕ explosive. (...) Nous partageons les inquiétudes du peuple congolais et de la Communauté Internationale au sujet du manque de gouvernement représentatif, de la lenteur de la démocratisation et du manque de respect des droits de l'homme. » Il est clair que ces trois «inquiétudes » américaines rejoignent exactement les raisons pour lesquelles la «rébellion » prétend vouloir renverser Kabila. C'est un soutien précieux au programme de l'agression-rébellion.
En bel unisson avec leurs commanditaires américains, les Rwandais déclarent dčs le début de l'agression qu'ils ne sont pas au Congo. Anastase Gasana, le ministre rwandais des Affaires étrangčres, donne immédiatement le ton. « Nous ne pouvons comprendre pourquoi les Congolais se servent du Rwanda comme bouc émissaire. S'il y a des problčmes internes entre Kabila et son alliance, ce n'est pas notre affaire. » «Les Congolais savent bien qu'il n'y a pas de soldats rwandais sur leur territoire. Comment pouvons-nous provoquer des troubles ŕ Kinshasa ou ailleurs en RDC si nous n'y sommes pas ? »108 Le porte-parole de l'armée, le commandant Emmanuel Ndahiro, confirme : « Nous n'avons pas franchi la frontičre congolaise. La responsabilité de la crise actuelle au Congo incombe ŕ Kabila lui-męme, qui n'a pas réussi ŕ donner ce qu'il avait promis ŕ son pays ». Les agresseurs rwandais jurent donc que les événements sanglants au Congo sont l'expression d'une «crise interne ». Tshisekedi et pratiquement toute l'opposition «démocratique » se hâtent de confirmer ces contrevérités choquantes...
\"L'armée a pris le pouvoir….\"
La guerre a commencé le 2 aoűt 1998 avec une tentative de coup d'Etat ŕ Kinshasa et avec l'agression rwandaise ŕ Goma et Bukavu. La partie congolaise proprement dite se manifeste le lendemain 3 aoűt. Il s'agit de militaires mobutistes intégrés dans l'armée de Kabila. Sylvain Mbuchy, le commandant du 10e bataillon, signe un communiqué, le 3 aoűt : « Au nom des troupes gouvernementales, nous dénonçons le régime. (...) Nous, l'armée de la République démocratique du Congo, nous avons pris la décision d'enlever le pouvoir au Président Kabila ». Cet ignare en politique n'a pas la finesse d'un Bizima Karaha : il avoue carrément qu'il vient d'exécuter un coup d'Etat militaire ŕ la maničre du Maréchal défunt... Le «coup d'Etat » de Sylvain Mbuchy n'est qu'un acte théâtral, le véritable coup militaire en cours étant l'śuvre exclusive des armées rwandaise et ougandaise...
Le vendredi 7 aoűt, contacté par téléphone dans la brousse aux environs de Goma, Mbuchy nie toute participation de l'armée rwandaise. Il affirme sa décision de prendre Kinshasa par les armes : « Une solution politique impliquerait le maintien en état de Kabila, ce dont nous ne voulons absolument pas. Nous croyons que le Congo a besoin d'une nouvelle direction sous la supervision d'un gouvernement élargi ».130 Trois jours plus tard, il revient sur le sujet : « D'abord, il faut nous débarrasser de Kabila, ensuite les politiciens se réuniront et décideront ce qu'il faut faire avec le pays ».131 Le programme du coup d'Etat est donc clair dčs le début : chasser Kabila, réunir les politiciens de la \"transition\" mobutiste pour former un gouvernement élargi. Au premier coup d'śil, on reconnaît le programme de l'autre opposition, celle qui se dit «non-armée »... et on constate que ces męmes formules seront imposées par les Etats-Unis dans l'Accord de Lusaka, un an plus tard.
Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Charles Magabe, confirmera dans une interview du 17 aoűt 1998 que la \"rébellion\" déclenchée pour \"rétablir la démocratie\"… a commencé comme un coup d'état militaire ! Magabe déclare ŕ Colette Braeckman : « Le mouvement est parti d'abord du sein des Forces Armées Congolaises. » « Ce qui s'est passé, c'est que l'armée a pris conscience des risques que nous courions, mais c'est aux militaires qu'il faut demander quel fut l'élément déterminant de leur décision. (...) Les politiques, eux, prennent un peu plus de temps pour travailler. En ce moment, les politiques élaborent un programme, ils construisent ».
De Z'Ahidi Ngoma ŕ Mbeki et Al Gore
Le 5 aoűt, le premier politicien-rebelle se manifeste : Z'Ahidi Ngoma est nommé «coordinateur » de la rébellion, on ne sait pas bien par qui... Il déclare dans sa premičre intervention : « Ce n'est pas le combat des Banyamulenge. C'est le combat de tous les Congolais. Et ce n'est pas le combat des Rwandais qui voudraient coloniser le pays. La lutte se poursuivra jusqu'ŕ la chute du Président Kabila ».
Mais dčs les premiers jours de la guerre, c'est surtout Bizima Karaha qui apparaît comme l'idéologue de la «rébellion ». Il déclare que Kabila est «un homme fini ». « La rébellion actuelle n'a rien ŕ voir avec les Banyamulenge et encore moins avec les Rwandais. Il s'agit d'une décision du peuple congolais tout entier. » « Nous avons porté au pouvoir pire que Mobutu. Aujourd'hui, Kabila a tout le monde contre lui. La population congolaise tout entičre, la Communauté Internationale, les institutions financičres internationales. » Le męme Bizima Karaha déclare le 6 aoűt : « L'unique solution pour le Congo est que Kabila quitte le pouvoir. Nous nous sommes battus pour un Congo uni, un Congo démocratique, un Congo oů les droits de l'homme peuvent ętre respectés. Mais Kabila a trahi tous ces principes. Nous pouvons négocier seulement le départ de Kabila. Si cela n'est pas possible, nous sommes pręts ŕ amener la guerre ŕ Kinshasa. Ceci est une affaire interne. » C'est une belle démonstration de l'art de détourner le sens des mots. Bizima, qui prétend ici qu'il ne trahira jamais \"les principes » d'un Congo uni, démocratique et respectueux des droits de l'homme, livrera bientôt la moitié du pays ŕ l'occupation rwando-ougandaise, collaborera au pillage des richesses miničres du Congo et conduira en trois ans 3.500.000 Congolais ŕ la tombe...
Le 6 aoűt, le vice-président américain Al Gore reçoit le Président Mbeki. Ils discutent longuement de «la crise congolaise » et Mbeki déclare ensuite : « Tout le monde dans la région est intéressé ŕ aider le processus pour trouver une solution ŕ ce problčme. Un élément important sera d'essayer de réunir les différentes forces politiques de ce pays pour qu'elles puissent travailler ensemble ».137 Toujours le męme refrain, le męme mensonge : il n'y a pas d'agression au Congo, il y a un problčme interne qu'on peut résoudre par un \"partage\" du pouvoir au profit des rebelles et opposants. On se rappelle qu'au cours de la guerre de libération dirigée par Kabila en 96-97, Clinton et Mandela ont toujours voulu imposer la formule \"un tiers de mobutistes, un tiers d'opposants tshisekedistes et un tiers de nationalistes\". La guerre d'agression d'aoűt 1998 a comme but d'imposer cette solution oů les nationalistes sont minorisés…
L'UDPS au secours de la \"rébellion\"
Dčs le deuxičme jour de l'agression, l'UDPS a affiché clairement sa politique. Dans un communiqué du 4 aoűt, elle dit : « L'UDPS demande aux belligérants, dans l'intéręt du Congo, de déposer les armes en vue d'entrer en négociation et invite, par la męme occasion, la Communauté Internationale ainsi que les pays voisins du Congo d'utiliser tous les moyens de droit pour favoriser le dialogue entre Congolais en vue d'instaurer un Etat de droit, seul garant des intéręts de tous ».
Au moment de l'agression rwandaise, l'UDPS refuse donc de défendre la Patrie, elle pousse męme la trahison au point de demander ŕ Kabila de déposer les armes !
Trois jours plus tard, l'UDPS va encore plus loin : elle condamne explicitement la résistance armée organisée par Kabila contre les agresseurs et rebelles qui proclament haut et fort qu'ils prendront Kinshasa en quelques semaines. L'UDPS qui refuse d'emblée de résister, veut convoquer une «table Ronde » pour prendre le pouvoir. Elle cherche des cabales de politiciens véreux pour paralyser la résistance armée. Tout cela, l'UDPS l'a formulé ainsi dans son communiqué du 7 aoűt : « Nous condamnons aussi bien l'option d'opposer ŕ la force brutale de la rébellion, une autre force, sans explorer au préalable d'autres voies pour la solution du problčme. L'enclenchement de ce processus belliqueux risque de conduire notre pays dans un tourbillon infernal. (...) Une Table Ronde devrait réunir tous les partenaires de la vie politique en vue de définir un cadre juridique devant régir la période de Transition. »
Le 18 aoűt, les agresseurs rwando-ougandais sont toujours ŕ Inga, ils ont coupé l'électricité de Kinshasa et marchent sur la capitale. Seule une intervention énergique de l'Angola peut encore sauver le Congo nationaliste. Ce jour-lŕ, l'UDPS exhorte l'Angola «ŕ ne pas voler au secours » de Kabila. « Tout en donnant l'impression d'entretenir de bonnes relations avec les autorités de Luanda, Kabila fait de juteuses affaires avec l'UNITA de Jonas Savimbi. (...) Le rétablissement d'une paix durable en RDC... passe par l'élimination de l'obstacle majeur, que constitue Laurent Kabila. » L'UDPS est bel et bien complice de la «marche victorieuse » des agresseurs sur Kinshasa et pręche dčs le début de la guerre «l'élimination de l'obstacle principal »... ce qui sera finalement réalisé le 16 janvier 2001...
Last edited: 07/05/2006 00:33:05