la sorcellerie existe mais les vrais sorciers sont rares. Cette affirmation est du Révérend Pčre jésuite Nzunzi qui a entrepris des recherches sur ce sujet depuis plusieurs années.
Le pčre Nzuzi, qui prenait la parole mardi lors d’un atelier consacré au phénomčne des enfants dits sorciers, a formellement réfuté le fait que les enfants de la rue soient des sorciers comme le prétendent certains
L’orateur a expliqué que la rareté des sorciers est due au fait que dans chaque communauté, les mathématiciens, les musiciens on autres spécialistes au sommet de la connaissance ne sont jamais nombreux.
Le pčre Nzuzi estime que le phénomčne est exagéré en République démocratique du Congo. Il définit la sorcellerie comme la capacité de pouvoir influer sur les autres en bien ou en mal.
« Le phénomčne sorciers ŕ chaque coin de la rue est une aberration », a-t-il dit.
Afin de lutter contre ce phénomčne, il a proposé de prendre les enfants et leur inculquer des idées contraires ŕ ce qu’on dit d’eux, ŕ savoir qu’ils ne sont pas des sorciers. Cette idée devrait provenir aussi des parents.
Enfin, l’orateur s’est déclaré contre les responsables des églises de réveil qui, pour s’ attirer les fidčles et assurer leur publicité, vont jusqu’ŕ exposer certains enfants publiquement sous prétexte que ce sont des sorciers exorcisés.
Le sujet a été également abordé par le professeur Dominique Mweze des Facultés catholiques de Kinshasa (Fck) qui a souligné que le phénomčne enfants dits sorciers a pris de l’ampleur ŕ Kinshasa et Mbuji-Mayi, deux villes les plus touchées.
Comme pistes de solution, Dominique Mweze préconise la production des émissions de sensibilisation sur le phénomčne en prenant en compte les parents, les jeunes, les églises, le gouvernement, les musiciens.
Il préconise aussi de mener une campagne contre ceux qui aggravant le phénomčne afin de se faire de l’argent et de la réputation et enfin d’interdire formellement aux pasteurs de se servir des enfants en les qualifiant de sorciers.
A un pasteur présent dans la salle et qui a posé la question de savoir en quoi il est mauvais de montrer des enfants sorciers guéris ou exorcisés, le professeur Mweze a répondu qu’on ne peut pas faire de ces enfants un fonds de commerce.
Pour lui, on ne peut pas partir d’un mauvais exemple et prétendre attendre du bon résultat.Les différents intervenant ont dénoncé et condamné la spéculation autour du phénomčne en question, estimant qu’il est temps pour les parents, le gouvernement, les églises et autres de s’impliquer dans la campagne visant ŕ décourager ceux qui entretiennent ce phénomčne.
Pour eux, les enfants sont l’avenir du pays et il est inconcevable que l’on puisse les traiter de sorciers par le fait qu’ils proviennent de familles pauvres.Il faut les aimer, a souligné notamment le président de Media pour la paix Modeste Mutinga Mutuishayi.
Last edited: 07/05/2006 00:24:40