A l’appel du président sud-africain Thabo Mbeki, les chefs d’Etat de la Rdc, du Rwanda, de l’Ouganda et de Tanzanie se sont concertés mercredi dans la vile sud-africaine de Cap Town. Pour la éničme fois, les concertations ont gravité autour de l’évolution du dossier congolais.

En effet, depuis la signature et l’endossement de l’accord global et inclusif ainsi que la promulgation de la Constitution de la transition, la scčne politique nationale est en mutation et des signaux forts sont lances, lesquels annoncent le démarrage des élections générales et la date des institutions démocratiques.

Mais, les choses ne sont pas aussi simples. Car, d’ici delŕ surgissent des écueils de nature ŕ remettre en cause les progrčs accomplis. Ces écueils résultant du non respect des engagements pris et de la non-exécution des accords qui les codifient.

Eu égard ŕ cette évolution, une question lancinante me vient ŕ l’esprit, ŕ savoir pourquoi tant de rencontres entre chefs d’Etat ne procurent pas ŕ la Rdc la quiétude nécessaire a un nouveau départ de ce pays? Est-ce que lors de leurs rencontres, ces responsables se disent-ils toute la vérité et prennent-ils, en âme et conscience, la résolution de s’en tenir ŕ la parole donnée?

Par ailleurs, qui a intéręt ŕ voir la Rdc continuer de s’enliser dans la zone de fortes turbulences qu’elle traverse depuis prčs de cinq ans ? Pourtant, les accords et arrangements Jonchent la voie qui mčne vers la paix, la réunification du pays et la réconciliation nationale. Le dernier pan de ce dispositif, du moins en Rdc, se matérialise notamment par la récente promulgation de la Constitution ainsi que la prestation de serment présidentiel, en attendant la rencontre du Comité de suivi, annoncée pour le 14 avril.

Ces avancées positives risquent d’ętre annihilées, tout simplement parce que les présidents rwandais et ougandais ne jouent pas franc jeu. Plus que jamais décidés ŕ contrôler les richesses congolaises, ils multiplient arguties et reniements des engagements pour empęcher une rapide normalisation de la vie en Rdc. Aussi, les voit-on fouler aux pieds les accords passés entre leurs pays et la Rdc.

Le prétexte sécuritaire a été usé et abusé par Kigali pour empęcher la réconciliation entre Congolais ŕ cause de la tutelle dans laquelle il tient le Rcd/Goma. Pourtant, l’histoire est lŕ pour démontrer, la poursuite de l’état de conflictualité entre le Rwanda et la Rdc est, ŕ la longue, préjudiciable ŕ Kigali qui devra se méfier du retour de la manivelle.

La culture des rapports de bon voisinage devrait donc prévaloir sur toutes les autres considérations. C’est ce que doit rechercher la rencontre initiée ŕ Cap Town par le chef de l’Etat sud-africain, laquelle a regroupé autour de lui les pays agresseurs de la Rdc et ceux qui ont joué ŕ la médiation.

Il faudra donc de part et d’autre se dépouiller du viel homme et se placer dans l’optique de la relance de la coopération entre les pays de l’Afrique centrale. Une alternative impossible dans le cas ou l’instabilité se poursuivait en Rdc. Le temps se pręte ŕ l’ouverture des uns et des autres pour penser au développement de l’Afrique centrale, dont la Rdc a toujours été considérée comme le pôle d’impulsion.

Or, un tel développement ne peut se concevoir ni se concrétiser au détriment de certaines parties. L’harmonie n’est possible que lorsque l’on regarde dans la męme direction et que l’on vise les męmes idéaux. Je pense que c’est dans cette direction que Thabo Mbeki a invité ses pairs africains ŕ regarder lors des concertations sur le cas de la Rdc.