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Bonjour | 06/01/2009 14:14 | English Make DC Home page | RSS feed

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Commentaire libre d’un acteur politique congolais, M. Dieudonné Mulimilwa Mutondo, leader du parti Union pour la paix et la reconstruction nationale (Uprn), et qui formule de pertinentes propositions susceptibles de favoiser l’instauration d’un viable systčme démocratique en RDC.

Pleine d’élites, de génies et de savants, la classe politique congolaise de la Rdc s’est distinguée paradoxalement, dans une médiocrité indescriptible. Les génies ont justifié une inadéquation totale entre leur savoir, leur savoir-faire et leur savoir-ętre.

Les théories et les principes enseignés dans les auditoires sont rejetés ou contredits par ceux-lŕ qui les défendaient dans les auditoires, une fois qu’ils se trouvent sur terrain. Toutes les qualités morales, sociales, intellectuelles et humaines sont renvoyées au second rang par cette classe politique de la Rdc, préférant ainsi le ridicule.

Certes, “le savoir est un outil efficace, mais aveugle et sans finalité, sa finalité dépend du maître qui l’utilise”. Les génies, savants, politiciens congolais de la Deuxičme République l’ont usé ŕ des fins destructrices du pays et de l’âme de la nation.

Au vu des crises sans nombre et sans fin qui continuent ŕ ponctuer l’histoire politique de la Rdc, on est en droit de se demander ce qui fait courir l’homme politique congolais depuis l’indépendance. Plusieurs constats doivent ętre faits. D’abord les individus occupent le devant de la scčne, sans se référer, comme ailleurs, ŕ une quelconque idéologie. Les conflits des personnes, parfois d’une męme origine ou province, priment sur le débat d’idées et la défense des programmes et projets de société.

Par ailleurs, les préoccupations liées au quotidien des populations et ŕ la grandeur du pays semblent avoir un poids insignifiant dans les tractations et combats politiques. Tout se passe comme si le microcosme politique était l’objet de ses propres préoccupations de pouvoir, au détriment des préoccupations populaires en termes de bien-ętre et de souveraineté. Au plus fort de la crise consécutive au conclave du Palais du peuple, un des ténors de la transition mobutiste ne s’est-il pas écrié: « Les leaders politiques sont dans l’attentisme. Ils semblent ętre ŕ bout d’inspiration et de stratégies politiques. Tout porte męme ŕ croire qu’un grand nombre d’acteurs politiques souhaitent voir perdurer cette situation confuse… d’aucuns parce qu’ils en tirent profit pour acquérir une fortune malhonnęte, puisqu’un fonctionnement régulier des institutions et une gestion rigoureuse des finances publiques ne leur en laisseraient gučre la latitude,... d’autres, parce qu’ils ont peur d’affronter la gestion de l’Etat, préférant ŕ celle-ci une situation conflictuelle susceptible de leur ménager toutes les chances aux échéances électorales ».

Toutes les stratégies montées depuis 1990, par les anciens politiciens congolais, n’aboutissaient qu’aux sacrifices du peuple : les journées ville-morte, la libération du Palais du peuple, la prise de la Rtnc, la récupération de la Primature, la marche de protestation ou de soutien, marche de..., celui d’asphyxier le peuple et de chercher la mort de celui-ci en le mesurant aux forces de l’ordre pour des causes ridicules et égoďstes.

Il y a lieu, dčs lors, de se poser quelques questions. L’engagement politique a-t-il d’autres objectifs que celui de conquérir le pouvoir et d’en tirer profit ? Dans une société de solidarité, comment expliquer cette individuelle et effrénée course au pouvoir et cette sorte d’indifférence au bien-ętre de ses frčres?

La poursuite d’un but extérieur ŕ soi et ŕ long terme fait-elle partie de l’univers mental des hommes politiques congolais ? La projection de ce but dans le temps, sa réalisation progressive et l’évaluation de cette réalisation sont-elles intégrées dans les pratiques politiques ?

Quoi qu’il en soit, la conscience des enjeux collectifs touchant ŕ l’Etat et ŕ la nation semble bien faible comparativement ŕ la conscience des enjeux particuliers, aussi bien ceux de l’individu que de son ethnie, des entités abstraites auxquelles les hommes politiques ne s’identifient pas et dont les intéręts leur sont quelque peu étrangers. L’histoire politique congolaise fourmille d’exemples de ministres et autres responsables accaparant les biens de l’Etat, ou s’entourant de leurs frčres d’ethnie męme sans compétence.

Dans la politique nationale de la Rdc, le non-respect de l’autre va de pair avec le mépris des textes signés et des engagements pris.

Les nombreuses concertations organisées se sont toujours accompagnées de textes et d’engagement, mieux des arrangements particuliers signés par les protagonistes. Et presque toujours, les textes furent foulés aux pieds et les engagements ignorés. Faut-il voir lŕ une faiblesse imputable ŕ la prégnance de l’oralité dans notre comportement quotidien ou, par contre les effets du mépris de la parole donnée ?

Plus d’une fois dans notre histoire, le manque de respect de la parole donnée, de la signature de textes, la mauvaise foi et l’opportunisme trčs répandus dans la classe politique ont été dénoncés. On ne peut dčs lors s’étonner que de dialogue en concertation et de concertation en consensus, aucune crise ne soit résorbée.

Partage.

Les arguments des différents chercheurs résumés ci-haut indiquent assez clairement la bassesse de la vie politique congolaise pendant la IIčme république. L’objectif principal de cette rétrospective, dans cette analyse, était de décrire le passé pour adapter notre conduite ŕ l’environnement politique actuel, force est d’aller au-delŕ des faits et d’essayer de saisir les causes des comportements de ces politiciens congolais. Car, nous ne pouvons pas comprendre :

-Pourquoi les politiciens congolais de la IIčme République perdurent-ils dans leur sadisme?

-Pourquoi sont-ils allergiques au bonheur du peuple ?

-Pourquoi n’arrivent-ils jamais ŕ se comprendre entre eux et ŕ comprendre les autres ?

L’Histoire politique de la Rdc nous montre que sept ans durant, la mauvaise foi des uns et la duplicité des autres ont entretenu des malentendus préjudiciables aux intéręts de la population et ŕ l’avancée de la démocratie. Toutes les concertations organisées en vue de rechercher un consensus au sein de la classe politique congolaise se sont transformées en affrontements qui devraient consacrer un vainqueur et un vaincu, obligeant ainsi les protagonistes de la crise congolaise ŕ rechercher ultérieurement un autre consensus tout simplement parce que les politiciens congolais, au lieu de lutter pour mettre sur pied les structures démocratiques, passaient leur temps ŕ se battre pour le partage du pouvoir.

La IIIčme République doit en finir avec la juxtaposition des hommes pour prôner le pluralisme des idées et surtout l’alternance des projets. Si la démocratie implique l’existence d’un pouvoir et d’un contre pouvoir, cette tension constitutive de la démocratie est inexistante dans le Gouvernement d’union nationale. La Rdc doit enfin créer des mécanismes oů la soif du partage du pouvoir cčde le pas ŕ la passion de préparer son alternative et son programme dans l’opposition afin d’en prouver la justesse au pouvoir.

Pour le nouveau politicien de la IIIčme République, si l’homme politique ne traduit pas les souffrances et préoccupations de son peuple, s’il n’incarne pas les aspirations et les espoirs de ce dernier, alors son engagement est sans objet.

La vieille classe politique congolaise a démontré au plus haut niveau son incapacité de tolérance et celle d’engager un dialogue constructif, dialogue considéré comme une situation dans laquelle deux personnes expriment l’une envers l’autre ce dont elles ont besoin ou envie de se dire et qu’en ce moment, l’une et l’autre personnes peuvent et veulent bien comprendre leurs messages réciproques.

Semblable dialogue constitue une situation égalitaire oů chacun doit se situer ŕ l’égard de l’autre avec la męme volonté et surtout le męme désir de rencontrer la relation ainsi nouée se situe au-delŕ du thčme proprement dit de la conversation.

Proposition.

La nouvelle classe politique de la IIIčme République doit développer des dispositions d’écoute ou de dialogue, c’est-ŕ-dire développer l’attitude de jugement qui est, en effet, un obstacle ŕ toute communication réelle. Si l’on juge favorablement, l’interlocuteur, il se sent encouragé ŕ maintenir ses tendances, si on le juge défavorablement, ce męme interlocuteur fera en sorte de ne pas manifester plus longtemps ce qui paraît déplaire ŕ celui qui l’écoute. Accepter l’autre, c’est aussi faire en soi son propre systčme de valeur. Dans ces conditions, il n’y a pas d’autre solution que de substituer ŕ l’attitude du jugement la simple attitude de neutralité, celle que confčre l’amitié.

Il n’y a donc point de dialogue sans sympathie. Autrement dit, sans une sorte de communion rapprochant les deux ou plusieurs interlocuteurs.

Point de démocratie sans dialogue, point de dialogue sans tolérance, c’est-ŕ-dire sans admettre chez autrui une maničre de penser ou d’agir différente de celle qu’on adopte soi-męme, sans accepter la liberté d’autrui en matičre d’opinion.

Il n’y a pas donc de possibilité de progrčs sans désautomatisation du Congolais en général et des leaders politiques de la IIčme République en particulier, une désautomatisation mentale surtout au lieu de se laisser aller ŕ exprimer sur un mode véhément ce qui lui plaît et ne lui plaît pas et ŕ se refuser catégoriquement ŕ ne pas faire ce qui lui déplaît, le Congolais doit modérer son ton et essayer d’aimer ce qui habituellement ne lui agrée pas. Cela facilite bien la bonne entente avec autrui et son acceptation.

Apprendre ŕ se libérer du systčme « pré » c’est celui qui est constitutif de tous stéréotypes qui automatisent la pensée de l’homme congolais, « pré-perception », « pressentiment » impliquent avec les « pré-perceptions », il ne perçoit plus que du connu ; pour percevoir du non connu et ainsi trouver ou faire des découvertes, le Congolais doit ętre en état de disponibilité de tolérance, autrement dit la table rendue rase par la mise en déconnexion des ces préperceptions.

Cesser de ne plus croire qu’aux seuls journaux correspondant ŕ « son opinion politique», fréquenter des gens différents, ouvrir son esprit et son cœur, ses idées et ses sentiments ŕ ce que l’on ne lui a pas enseigné ou informé.

C’est ainsi que nous pouvons compter instaurer un jour, une démocratie constructive dans notre pays.



Last edited: 07/05/2006 00:27:13

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