La Cour d'ordre militaire va prononcer aujourd'hui son verdict dans l'affaire de l'assassinat de Laurent-Désiré Kabila.
Le vrai compte ŕ rebours commence pour les Congolais présumés assassins du feu Président Laurent-Désiré Kabila enfermés depuis février ŕ l'ex-prison centrale de Makala oů ils avaient été jugés par la Cour d'ordre militaire. Le verdict tant attendu va tomber ce samedi 28 décembre 2002.
Initialement prévu le vendredi 27 décembre 2002, le verdict de la Cour d'ordre militaire sur les présumés assassins du président Laurent-Désiré Kabila a été renvoyé ŕ ce samedi 28 décembre 2002. Il ne pouvait qu'en ętre ainsi, vu le volume des dossiers et la gravité des charges retenues par le ministčre public ŕ l'endroit de la quasi-totalité des prévenus.
115 peines de morts requises sur un total de 135 prévenus ! Cela paraît énorme et devait certainement interpeller l'ultime conviction de ceux qui ont la délicate mission de dire le droit dans ce grand procčs. Car, comme certains doctrinaires, il vaut mieux acquitter cent coupables que condamner un innocent. Or, ŕ travers les plaidoiries de la défense, on a eu le sentiment que parmi ces prévenus, les innocents sont légion.
Pourtant, il y a cette vérité irréfutable et on ne peut plus cruelle: Laurent-Désiré Kabila, président du Congo démocratique, a été froidement assassiné un certain 16 janvier 2001 et il faut démasquer le coupable. Ceci est si important qu'en tirant les conclusions des parties civiles, leur conseil, le bâtonnier Matadi Wamba a transmis le voeu de la veuve L.D. Kabila, née Sifa Mayanya, de ses enfants Josephine et Zoé, de ses frčres et soeur Kasongo Dieudonné et Kibawa Hortense: « Nous n'avons aucune rancune. Nous voulons seulement savoir ce qui s'est passée ». N'est-ce pas lŕ un besoin naturel pour tout individu de savoir comment un ętre cher a été arraché ŕ son affection.
C'est ŕ l'honneur de cette cour, dira Me Matadi Wamba, d'avoir fait en sorte que l'instruction soit aussi complčte et profonde que possible... Cependant, c'est tin regret pour la famille que la cour ne puisse se saisir d'office, car certaines personnes, apparemment bien impliquées, auraient pu aujourd'hui répondre de leurs actes.
Mzee est donc mort sacrifié sur l'autel des intéręts divers et extranationaux. Comme Lumumba, on l'a accuse de nationalisme; alors qu'en vérité ce ne fut qu'un patriote.
Le président Kabila a donc été victime d'un double malentendu. D'abord sur le plan interne avec ceux qui l'avaient soutenu tout au long de sa longue marche de libération; ensuite sur le plan externe oů la confrontation a été plus rude, plus sournoise, plus vicieuse, surtout qu'elle était ŕ armes inégales.
Son erreur est d'avoir démontré ŕ la face du monde que le patriotisme était la seule raison de prise de pouvoir. Le Rwanda et l'Ouganda on été les premiers ŕ le découvrir. Quant aux multinationales qui signalent des contrats juteux en cours de route, quitte ŕ permettre ŕ la rébellion de prendre le pouvoir, elles auront un autre interlocuteur au bout du compte, c'est-ŕ-dire ŕ Kinshasa oů le sičge désormais - non un rebelle - mais plutôt un véritable patriote. Ici, Mzee les priera de renégocier, au nom de l'intéręt national et du peuple congolais appauvri. La déception de l'Occident était ŕ son comble; le président Kabila venait de creuser sa tombe...